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Réduire drastiquement les émissions de CO2, la seule issue pour contenir le réchauffement

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Des violents feux de forêt s'abattent toujours sur la Grèce. Ici, sur l'île d'Evia ce dimanche. | © ANGELOS TZORTZINIS / AFP.

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Sans une réduction « profonde » des émissions de gaz à effet de serre au cours des prochaines décennies, le réchauffement climatique dépassera allègrement 1,5°C voire même 2°C lors de ce siècle, avertit le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son dernier rapport sur l’évolution du climat publié lundi.

Ce premier volet du sixième cycle d’évaluation du Giec, qui se fonde sur les dernières avancées de la science et les modèles climatiques les plus récents, envisage le futur du climat sur base de cinq scénarios, en fonction de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

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En cas de forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre (c’est-à-dire un quasi doublement d’ici 2050 ou 2100 par rapport au niveau de 2015), la hausse du mercure sur la planète pourrait atteindre en moyenne +1,9 à 3,0°C à la moitié du siècle et même entre 3,3 et 5,7°C à la fin du siècle. Autant dire qu’avec un tel cas de figure, la planète deviendrait en grande partie invivable.

Vagues de chaleur et pluies diluviennes parties pour durer

En revanche, un scénario de forte réduction des émissions, pour atteindre la neutralité carbone aux alentours de 2050 et des émissions négatives par la suite (via la séquestration naturelle et/ou anthropique du carbone) limiterait le réchauffement à +1,6°C à la moitié du siècle et à +1,4°C sur le long terme, ce qui permettrait de rester dans les clous des objectifs de l’accord de Paris sur le climat (contenir le réchauffement bien en deçà de 2°C et si possible à 1,5°C).

« Il pourrait y avoir un dépassement au milieu du siècle mais ce dépassement ne serait que de 0,1°C et temporaire. Avec ce scénario de forte réduction des émissions de gaz à effet de serre, il y a plus d’une chance sur deux que la limite de 1,5°C ne soit pas dépassée », souligne le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (UCLouvain), rappelant que les conséquences néfastes ne seront pas du tout les mêmes si on dépasse un réchauffement de 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Chaque hausse du mercure mondial de 0,5°C sera à l’origine d’une augmentation de l’intensité et de la fréquence de vagues de chaleur, de fortes précipitations aussi bien que de périodes de sécheresse, avertissent en effet les auteurs de ce nouveau rapport. Aucune région du globe n’échappera aux conséquences des changements climatiques.

Des changements irréversibles « pendant des siècles voire des millénaires »

Le réchauffement climatique s’accompagnera également d’une plus forte proportion de cyclones tropicaux de catégories 4 et 5, les plus intenses et donc potentiellement les plus dévastateurs.

En outre, le réchauffement risque d’amplifier le dégel du pergélisol (ou permafrost), la fonte des glaciers et de la banquise arctique. Ainsi, l’arctique sera probablement dépourvu de glace en mer en septembre au moins une fois d’ici 2050, prévoit-on.

En cas de poursuite de la hausse des émissions, les océans et les puits de carbone terrestres seront moins efficaces pour absorber du CO2, ce qui augmentera d’autant plus les quantités de dioxyde de carbone qui s’accumuleront dans l’atmosphère, préviennent les scientifiques.

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Le rapport du Giec estime encore que les changements induits par le réchauffement climatique sur les océans, les calottes glaciaires et le niveau des mers seront irréversibles « pendant des siècles voire des millénaires. »

Avec Belga

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