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Extinction de masse des animaux, vers un « anéantissement biologique »

Vers une extinction totale des lions ? | © Flickr @ Pauline Guilmot

Environnement

Depuis 1900, les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100, soit un rythme que la terre n’avait plus connu depuis l’extinction des dinosaures. Une extinction massive des vertébrés qu’une équipe de chercheurs américains et mexicains qualifie « d’anéantissement biologique ». 

Leur étude, parue ce lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Science, se lit comme un scénario catastrophe à l’issue glaçante. 43% de lions en moins depuis 1993, une population de guépards réduite à 7 000 félins seulement, 25% d’orangs-outans en moins à Bornéo. Et il ne s’agit là que des espèces menacées, car les espèces communes ne se portent pas mieux, ce que Gerado Ceballos, un des auteurs de l’étude, voit comme « un signe fort de la gravité de l’épisode d’extinction biologique actuel ». Alarmiste ? Au poids des mots s’ajoute celui, implacable, des données récoltées : l’étude se base en effet sur un échantillon particulièrement grand rassemblant  des mammifères,  des reptiles et amphibiens terrestres ainsi que des oiseaux répartis sur les cinq continents. Un échantillon de taille, et une conclusion qui l’est plus encore : au total, plus de 50% des animaux ont disparu ces quarante dernières années.

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Surpopulation et surconsommation

« L’approche de cette étude est très intéressante : au lieu de se focaliser sur les extinctions, que l’on a du mal à quantifier, elle se concentre sur l’évolution des populations, qui confirme et renseigne sur la gravité de la situation », a expliqué au Monde Benoît Fontaine, biologiste de la conservation au Muséum national d’histoire naturelle. En France, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature va plus loin : 42% des espèces d’invertébrés terrestres (papillons, vers de terre,…) et 25 % des espèces d’invertébrés marins seraient menacés d’extinction. En cause, la dégradation de l’habitat ( agriculture, exploitation forestière, urbanisation,… ), mais aussi la pollution et le changement climatique. Pour les auteurs de l’étude publiée ce lundi aux Etats-Unis, « les principaux moteurs de cette extinction de masse des espèces sont la surpopulation humaine, liée à une croissance continue de la surconsommation, en particulier chez les riches ».

Agir, vite

Et selon les scientifiques, la fenêtre d’action pour inverser la tendance est extrêmement réduite : deux ou trois décennies tout au plus avant qu’il ne soit trop tard. Parmi les bons réflexes à adopter sans tarder : réduire la croissance et la consommation de la population humaine, adopter des technologies plus respectueuses de l’environnement mais aussi aider les pays en voie de développement à protéger leur biodiversité. De quoi rendre du poil de la bête à la planète.

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