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Octlantis : une ville sous-marine entièrement construite par des poulpes

Les poulpes sont réputés pour vivre habituellement en solitaire. | © Flickr : damn_unique

Environnement

Réputés pour être des individus solitaires, les poulpes pourraient en réalité préférer la vie en communauté. 

Une équipe internationale de chercheurs vient de faire la découverte d’une citée sous-marine hors du commun. Au large des côtes est de l’Australie, dans la baie de Jervis, les biologistes marins ont découvert une ville construite entièrement par des poulpes.

Coquillages et crustacés

Baptisée Octlantis, cette ville abrite pas moins de quinze céphalopodes entourés de murs et de tanières érigées avec du sable et des coquillages, le tout bâti de leurs propres tentacules. Se fiant à leur réputation d’individus solitaires, les biologistes pensaient autrefois que ces pieuvres habitaient les eaux subtropicales de l’est de l’Australie et du nord de la Nouvelle-Zélande. Tapies dans l’ombre et la solitude, elles ne se réuniraient ainsi qu’une fois par an, dans l’unique but de se marier.

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Pourtant, Octlantis est désormais la preuve que les poulpes se réunissent parfois en communauté au sein d’une même citée.

© Marine and Freshwater Behaviour and Physiology

Des pieuvres « ingénieurs en environnement »

Située entre 10 et 15 mètres sous la mer, la cité des pieuvres mesure 18 mètres de long sur 4 de large. Si les chercheurs ne donnent pas encore d’explication à leur étonnante trouvaille, ils développent les détails de leur exploration dans une étude publiée dans Marine and Freshwater Behaviour and Physiology. Pour comprendre l’organisation d’Octlantis, les biologistes marins américains, australiens et canadiens ont filmé les lieux pendant une dizaine d’heure.

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« Ces pieuvres sont de vraies ingénieurs en environnement », estime auprès du Gardian Stephanie Chancellor, l’une des chercheuses à l’origine de la découverte. « Nous ne savons toujours pas grand-chose du comportement des pieuvres », confesse-t-elle. « Nous avons besoin de faire d’autres recherches pour déterminer ce que tout ça peut bien signifier. »

© Marine and Freshwater Behaviour and Physiology

Mystère et tentacules

Si cette découverte reste un mystère pour les chercheurs, une similaire avait pourtant été faite en 2009. En effet, dans la même région, une autre ville bâtie par des pieuvres avait été découverte et baptisée Octopolis. Néanmoins, celle-ci avait été construite autour d’un objet métallique de fabrication humaine et fut ainsi considérée comme une « anomalie » par les chercheurs de l’époque.

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« Les deux sites présentent des caractéristiques qui ont, je pense, rendu ces attroupements possibles, à savoir des affleurements de roches océaniques au milieu de régions particulièrement plates et sans relief », explique Stephanie Chancellor. Si la nouvelle semble encore réserver des surprises, elle ne signifie pas que les « villes poulpes » sont pour autant un phénomène répandu. « Des rassemblements comme ceux-ci se produisent probablement où l’abri se limite à de petites parcelle d’habitat et où la nourriture abonde », concluent les chercheurs.

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