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Le Brésil sacrifie des millions d’hectares de forêt amazonienne pour l’exploitation minière

La déforestation s’accélère en Amazonie. | © Flickr

Environnement & Animaux

Au Brésil, pendant qu’une immense partie de la forêt amazonienne vient de perdre son statut de réserve naturelle, les exploitants miniers jubilent…

La forêt amazonienne perd peu à peu son statut de réserve naturelle, avec plusieurs hectares de terres dont le statut protégé vient d’être abrogé par le président brésilien.

Dès lors, ce sont près de quatre millions d’hectares de forêt qui s’apprêtent à être livrées à l’exploitation minière, via un décret publié ce mercredi 23 août dans le Journal Officiel.

Le poumon de la Terre sacrifié

Si le document met fin à cette réserve, créée en 1984 et réservant l’exploitation minières aux compagnies publiques, son te texte stipule néanmoins que cela « ne remet pas en cause l’application de la loi concernant la protection de la flore et des territoires autochtones ».

Mais déjà en avril dernier, un document officiel du ministère des Mines et de l’Énergie du pays tentait de démontrer qu’en ouvrant la réserve au secteur privé, sa dissolution « permettrait d’exploiter le potentiel minier de la région ».

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Tandis que les autorités locales assurent que ce changement de statut est placé sous contrôle d’organismes de protection de l’environnement, plusieurs ONG – comme le Fonds mondial pour la nature (WWF) – manifestent leur inquiétude vis-à-vis des tribus indiennes qui peuplent ces zones bientôt exploitées.

En effet, les ONG continuent d’accuser Michel Temer de – sous pression de lobby de l’agrobusiness et des intérêts des compagnies minières – brader la forêt amazonienne pourtant si précieuse.

Déforestation accélérée

Chaque jour, la déforestation menace toujours plus l’Amazonie. La décision du Brésil intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour le « poumon de la Terre », la déforestation ayant augmenté de près de 60% dans le pays. Lors de la COP21, le Brésil s’était pourtant engagé à réduire de 37 % ses émissions de ses gaz à effet de serre d’ici à 2025. Or, 40 % de ces émissions proviennent directement de la déforestation au Brésil.

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Devant l’accélération de la déforestation, la Suède – principale bailleur de fonds pour la protection de la forêt amazonienne – a même menacé de diviser par deux ses paiements au Brésil en 2017.

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