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L’Antarctique menacée par une invasion de plantes et d’insectes

Où est passé le célèbre blanc de l'Antarctique ? | © Flickr/University of Exeter by Matt Amesbury

Environnement

Certains scientifiques sont inquiets face à la nouvelle menace en Antarctique : l’invasion de plantes et d’insectes, dont la mouche. Un danger pour la conservation.

L’environnement ultra-blanc de l’Antarctique serait-il en train de virer au vert ? C’est en tout cas ce que constatent certains scientifiques, inquiets. Le réchauffement climatique et l’augmentation du tourisme sont les principales causes de cette arrivée de mouches et de cette augmentation de la mousse dans laquelle elles peuvent vivre. Ces nouveaux envahisseurs survivent dans les régions côtières, grâce à l’augmentation de températures de 3°C ces trois dernières décennies, rapporte The Guardian.

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« La mouche est l’exemple parfait du problème dont fait face l’Antarctique aujourd’hui, explique Dominic Hodgson de l’opérateur national britannique en Antarctique (BAS) au journal. Elle arrive par les navires où elle se développe dans les cuisines et ensuite sur le continent. Les mouches ont maintenant de grandes chances de survivre en Antarctique vu son réchauffement, et c’est inquiétant. Les insectes comme la mouche transportent des agents pathogènes qui pourraient avoir un effet dévastateur sur les formes de vie autochtones ».

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© Flickr/worm600

Une augmentation rapide

En mai dernier, The Guardian parlait déjà de ce changement : selon des études scientifiques, le taux de croissance de la mousse en Antarctique est quatre ou cinq fois plus élevés qu’avant 1950, suggérant que le continent pourrait avoir un avenir verdoyant. « L’Antarctique ne deviendra pas entièrement verte mais elle deviendra plus verte qu’elle ne l’est actuellement », selon Matt Amesbury, co-auteur de la recherche de l’Université d’Exeter.

L’une des raisons de cette augmentation rapide est la diminution des glaciers qui a exposé plus de terres, envahies ensuite par la mousse. Mais c’est également la conséquence de l’augmentation des touristes. Selon le journal britannique, plus de 38 000 touristes se sont rendus sur le continent en 2015-2016 alors que près de 43 000 étaient attendus pour la prochaine saison. Des touristes souvent scrupuleux et soucieux de ne pas laisser de traces derrière eux. Mais « c’est très difficile d’éviter la contamination », précise Dominic Hodgson.

Observation-réaction

Partant de ce constat, Dominic Hodgson tire la sonnette d’alarme. « Les insectes et les plantes qui sont originaires de l’Antarctique y ont survécu pendant des milliers d’années », explique Hodgson. « Ceux-ci courent dorénavant un risque considérable. Nous devons agir maintenant si nous voulons sauver ce dernier environnement immaculé ».

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