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Le nouveau baromètre « fournisseurs d’énergie » de Greenpeace descend Lampiris et Electrabel et vante les coopératives

Nucléaire, éolien ou solaire : les usages évoluent vers le vert. Mais pas à la vitesse voulue par les ONG environnementales. | © EPA/PATRICK PLEUL

Environnement

Rendez-vous désormais annuel pour ceux qui veulent allier consommation énergétique et geste citoyen, le nouveau baromètre des fournisseurs d’énergie de Greenpeace a été dévoilé par l’ONG.

Et ce sont les coopératives citoyennes qui, au nord comme au sud du pays, remportent les palmes en forme de soleil. Á l’autre bout du classement, les « gros fournisseurs industriels » trinquent.

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Dans un marché ouvert où le changement de fournisseur se fait dorénavant par un simple clic, il y a l’argument prix mais aussi l’argument « vert » qui est utilisé par Greenpeace pour réaliser son classement. Le but ? Montrer qu’il existe des solutions quasi-parfaites pour se passer au maximum des énergies nucléaires et fossiles.  “L’impact qu’a le consommateur est particulièrement notable dans notre classement cette année”, souligne Jan Vande Putte, expert Energie chez Greenpeace Belgique, dans un communiqué de l’ONG. “Dans un marché devenu dynamique et se tournant vers l’électricité verte, il y a désormais 7 fournisseurs que l’on peut recommander et on remarque que même certains grands acteurs cherchent à améliorer la qualité de l’électricité fournie.”

Pour arriver à un tel baromètre, Greenpeace utilise une méthodologie basée sur trois éléments centraux :la production propre, l’achat et l’investissement.  » Le facteur « investissements » est d’ailleurs essentiel et compte pour 50% de la cote générale » explique Juliette Boulet, expert énergie chez Greenpeace. « C’est un élément qui tend souvent les fournisseurs historiques car nous analysons les deux dernières années et les projets pour les deux années à venir« .

Bons et moins bons fournisseurs d’énergie mais une tendance positive

Si Greenpeace continue à pointer du doigt les géants tels que Electrabel ou Lampiris, le constat général est à la hausse : sur 22 fournisseurs belges passés au crible, le score moyen obtenu est plus haut que par le passé. La tendance à plus d’énergie verte est donc une réalité. Ce qui n’empêche pas Greenpeace de

Même si des géants comme EDF-Luminus et Engie-Electrabel investissent toujours trop dans des énergies polluantes, on peut noter que pour les 22 fournisseurs du marché belge passés au crible par Greenpeace, le score moyen est plus haut que par le passé. Ce qui n’empêche pas Greenpeace de donner un « zéro soleil pointé » à Lampiris, le fournisseur liégeois qui paie au prix fort son rachat par Total. « Si l’an dernier, Lampiris connaissait une forte chute dans notre classement suite à sa reprise par Total et aux pratiques du géant français lui valant un drapeau rouge; on remarque cette année en outre une baisse de la qualité de l’investissement et de l’énergie proposée par le fournisseur liégeois, qui descend encore dans le classement », souligne en effet Greenpeace dans son rapport.

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Constat plus amer encore pour le fournisseur énergétique belge historique qui est Electrabel et sa maison-mère Engie puisque Greenpeace pointe qu’ici c’est la filiale belge qui ne suit pas les efforts du puissant fournisseur français Engie qui a fermé cinq centrales à charbon l’année dernière. C’est, pour l’ONG, un pas important vers les énergies vertes. Electrabel évite d’ailleurs la correction de la lanterne rouge uniquement grâce aux efforts de sa maison-mère. La filliale belge étant accusée de  » rester engluée dans le passé. Son combat pour conserver ses bénéfices nucléaires bloque d’ailleurs considérablement les investissements vers les énergies renouvelables en Belgique ».

Les coopératives ont le vent en poupe mais oublient Bruxelles

Les fournisseurs qui réunissent quatre soleils, et donc la côte de 20/20 sont tous des coopératives qui impliquent le citoyen dans le choix. C’est le cas, entre autres, d’Ecopower et de Cociter. Tandis que trois autres fournisseurs, avec 3 soleils, sont aussi conseillés, parmi lesquels Eneco. Lors de nos comparaisons de prix sur le module de Greenpeace, aucune de ces coopératives n’arrivent à offrir des prix compétitifs par rapport aux fournisseurs traditionnels. Pour un ménage de quatre personnes, la différence peut rapidement atteindre les 150 à 200 euros de différence sur un an. De plus, aucune coopérative n’offre de solution pour la fourniture en gaz obligeant à garder deux fournisseurs différents si le logement est équipé au gaz. Le choix d’une énergie 100% verte via une coopérative résulte donc d’un choix clairement écologique et géographique. Par exemple, sauf Energie2030, aucun fournisseur classé quatre ou trois étoiles ne fournit Bruxelles et sa région. Seuls le précité, Eneco et Cociter couvrent d’ailleurs la Wallonie.

Pour voir le classement complet et comparer les offres, Greenpeace a mis en place le site Monelectriciteverte.be

 

 

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