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Norvège : la folie des grandeurs du saumon d’élevage

Photo d'illustration | © AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP PHOTO / JOEL SAGET

Environnement

Leader mondial dans l’élevage de saumon, la Norvège envisage de multiplier par cinq sa production à l’horizon 2050 et n’hésite pas à utiliser les grands moyens.

Immense structure jaune dont les pieds gigantesques s’enfoncent sous les eaux, elle est la toute première ferme offshore aquacole au monde et flotte déjà depuis quelque mois au large des côtes norvégiennes. Symbole des ambitions sans limites du plus gros producteur de la planète, elle s’apprête à accueillir plus d’un million de saumons.

La ferme des milliers de saumons

250 000 mètres cubes pour un coût de 75 millions d’euros ; c’est l’investissement pharamineux de l’entreprise Salmar présentée comme le 4e producteur mondial de saumons d’élevage. Son objectif : dépasser les limites de la production dans une zone où elles sont devenues restreintes. « La production se trouve à 95% entre le rivage et l’océan », explique à l’AFP Trond Williksen, PDG de Salmar, qui estime que la « possibilité de développer l’industrie dans cette zone est devenue limitée ».

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Pour lui, il faut « absolument développer l’élevage offshore ». Salmar ne sera d’ailleurs pas le seul à le faire, estime Williksen et ce, en dépit de l’inquiétude des organisations environnementales.

Ambitions dangereuses

Devant ce projet-pilote titanesque, WWF Norvège s’inquiète de ses conséquences et dénonce son ampleur. D’abord, le risque de prolifération des poux de mer, un parasite pouvant entraîner une forte mortalité des saumons d’élevage mais aussi des saumons sauvages. Le risque d’évasions de saumons d’élevage, ensuite. Les infrastructures installées en pleine mer étant plus exposées aux intempéries et aux vagues.

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Face à ces contraintes, les géants du secteur tentent de trouver des solutions qui soulèvent des espoirs, mais aussi d’autres inquiétudes pour les ONG. « L’industrie du saumon et son ministère de tutelle ont pour ambition de doubler la capacité de production dans les dix, quinze prochaines années », assure Truls Gulowsen, responsable de Greenpeace en Norvège, qui juge cet objectif « complètement fou ».

Les parcs circulaires du groupe Lerøy dans l’un des nombreux fjords qui bordent l’île de Hitra, à l’Ouest de Trondheim. © Julia Wäschenbach/dpa

Mesures pour se rassurer

De son côté, Silmar se veut rassurant tant sur la question des poux de mer que sur celle de l’évasion. « À ce jour, nous avons zéro pou de mer, mais nous n’en sommes qu’au début », a déclaré à l’AFP Trond Williksen, indiquant également que la structure a été conçue selon des principes éprouvés par les plateformes pétrolières pour prévenir tout incident majeur en cas d’ouragan. Entièrement automatisée, la ferme aquacole est toutefois surveillée par une présence humaine 24 heures sur 24. De quoi rassurer un tant soit peu les plus sceptiques face à ces fermes d’un nouveau genre.

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