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Tanguy Dumortier : « Ce que j’attends de cette Cop 27 ? Rien… »

Ce livre présenté par Tanguy Dumortier est l'accomplissement d'un projet né durant le confinement... | © ©DR

Environnement & Animaux

Le journaliste et présentateur du « Jardin Extraordinaire » (RTBF) est l’un des co-auteurs d’un livre sur la faune sauvage en Belgique. « On peut très vite faire de belles rencontres dans notre pays » nous explique Tanguy Dumortier. De son petit jardin aux vastes forêts ardennaises en passant par notre littoral : voyage dans la grande diversité des animaux chez nous.

 

Par Laurent Depré

Sa maison d’édition nous a prévenus : « on peut vite caler un entretien au téléphone avec Tanguy car après il sera pour deux mois en Zambie… » Infatigable reporter du « vivant » de par le monde, ‘monsieur Jardin Extraordinaire’ nous a accordé une interview depuis sa voiture. Son « peps » naturel qu’il transmet chaque semaine aux téléspectateurs de la Une traverse rapidement les kilomètres !

Le point de départ du livre, on le trouve en réalité en plein confinement dû à la Covid-19. À cette époque, en mars 2020 donc, Tanguy Dumortier vit – comme tous les Belges – confiné dans sa maison. Sa seule respiration lui provient de son jardin qui s’avérera être un terrain de safari ‘noir-jaune-rouge’. Alors qu’il filme la vie entre les herbes et les pâquerettes de son espace vert privé lui vient l’idée de demander à ces milliers de Belges également « coincés » de lui envoyer leurs propres images captées depuis leurs terrasses. « Oui, l’idée était vraiment que tout le monde peut prendre des images de la nature. Qu’il s’agit en fait d’une passion vraiment sympa. C’est un livre un peu à contre-courant qui ne recherche certainement pas le cliché parfait » explique Tanguy Dumortier. « Il y ainsi une dame de 85 ans qui a commencé à prendre des images pendant le confinement ».

C’est le résultat, entre autres, de toutes ces contributions qui compose Notre jardin extraordinaire et qui parait donc aux éditions Kennes avec le mot d’ordre suivant : nul besoin de partir au bout du monde pour s’évader. Un recueil gorgé de photos de la ‘faune belge’ donc mais pas que… Il y a aussi de précieux conseils donnés par cet amoureux de la nature et de son observation. Comment attirer les charmants visiteurs dans son jardin ? Comment bien se mettre à l’affût et ne pas être repéré par l’animal ? Comment bien explorer la mer du Nord ? Comment chercher l’infiniment petit ? Toutes ces questions trouvent réponses, trucs et astuces afin de rendre le contact direct avec la nature naturel et respecteux !

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Est-ce une tendance de voir la population se recentrer sur sa propre faune et la richesse de sa nature ? « En effet, on le remarque maintenant depuis quelques années » embraye le journaliste-réalisateur. « Regain d’intérêt et surtout prise de conscience qu’on n’est pas obligé d’aller au bout de l’Afrique pour en avoir plein les yeux ! Le plus beau compliment que l’on ait reçu ces derniers mois, c’est un monsieur qui nous a dit « vous accordez autant d’intérêt aux mésanges en Belgique qu’aux baleines à l’autre bout de la terre… »

Et la faune belge qu’a-t-elle de particulier au fond ? Tanguy Dumortier estime que si notre pays est l’un des endroits les plus difficiles pour l’observer « sa grande force est de s’être adaptée parfois à des tout petits milieux. Je pense ainsi aux nombreux insectes qui sont directement observables chez vous et qui sont d’ailleurs représentés dans le livre. Pensons aussi aux renards dans nos communes et même nos villes. Ensuite, les amateurs qui s’y connaissent en Belgique sont légion. On peut facilement trouver un voisin ou une association qui vous permettront d’acquérir rapidement des connaissances. Enfin qui dit nombreux amateurs dit aussi nombreux protecteurs… ».

En parlant des animaux avec ce spécialiste, on ne peut éviter d’aborder le sujet du climat et de l’environnement. Car la Belgique n’échappe pas au phénomène : certaines espèces sont en grande fébrilité voire en danger…  « Disons que la principale difficulté est le rétrécissement ou la disparition du milieu quelle que soit l’espèce » nous confirme-t-il. « La nature est quadrillée par les routes de mobilité et si la taille du milieu n’est plus suffisante, cela a des conséquences immédiates »

L’agenda médiatique nous amène également à questionner Tanguy Dumortier sur cette Cop 27 qui se déroule actuellement en Égypte et ce qu’il en attend concrètement. Et sa réponse laisse pour le moins perplexe… « Rien ! Pas grand chose malheureusement… On reste dans le ‘gigotage’ et la société civile n’en attend pas grand-chose. Après, je ne suis pas de très près les travaux c’est vrai, mais je reste persuadé que parvenir à influencer l’environnement passera par chacun d’entre nous et notamment la connaissance… C’est le propre du « Jardin Extraordinaire » de susciter de l’intérêt. Quand un maximum de gens auront acquis toutes ces connaissances, on respectera forcément davantage la nature. »

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