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COP28 : Qui est Sultan Ahmed al-Jaber, patron d’un géant du pétrole et président du sommet ?

Sultan Ahmed al-Jaber

Sultan Ahmed al-Jaber en 2019. | © AFP.

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Le patron de la compagnie pétrolière des Emirats arabes unis, pays hôte cette année de la conférence de l’ONU sur le climat, présidera la COP 28, promettant une approche « pragmatique » pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le ministre émirati de l’Industrie, chef du géant pétrolier ADNOC et envoyé spécial pour le changement climatique, Sultan Ahmed al-Jaber, est le « président désigné pour la 28e Conférence des Parties (COP 28) », indique jeudi un communiqué de l’agence de presse officielle WAM.  « Nous apporterons une approche pragmatique, réaliste et axée sur les solutions », a déclaré Sultan Ahmed al-Jaber, cité dans le communiqué. Sa nomination pose évidemment question, étant donné l’impact des énergies fossiles sur la hausse des températures et l’environnement.

« Un conflit d’intérêts scandaleux »

« Premier CEO à présider une COP » , Sultan al-Jaber dirige la compagnie pétrolière nationale depuis 2016 mais aussi Masdar, l’entreprise émiratie d’énergies renouvelables. Les Emirats arabes unis, qui figurent parmi les principaux exportateurs de pétrole au monde, plaident pour une sortie progressive des hydrocarbures, et se sont engagés à atteindre la neutralité carbone en 2050.

« L’action climatique est une immense opportunité économique d’investissement dans la croissance durable. Le financement est la clé » , a affirmé Sultan Ahmed al-Jaber dans le communiqué.

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De leur côté, de nombreuses ONG ont déjà fustigé la nomination, qui représente un douteux mélange des genres. « La nomination de Sultan Ahmed al-Jaber à la présidence de la COP28, alors qu’il occupe le poste de PDG de la compagnie pétrolière nationale d’Abu Dhabi constitue un conflit d’intérêts scandaleux », a réagi Harjeet Singh, de l’organisation Climate Action Network International.

La dernière conférence mondiale sur le climat, organisée en novembre en Egypte, a été marquée par l’adoption d’une résolution sur la création d’un fonds d’indemnisation des pays les plus pauvres pour les dégâts causés par le changement climatique. Mais cette COP27 n’a pas réussi à faire progresser la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour maintenir l’objectif de limiter le réchauffement de la planète bien en-deça de +2°C et si possible à 1,5°C, comme le prévoit l’accord de Paris.   La COP28 se tiendra à Dubaï en novembre et décembre.

Avec Belga

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