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Encore aujourd’hui, les orques vivent en captivité et meurent en liberté

L'élevage en captivité des orques est très controversé. | © Pixabay License

Environnement & Animaux

L’orque est un des mammifères marins les plus populaires dans le monde. Depuis des décennies, des activistes se battent pour préserver cette espèce. Mais la situation évolue-t-elle vraiment ?

 

L’orque, cet épaulard très connu, a fait l’objet de mouvements populaires dans les années 80-90 pour améliorer ses conditions de vie, et pour qu’il ne soit plus utilisé comme attraction dans les parcs animaliers. On connait bien cette histoire de Keiko, l’orque star du film Sauvez Willy, et qui a été libéré après une mobilisation de masse. Mais ce qu’on ne sait pas forcément, c’est qu’il n’a jamais vraiment réussi à vivre en totale indépendance. Relâché dans les eaux islandaises, il mourra seul (alors que l’orque est un animal qui vit en groupe) sept ans après avoir été remis en liberté.

Une captivité controversée

L’histoire du jeune Keiko (mort à 26 ans alors que l’espérance de vie des orques est équivalente à celle des humains), représente le sort que subissent ces mammifères marins encore aujourd’hui dans le monde.  En captivité, le sort de ces bêtes suscite une grave attention des associations de protection des animaux. L’association One Voice a, par exemple, engagé une procédure en référé pour obtenir « la désignation d’un expert qui aurait eu pour mission d’établir le bilan clinique de l’état » de deux orques du parc de Marineland. Ce dernier se défend de toute accusation de manque d’attention envers les cétacés.

Il a même dénoncé à nos confrères de Nice-Matin, une « une stratégie d’acharnement judiciaire et médiatique menée depuis plusieurs années contre Marineland. One Voice profite d’un contexte où l’émotion prend souvent le pas sur la raison et sur les faits scientifiques. »

Keiko, photographié en 2002 près des côtes norvégiennes, après avoir été relâché en Islande. Photo by GORM KALLESTAD / SCANPIX / AFP

La vie des orques en captivité est néanmoins très controversée. De nombreux activistes sont engagés depuis des années pour la dénoncer. Pensons notamment au film documentaire Blackfish, qui enquêtait sur la mort de plusieurs dresseurs dans les parcs Seaworld américains. La baleine tueuse, comme on l’appelle, n’a pourtant jamais commis ce crime dans la nature. Les seuls cas de violence des orques sur les humains déclarés se sont produits en captivité.  Un deuxième film a vu le jour en 2019, Blackfish 2. Il émet le constat que malgré les combats menés durant près de deux décennies, la situation est toujours très préoccupante.

« L’apocalypse »

La vie des orques en captivité fait polémique, et celle dans leur milieu naturel inquiète. A la fin du mois de mai 2022, une orque a été retrouvée morte dans la Seine. Selon l’autopsie, « une balle a été retrouvée à la base du crâne du cétacé ». Si elle n’a pas causé la mort de l’animal, elle pose toutefois des questions quant à la préservation de cette espèce dans son milieu naturel.

10 des 19 populations suivies par les scientifiques, présentent une diminution du nombre de leurs membres.

Sur son site, Marineland explique que « l’orque n’est pas officiellement classée selon l’Union internationale pour la conservation de la nature dans une des catégories « menacées ». Actuellement, elle a le statut DD pour ‘données insuffisantes’ mais 10 des 19 populations suivies par les scientifiques, présentent une diminution du nombre de leurs membres. » En effet, une étude publiée en 2018 par le journal Science et relayée par The Guardian, explique que d’ici trente ou quarante ans, la moitié des orques libres pourraient ainsi avoir complètement disparu.

A l’époque, Paul Jepson de la Zoological Society of London, membre de l’équipe de recherche internationale à l’origine de cette étude, parlait d’une « apocalypse pour les orques ». « Même dans des océans en bonne santé, précisait-il, les orques se reproduisent très lentement. Les orques en bonne santé ont besoin de 20 ans pour atteindre leur maturité sexuelle et de 18 mois pour porter un petit. Les populations d’orques au Japon, au Brésil, dans le Nord-Est du Pacifique, dans le Détroit de Gibraltar et au Royaume-Uni tendent à disparaître. » Le constat glaçant que dresse cette enquête ne donne pas de solutions miracles. Le seul espoir, pour ce chercheur, est que les populations de l’Arctique subsistent et empêchent la disparition complètement de l’espèce.

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