Paris Match Belgique

Fukushima : de l’eau radioactive déversée dans le Pacifique

Quelque 777 000 tonnes d'eau contaminée par le tritium sont stockées dans environ 580 réservoirs. | © EPA/DAVID GUTTENFELDER / POOL

Environnement & Animaux

Le président de l’autorité de la régulation nucléaire au Japon a exhorté l’entreprise Tepco de déverser l’eau contaminée dans l’océan.

L’exploitant de la centrale nucléaire japonaise Fukushima, l’entreprise Tepco, va déverser l’eau contaminée par du tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène, dans l’océan Pacifique, rapportent vendredi différents médias japonais.

« La décision a été prise », confirme Takashi Kawamura, nouveau président de Tepco, à l’agence de presse japonaise Kyodo.

Limite de stockage

L’eau contaminée subsiste un problème pour la centrale nucléaire, frappée le 11 mars 2011 par un tremblement de terre suivi d’un tsunami. Trois des six réacteurs sont continuellement arrosés d’eau pour les refroidir.

Lire aussi > Un youtubeur s’aventure dans les zones radioactives de Fukushima

L’eau ainsi contaminée est ensuite traitée, grâce à un processus censé supprimer 62 différents types de matières radioactives, à l’exception du tritium. Cette substance radioactive empêche ainsi la mise hors service de la centrale, quelque 777 000 tonnes d’eau contaminée par le tritium étant stockées dans environ 580 réservoirs.

Stockages temporaires de l’eau contaminée de la centrale nucléaire Fukushima. © EPA/TEPCO.

Même pas grave

Shunichi Tanaka, président de l’autorité de la régulation nucléaire au Japon, a exhorté l’opérateur de déverser l’eau dans l’océan. Le tritium, présent en petites quantités, ne présenterait en effet que peu de risques. Mais la population locale, et surtout les pêcheurs, s’inquiète de cette mesure. L’absence de communication aux riverains a notamment été déplorée.

Lire aussi : « The Longest Swim » : Pour protéger les océans, ce Français va nager 8 800 kilomètres à travers le Pacifique

Le 30 mai dernier, trois ex-dirigeants de la compagnie exploitante de la centrale de Fukushima comparaissent devant un tribunal, un premier procès pénal très attendu par les victimes. Parmi eux, l’ex-président du conseil d’administration du groupe Tokyo Electric Power (Tepco) ainsi que de deux vice-PDG étaient jugés pour « négligence », six ans après le pire accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, un drame qualifié par une commission d’enquête de « désastre créé par l’homme ».

– Avec Belga

CIM Internet