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L’administration Trump ne protégera pas les baleines et les tortues en voie d’extinction

C'est une déclaration de guerre de la part de Trump contre la vie marine menacée, selon certains experts environnementaux. | © Flickr/Isaac Kohane

Environnement

Les États-Unis ont rejeté une mesure pour la protection des baleines et des tortues de mer, suggérée pourtant par l’industrie de la pêche elle-même.

Donald Trump n’a pas fini de détruire notre environnement. Après la chasse réautorisée des ours et des loups en Alaska et le retrait récent de l’Accord de Paris, l’administration Trump a rejeté en début de semaine une proposition de règle concernant la protection des baleines et des tortues, dont des espèces en voie de disparition, souvent piégées dans les filets de pêche au large de la côte ouest américaine. Les raisons ? Pour l’administration Trump, ces nouvelles règles ne seraient pas justifiées pour le moment, avançant que des protections existantes fonctionnaient déjà très bien.

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Sur le plan économique, la nouvelle règle aurait eu « un impact beaucoup plus important sur la flotte » qu’imaginé, a déclaré Michael Milstein, un porte-parole du service fédéral des pêches, qui a rejeté la règle. Dans les faits, cette mesure aurait été appliquée à moins de 20 navires de pêche qui utilisent des longs filets pour attraper l’espadon au large de la Californie et de l’Oregon. Ils auraient été interdit de pêcher aux filets jusqu’à pendant deux saisons, si trop d’espèces menacées étaient piégées et pêchées, selon la NBC.

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Cette mesure avait pourtant été proposée en 2015, sous l’administration Obama, par le Pacific Fishery Management Council dont font partie des hauts représentants de l’industrie de la pêche, d’après The Associated Press.

Une déclaration de guerre

Des experts environnementaux ont rapidement appelé ce geste une déclaration de « guerre » de la part de Trump « contre les baleines, les dauphins et les tortues ».« Cette détermination ne mènera qu’à plus de litiges potentiels et de lois impliquant cette pêcherie. Ce n’est pas un bon signe », a déclaré Todd Steiner, directeur du Turtle Island Restoration Network, en Californie.

Le Centre pour la diversité biologique citait l’année passée les données de la NOAA (l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), rapportant que la pêche au filet maillant californienne, ciblant les espadons, « attrape et rejette plus de 100 baleines, dauphins, phoques et lions de mer, tous menacés, chaque année, en plus des milliers de requins et autres poissons ». Catherine Kilduff, une avocate pour cette organisation à but non-lucratif, assure que même si le nombre de décès avait diminué (plus de 50 en 1992, contre un ou deux en 2015), tout incident était encore extrêmement important étant donné le faible nombre de certaines espèces.

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