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Non, l’été belge 2017 n’est pas si pourri que ça

"I'm griiiiiilling in the rain..." | © Flickr : Jeremy Keith

Environnement & Animaux

Si la météo actuelle n’a rien d’exceptionnel, le plat pays, pourtant accoutumé à un climat tempéré, ne s’habitue pas à ses étés capricieux tout en imprévisibilités.

Humide, frisquet, grisâtre, déprimant… Cette année, l’été belge prend de sérieuses allures d’automne, au grand dam des vacanciers qui – privés de séjour dans le sud – ont le moral dans des chaussettes aussi grises que la météo.

Depuis plusieurs semaines, on ne se surprend même plus à fredonner « I’m Singing in the Rain », le pas claudiquant dans les flaques d’eau pour se rendre au café ou au boulot. Capuche sur la tête et chaussures trempées, on tente de passer entre les gouttes de la déprime et d’apprécier les quelques éclaircies que l’on saurait à peine compter sur les doigts d’une main.

Pourtant, le bilan météo de ces dernières semaines n’a pas de quoi se prendre les foudres des vacanciers frustrés.

Un été quoi de plus normal

Si la morosité ambiante donne l’impression d’affronter l’été le plus maussade depuis 2006, il n’en n’est rien du tout. Que du contraire, selon l’Institut Royal Météorologique qui parle d’une période estivale « relativement normale ».

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« Même s’il fait plus frais et que le temps semble plus morose que d’habitude, on ne peut tout de même pas parler d’un mois excessivement mauvais », affirme un climatologue de l’IRM. « Il ne faut pas oublier qu’on a eu un mois de juin exceptionnellement chaud et très ensoleillé et que même le mois de juillet a été légèrement supérieur aux normales de saison. »

« La première quinzaine d’août est effectivement un peu déficitaire au niveau des températures », admet-on tout de même, « avec un thermomètre affichant 17,3°C pour une moyenne de 18°C ». Une tradition météorologique que les aoutiens belges échappant à la transhumance estivale ont tendance à oublier.

Comme l’année dernière, le mauvais temps n’aura pas eu raison de l’enthousiasme des festivaliers belges. © BELGA PHOTO AURORE BELOT

Mémoire de poissons

« Les gens ont la mémoire courte. Pas plus tard que l’année passée, on a connu une première quinzaine d’août bien plus exécrable », insiste notre climatologue qui se souvient de « situations bien pires, notamment en 2006 ». Si les gens se plaignent de la grisaille actuelle, « c’est parce que l’été a démarré avec un mois de juin vraiment exceptionnel, un des plus beaux et chauds mois de juin depuis 1976 ».

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« Certes, dans le nord-ouest de l’Europe, on est un peu mal placés car on est souvent sous l’influence de courants qui amènent un temps perturbé avec des précipitations assez régulières en été », ajoute-t-on. Même si une grande partie de l’Europe a bénéficié de températures remarquables voire exceptionnellement chaudes cette saison.

Été pluvieux, été chanceux

Réjouissons-nous ! Car pendant que certains râlent contre un été pas assez chaud, d’autres expérimentent les joies de la canicule, des incendies et des inondations. Les derniers cataclysmes survenus récemment dans le sud de la France suffiront à en faire relativiser plus d’un. « Dans un contexte de réchauffement climatique indéniable, l’Europe du Nord possède cet avantage d’être moins affectée que les régions méditerranéennes, où le dérèglement du climat peut être beaucoup plus inquiétant. »

La grisaille nous permet d’échapper à des phénomènes météorologiques beaucoup plus extrêmes.

La Belgique, comme le nord de la France, l’Angleterre, les Pays Bas ou encore l’Allemagne, ont de quoi se consoler face au mauvais temps car « dans les temps qui viennent, ces régions pourront plus facilement absorber le changement climatique ».

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« On se plaint souvent mais c’est une chance de vivre dans un tel climat », tempère le climatologue sans nier les aspects plus négatifs, comme le manque de lumière. « Le côté un peu déprimant c’est que l’on est souvent dans des situations de temps couvert et avec très peu de luminosité », explique-t-il. « C’est ce qui donne cette ambiance un peu plombante. »

© Flickr : Barney Moss

C’est bon pour le moral

Par rapport aux régions contraintes d’affronter des pics de chaleur à la limite du supportable, la Belgique n’est finalement pas si mal placée. « Les gens aiment le soleil et la chaleur mais il faut bien se dire que le corps humain n’est pas prévu pour fonctionner avec des températures qui dépassent les 37°C sur des longues périodes », ajoute le climatologue.

Qu’il pleuve, qu’il vente, ou qu’il neige, gardons le moral et qu’on se le dise comme dans la chanson, qu’« après la pluie vient le beau temps ».

 

 

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