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L’abattage rituel : en quoi consiste-t-il exactement ?

Ce cachet certifie que la viande est bien Halal. | © PHOTOPQR/LE PARISIEN

Environnement & Animaux

L’abattage rituel fait à nouveau les gros titres de la presse en Belgique. Mais en quoi consiste exactement cette pratique ?

 

Le parlement bruxellois se penche actuellement sur une proposition d’ordonnance imposant l’abattage avec étourdissement préalable. Elle vise à imposer l’abattage avec étourdissement préalable, même pour les rites religieux. D’après le journal Le Soir, le Parti Socialiste bruxellois a décidé, au cours d’une réunion, de voter contre ce texte. Le parti fait partie de la majorité, et d’autres groupes politiques, comme la N-VA, ont réagit à cette décision. « L’attitude du PS Bruxellois visant à empêcher l’obligation d’abattage avec étourdissement est incompréhensible. Ce faisant, les socialistes bruxellois optent résolument pour la souffrance animale », souligne le parti nationaliste dans une réaction envoyée à l’agence Belga. Ce dossier divise dans la sphère politique, mais il divise également dans l’opinion publique.

 

Du casher au Halal

D’après l’Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA), l’abattage rituel des animaux « est organisé afin de garantir le libre exercice des pratiques religieuses juives (rite « Casher » du Judaïsme) et musulmanes (rite « Halal » de l’Islam) ». En somme, l’abattage rituel est une pratique autorisée dans la mesure où elle vise à permettre des rites religieux précis. Concrètement, l’animal est immobilisé et retourné sur le dos, avant d’être égorgé. Le problème, pour bon nombre d’associations de protection de l’environnement, c’est que l’abattage rituel cause de graves problèmes de souffrance animale. Ce dernier est conscient lors de sa mise à mort, et subit donc une violence malgré lui.
Bernard Clerfayt, Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de la Transition numérique, des Pouvoirs locaux, du Bien-être animal, de l’informatique régionale et de la simplification administrative. (BELGA PHOTO HADRIEN DURE)
Dans la pratique, l’abattage avec étourdissement est en vigueur en Flandre et en Wallonie. « La question se posait en Région bruxelloise aussi parce que certains invoquaient la liberté religieuse pour dire qu’il ne fallait pas imposer cette technique« , expliquait Bernard Clerfayt (DéFI), ministre en charge notamment du Bien-être animal en Région de Bruxelles-Capitale au micro de la RTBF. Mais légalement, la Cour européenne de justice et la Cour constitutionnelle de Belgique ont établit que l’interdiction de l’abattage sans étourdissement « est une atteinte très marginale aux libertés religieuses, mais elle est proportionnée et légitime. Donc le cadre constitutionnel permet aujourd’hui d’indiquer que c’est une bonne manière de réduire la souffrance animale ». 

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