Paris Match Belgique

Après Harvey, Irma et Jose, au tour de Maria de faire trembler l’Atlantique

Au Puerto Rico aussi on se prépare à l'arrivée de Maria | © Belga / AFP PHOTO / Ricardo ARDUENGO

Environnement & Animaux

Après la dévastation causée par Irma dans les Caraïbes et en Floride et les rafales de vent de José, c’est désormais Maria qui menace la Martinique et la Guadeloupe. Trois ouragans en deux semaines : un phénomène exceptionnel, mais pas inédit dans l’Atlantique. 

Ainsi que l’explique le scientifique atmosphériste américain Phil Klotzbach, « des ouragans multiples se produisent toutes les dizaines d’années, en moyenne, avec des phénomènes en 1967, 1980, 1988, 2010 et maintenant, 2017″. Et l’Atlantique a rassemblé cette année les conditions parfaites pour accueillir ces phénomènes météorologiques aux conséquences catastrophiques.

Conditions idéales

En effet, trois conditions météo sont réunies : un taux d’humidité particulièrement élevé dans l’air, une température de l’océan supérieure à 27 degrés et des vents homogènes dans la troposphère, c’est à dire de la surface de la terre jusqu’à 10 000 mètres d’altitude. L’homogénéité permet à la cheminée centrale du cyclone de ne pas être cisaillée, et donc à celui-ci d’entretenir son cycle énergétique.

Puissance dévastatrice

Dans le cas d’Irma, la combinaison de ces caractéristiques auxquelles se sont ajoutées l’absence d’influences asséchantes (des poches de sable du Sahara qui tourbillonnent parfois au-dessus de l’Atlantique, par exemple) ou encore une vitesse ne permettant pas à l’eau fraîche accumulée sous l’ouragan d’avoir un impact sur l’air chaud et humide qui l’alimente; ont contribué à sa puissance dévastatrice.

Lire aussi > Irma dévaste les îles, Jose et Katia inquiètent

Et n’en déplaise aux climato-sceptiques, c’est bien du côté du réchauffement climatique qu’il faut aller chercher les explications au caractère particulièrement destructeur des ouragans cette saison. Parlant de sa « colère sourde » face à la dévastation causée par Irma, Nicolas Hulot a souligné dans nos pages que « l’humanité a tissé depuis des décennies sa propre tragédie. Que de temps perdu ! Notamment pour anticiper suffisamment sur les conséquences prévisibles des changements climatiques. Irma, Harvey… : ce n’est qu’une sinistre bande annonce de ce qui va nous arriver probablement à répétition dans les décennies à venir. Avec, je le crains, une amplification de la puissance de ces phénomènes ».

Tout perdu

La crainte principale pour les experts : que Jose et Maria ne fusionnent pour créer un « effet Fujiwara ». Soit que les deux ouragans n’entrent en orbite et tournent l’un autour de l’autre. Selon lex experts, le phénomène pourrait avoir lieu entre le 23 et le 26 septembre. En attendant, Maria, classé catégorie 5, se dirige droit vers la Guadeloupe, après avoir dévasté la Dominique. Roosevel Skerrit, le Premier ministre de l’île, a déploré que suite au passage de l’ouragan, les habitants aient « perdu tout ce qui pouvait être perdu ».

Lire aussi > En Floride, un hôtel a recueilli 1 000 chiens pour les protéger de l’ouragan Irma 

Et le pire est peut-être encore à venir : en effet, la saison des ouragans s’étend de juin à novembre dans l’Atlantique Nord, avec un pic d’activité d’août à octobre, période durant laquelle 96% de tous les ouragans atlantiques majeurs se déclarent.

CIM Internet