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Ouragans : La Belgique doit-elle trembler ?

À Oostende, en janvier 2017. | © BELGA/KURT DESPLENTER

Environnement

Alors que Harvey, Irma et José ont ravagé les îles des Caraïbes et une partie de la Floride, la Belgique attend elle aussi de fortes intempéries ce mardi soir, avec des rafales de vent allant jusqu’à 100km/heure.

 

Jamais un ouragan n’est resté aussi longtemps en catégorie 5. Sur l’échelle des ouragans, il s’agit du niveau le plus violent. Irma a fait de nombreuses victimes, et fait trembler la planète entière. Tandis qu’elle continue de progresser vers la côte ouest de la Floride, en Belgique, une question se pose. Devons-nous craindre l’arrivée d’un prochain ouragan ? Pour le moment, notre pays a été épargné. Le record belge en rafales de vent date de janvier 1990. Une tempête avait alors frappé le plat pays avec une pointe maximale de 168 km/h. Si  l’intempérie fut en effet violente, cela reste bien loin de la vitesse d’un ouragan, qui atteint au minimum les 300 km/h, et provoque des dégâts largement plus importants.

On risque moins ce genre de situations.

Pour Pascal Mormal, météorologue à la climatologie de l’IRM, la Belgique ne doit pas se sentir menacée. “Un ouragan, rappelle-t-il. est un vent qui atteint une certaine force. Seulement, il y a plusieurs conditions qui doivent être réunies. Tout d’abord, il faut une masse d’humidité ainsi qu’une température d’eau de mer assez chaude, qui atteint au minimum 26 degrés. C’est pourquoi, dans nos régions, on risque beaucoup moins ce genre de situations, la température de la mer du Nord ou de l’Océan Atlantique n’atteignant pas ce niveau”. L’ouragan a plutôt tendance à se développer dans les latitudes tropicales où les conditions sont idéales pour la formation d’un ouragan.

Ouragan/Tornade, quelle différence ?

“En ce qui concerne Irma, la gravité est moins importante au niveau des précipitations comparé à l’ouragan précédent, Harvey, mais au niveau de la vitesse des vents, c’est beaucoup plus intense”.

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Cependant, Irma reste moins violent qu’un vent de tornade. “Une tornade peut atteindre la vitesse de 400 km/h. Plus aucune structure ne résiste. Les dégâts sont bien plus extrêmes qu’avec un ouragan. La grosse différence est qu’une tornade est très localisée dans une région, tandis qu’un ouragan peut toucher un territoire aussi grand que la taille de la France”. Contrairement aux ouragans, l’Europe occidentale n’est donc pas protégée contre les tornades. Selon le site de l’IRM, la Belgique en a d’ailleurs connues 62 entre 1982 et 2000. 

Le réchauffement climatique, en cause ?

À savoir si l’humain est le premier responsable derrière ces catastrophes naturelles, il est encore trop tôt pour en avoir la certitude. “Les spécialistes ont l’air de s’accorder pour dire qu’on n’assiste pas à une augmentation sensible du nombre de phénomènes cycloniques majeurs depuis 50 ans. Cependant, il y a un argument qui tend à défendre la thèse du réchauffement climatique. L’eau de mer est en train de se réchauffer, ce qui est une indication idéale pour évaluer la formation et l’intensité des ouragans. Maintenant, il est un peu tôt pour évaluer cela. Mais on peut, en effet, craindre pour le futur de la planète”, avertit le météorologue.


EDIT du 12 septembre :

Cette nuit, le ciel se chargera à partir du littoral et une zone de pluie traversera le pays d’ouest en est. Au passage de la perturbation, le vent de secteur sud-ouest se renforcera pour devenir fort dans les terres, et très fort voire tempétueux à la côte. Il faudra également s’attendre à des rafales proches de 80 km/h dans l’intérieur, et même jusqu’à 100 km/h à la mer. Le SPF Intérieur a d’ailleurs décidé d’activer dès 22 heures ce mardi le numéro d’urgence 1722, en raison des intempéries et des fortes ravales de vent attendues. Il est dès lors demandé de former ce numéro si l’on a besoin des pompiers en cas d’inondations et/ou de dégâts liés à la tempête Le numéro sera automatiquement désactivé une fois les intempéries terminées.

Mercredi matin, le ciel sera très nuageux à couvert. Le sud du pays subira encore des périodes de pluie, tandis que, dans le nord, les averses seront plus localisées. La zone de précipitations progressera vers l’est et quittera le pays. Le vent de sud-ouest sera d’abord fort dans l’intérieur et très fort à la mer, avec encore des rafales pouvant dépasser les 80 km/h. Le vent diminuera ensuite pour devenir modéré à assez fort.

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