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Un pic de radiation record détecté à Fukushima

La centrale nucléaire de Fukushima, au Japon. | © ©Kyodo/MAXPPP

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La compagnie Tepco, opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima, a déclaré avoir détecté des taux de radiations extrêmement élevés ainsi qu’un trou béant sur le site endommagé par l’accident nucléaire de 2011. Cette découverte complique fortement le démantelement de la centrale.

La compagnie électrique en charge de la centrale nucléaire de Fukushima a annoncé ce jeudi avoir relevé des taux de radiations qui peuvent atteindre 530 sieverts par heure au niveau du réacteur 2, l’un des plus endommagés sur les six unités du site japonais. En sachant qu’un ouvrier en milieu radioactif ne doit pas être exposé à des doses supérieures à 20 millisieverts par an, selon les recommandations de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR), ce taux découvert est extrêmement élevé et provoquerait chez l’homme une mort quasi instantanée. En guise de comparaison, les niveaux de radiation relevés à Tchernobyl après l’explosion étaient estimés à 300Sv par heure, une dose fatale pour l’être humain en moins d’une minute.

S’il faut tenir compte d’une marge d’erreur de 30%, le chiffre détecté à Fukushima reste tout de même un record. Le précédent relevé, constaté en 2012 en un autre endroit du réacteur 2, était de 73 sieverts, selon la compagnie électrique. D’après Miyano Hiroshi, professeur émérite de l’université Hôsei, il est possible que ce taux record soit dû au fait qu’une partie du combustible fondu ne soit pas immergé dans les eaux de refroidissement.

La découverte de ce taux de radiation « inimaginable » ralentit le démantelement de la centrale nucléaire. Tepco veut « retirer les combustibles fondus à partir de 2021 » selon Libération, mais la compagnie électrique « doit encore finaliser la méthode pour y parvenir ».

Coeur radioactif et trou béant

Fin janvier, la compagnie électrique Tepco avait envoyé une caméra pour localier le coeur des réacteurs, un magma très radioactif qui représenterait une masse globale de de 880 tonnes réparties entre les unités 1,2 et 3 de Fukushima, selon des calculs de l’Institut international de recherche sur le démantèlement nucléaire. Parmi les images recueillies, on peut apercevoir un trou d’un mètre de large sur une plateforme métallique située dans l’enceinte de confinement sous la cuve qui contient le coeur du réacteur. « Il peut avoir été causé par la chute du combustible qui aurait fondu et percé la cuve, mais ce n’est à ce stade qu’une hypothèse » a souligné un porte-parole de Tepco au Figaro. « Nous estimons que les images recueillies cette fois constituent de précieuses informations, mais il nous faut encore investiguer, sachant qu’il est difficile de présupposer l’état réel à l’intérieur » a-t-il ajouté. Si cette hypothèse devient réalité, ce serait la première fois que Tepco localise le corium, une sorte de magma incontrôlable, au sein de l’un de ses réacteurs. Dans les prochains jours, la compagnie prévoit d’envoyer un robot pour en apprendre peut-être un peu plus.

Cette image recueillie par la caméra de Tepco montre l’intérieur du réacteur 2. © AFP PHOTO/TEPCO
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