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One Ocean Summit : simple catalogue de bonnes intentions ?

Le rôle clé de l'océan en matière de régulation du climat et de biodiversité n'est pris en compte que "marginalement" dans les grands rendez-vous internationaux. | © Photo by Richard BOUHET / AFP

Environnement & Animaux

Après des années de négociations, les défenseurs des océans espèrent un coup de pouce politique lors du One Ocean Summit organisé cette semaine à Brest pour faire enfin aboutir un traité destiné à protéger la haute mer.


La haute mer, si elle représente plus de 60% des océans et près de la moitié de la planète, a longtemps été ignorée, au profit des zones côtières et de quelques espèces emblématiques. Les océans s’affaiblissent, victimes des émissions (réchauffement, acidification de l’eau…), des pollutions en tout genre ou de la surpêche.
Alors il est urgent de parvenir enfin à finaliser ce texte juridiquement contraignant sur « la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale », plaident les ONG.

Au-delà de ce bel et noble objectif qui réunira 500 experts et une vingtaine de chefs d’Etat, certains se posent la question de la réussite d’une telle réunion. Va-t-on déboucher sur un simple catalogue de bonnes intentions, du blue washing ? On peut au minimum se le demander.

« Le traité sur la haute mer ne permettra pas de régler tous les problèmes, mais il peut permettre d’assurer la mise en place de refuges pour que les espèces marines et la nature puissent respirer, survivre et s’adapter au réchauffement », explique Liz Karan, experte de l’ONG Pew Charitable Trusts. Pour tenter de donner un élan politique, une coalition rassemblant l’UE et une dizaine d’autres pays sera annoncée à Brest pour une « haute ambition » de ce traité.

Les négociations et réunions portent sur quatre domaines: la création d’aires marines protégées, les ressources génétiques marines et le partage de leurs avantages, la réalisation d’études d’impact environnementales, ainsi que le renforcement des capacités et les transferts de technologies notamment vers les pays en développement.

La High Seas Alliance, qui regroupe une quarantaine d’ONG dont l’Union internationale pour la nature (UICN), insiste notamment pour qu’aucun pays ne puisse mettre son veto à la création d’une aire marine protégée.

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