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Le mystérieux exode des pieuvres blanches au Pays de Galles

Une pieuvre blanche, filmée par Brett Stones. | © D.R.

Environnement

Au Pays de Galles, des dizaines de pieuvres ont quitté la mer pour se laisser mystérieusement mourir sur le sable. 

 

C’est un phénomène étonnant auquel ont assisté des Gallois. Quand Brett Stones et son groupe d’observation des dauphins -Seamor Dolphins- sont revenus de leur excursion vendredi dernier dans le Pays de Galles, il faisait nuit noire. Au loin, ils ont repéré une forme indiscernable mais familière. « Ça ressemblait à un blob », a déclaré à National Geographic Brett Stones. Quand ils se sont approchés de la créature, ils ont remarqué qu’il s’agissait en réalité d’une pieuvre blanche, une espèce que l’on trouve généralement au large des côtes du comté de Ceredigion.

L’animal, d’environ 30 centimètres de long, rampait à plus de 9 mètres de l’eau. Et ce n’était pas le seul. En continuant leur marche, le groupe a trouvé une vingtaine d’autres spécimens gisant sur le sable. Effarés, les Gallois ont alors tenté de les remettre à l’eau. « Cela faisait ressortir cet instinct maternel. Ce que vous désirez le plus, c’est les sauver », a confié M. Stones. Armés de récipients en plastique, ils ont saisi les pieuvres pour les replonger dans l’océan. Mais durant les deux nuits suivantes, le constat était le même : des dizaines de mollusques morts jonchaient le sable. Brett Stones, qui a toujours vécu dans la région, n’avait jamais vu rien de tel.

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Pourtant, une fois remises dans l’eau, les pieuvres semblaient retrouver leur vivacité habituelle. « Chaque spécimen que nous avons trouvé était bien vivant, leurs tentacules s’enroulaient autour de notre main, mais le matin, nous avons trouvé encore plus de morts », a poursuivi le Gallois, interloqué.

Enigme non résolue

Pourquoi un tel comportement ? Pour Bret Grasse, responsable des céphalopodes au laboratoire de biologie marine Woods Hole, les récents épisodes climatiques -Ophelia et Brian- qui ont frappé les côtes galloises pourraient avoir une incidence sur le comportement des céphalopodes. Toutefois, « établir un lien entre les deux exige plus de recherche », a-t-il déclaré.

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« C’est difficile », a confié de son côté Jenny Hofmeister, lorsqu’on lui a posé la même question. Celle qui travaille à la Scripps Institution of Oceanography de San Diego a déclaré qu’il faudra effectuer des examens sur ces pieuvres, car il est difficile pour les scientifiques de spéculer exactement ce qui peut avoir incité ces comportements étranges. Le mystère reste entier.

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