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Course contre la montre en Californie pour contenir une marée noire

Course contre la montre en Californie pour contenir une marée noire

480 000 litres de pétrole brut s'étendent sur plus de 30 km2 en Californie. | © DAVID MCNEW / AFP

Environnement & Animaux

La faute à l’État fédéral ?

 

Une marée noire menaçait lundi les côtes californiennes au sud de Los Angeles où les secours tentaient de contenir la nappe de pétrole qui a déjà pollué les légendaires plages d’Huntington Beach, une « catastrophe environnementale » selon la municipalité. Oiseaux et poissons morts, pour certains portant des traces de pétrole brut, se sont échoués sur les plages d’Huntington Beach. Les autorités ont demandé à tous les habitants de se tenir à distance des eaux polluées, un crève-cœur dans cette ville baptisée « Surf City ».

Les plages pourraient rester fermées « pendant des semaines, voire quelques mois », a prévenu la maire Kim Carr, disant redouter un « désastre écologique potentiel » pour la région. De nombreux riverains interrogés par les médias locaux se plaignaient de la forte odeur de bitume flottant dans l’air. Au total, 24 km de plages ont été fermées au public et la pêche a été interdite en raison de cette fuite d’hydrocarbures.

« Tant que ces plateformes et oléoducs demeurent, nos villes côtières restent sous la menace de désastres potentiels comme celui-ci »

La marée noire, estimée à près de 480 000 litres de pétrole brut et s’étendant sur plus de 30 km2, serait due à une fuite sur un oléoduc passant près de la côte. La société texane Amplify Energy, qui exploite l’oléoduc, a affirmé dans un communiqué avoir prévenu samedi les gardes-côtes de la présence d’une nappe iridescente et avoir déclenché ses procédures en cas de fuite d’hydrocarbures le même jour. « Par mesure de précaution », Amplify Energy a mis à l’arrêt tous ses sites de productions et oléoducs dans la zone. « Nous allons nous assurer qu’Amplify Energy Corporation fait tout son possible pour réparer cette catastrophe environnementale », a souligné la municipalité de Huntington Beach.

Course contre la montre en Californie pour contenir une marée noire
© Patrick T. FALLON / AFP

Les gardes-côtes, qui supervisent les opérations de secours, ont quant à eux mobilisé de nombreux navires de dépollution. Quelque 12 000 litres de pétrole avaient été extraits de l’eau dimanche soir et 1 600 m de barrages flottants déployés pour contenir la nappe, ont-ils précisé. Autorités et protecteurs de l’environnement s’inquiétaient particulièrement de l’impact de la marée noire sur les nombreuses réserves écologiques de la côte. La catastrophe a déjà relancé le débat sur la présence de plateformes pétrolières et d’oléoducs à proximité des côtes du sud de la Californie. « Tant que ces plateformes et oléoducs demeurent, nos villes côtières restent sous la menace de désastres potentiels comme celui-ci », avertit le parlementaire démocrate Alan Lowenthal.

Mauvais souvenirs de 1969

L’État de Californie et de nombreuses municipalités tentent de s’opposer par tous les moyens aux projets d’extraction pétrolière offshore depuis le traumatisme de la marée noire de Santa Barbara en 1969, avec ses plages mazoutées et les images quotidiennes de dauphins, loutres et pélicans morts englués dans un carcan de pétrole. La Californie n’a plus concédé d’autorisation offshore depuis lors, mais sa juridiction s’arrête à environ 5 km des côtes, là où l’État fédéral prend le relais. C’est précisément dans les eaux fédérales que semble s’être produite la fuite à l’origine de la marée noire.

Au total, 23 plateformes pétrolières et gazières, pour la plupart facilement visibles depuis les plages, sont installées dans les eaux fédérales en Californie du Sud. Des écologistes ont à plusieurs reprises attiré l’attention sur la vétusté de certaines installations, rouillées et mal entretenues selon eux, et les risques que cela représentait pour l’environnement.

Avec l’AFP

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