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« Tout est mort »… Un agriculteur chinois constate les ravages de la canicule

Le sud de la Chine enregistre sa plus longue période continue de températures élevées depuis le début des relevés il y a 61 ans. | © CFOTO/Sipa USA

Environnement & Animaux

Pendant 10 ans, Qin Bin a tendrement bichonné son verger de pêches et fruits du dragon qu’il vendait aux touristes. Mais la canicule qui éreinte le sud de la Chine a dévasté ses arbres. Son exploitation est située en zone rurale de la municipalité-province de Chongqing (sud-ouest), en plein coeur de la zone touchée par une vague de sécheresse, inédite par son ampleur, qui frappe la moitié du pays.

 


« C’est la première fois de ma vie que je vois un désastre pareil », explique Qin Bin, 50 ans, à l’AFP. « Cette année, c’est vraiment terrible. »
« On devrait être en train de récolter, en ce moment. Mais il n’y a plus rien, tout a été cramé par le soleil », se lamente le quinquagénaire.
Le sud de la Chine enregistre sa plus longue période continue de températures élevées depuis le début des relevés il y a 61 ans.

La canicule constitue une « grave menace » pour les cultures, a estimé le gouvernement, qui a notamment débloqué 10 milliards de yuans (1,45 milliard d’euros) d’aide aux agriculteurs pour assurer les récoltes d’automne, notamment de riz. Mais pour Qin Bin, les prochains mois seront durs quoi qu’il arrive. Ses cultures ont déjà desséché. Et avec elles sa principale source de revenu.

« Pratiquement tout est mort », se désole Qin Bin. « Le gouvernement fait tout pour nous aider. Mais tout ce qu’on pourra sauver, ce sont les arbres, on ne pourra rien pour les fruits ». Il est loin d’être le seul dans cette situation dans son village, où sont aussi cultivés plus de 1.000 hectares de litchis, aujourd’hui menacés.

« Si vous marchez dans les rues du bourg, vous verrez l’étendue des dégâts », déclare-t-il en tendant le bras vers l’horizon. Le mercure dépasse les 40°C les après-midis, alors Qin Bin et les autres agriculteurs du coin travaillent de nuit, de 22 heures à 4 heures du matin. Ils se reposent la journée.

 

©DR

« C’est impossible de travailler de jour dans le verger, parce que la température au sol atteint les 60°C. On l’a mesurée l’autre jour », raconte-t-il. Ces efforts pourraient toutefois s’avérer vains si la sécheresse se poursuit le mois prochain. « Si ça dure jusqu’au 4 septembre, comme certains disent, c’est probablement plus de la moitié des arbres qu’on essaie de sauver qui seront morts », explique Qin Bin.
« Ce serait quelque chose d’horrible à voir. »

D’autant plus que les effets de la sécheresse se feront sentir jusqu’en 2023, souligne M. Qin. « Mes arbres ne vont pas bien fleurir la saison prochaine. Du coup, la qualité des fruits va beaucoup en pâtir« , prédit-il. Tout ce qu’il peut faire pour l’instant, dit-il, est d’espérer des pluies salvatrices.

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