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Comment l’agriculture pourrait être à 100% biologique d’ici à 2050

La planète pourrait être bien plus verte | © Flicker @ U.S. Department of Agriculture

Environnement

Alors que le danger des pesticides n’est plus à prouver, l’agriculture biologique reste pourtant encore l’exception plutôt que la norme. Impossible à généraliser ? Que du contraire, mais des adaptations des modes de consommation sont nécessaires. 

En effet, ainsi que le révèle une étude réalisée par des chercheurs européens et publiés dans la revue Nature Communications, il serait possible de nourrir plus de 9 milliards d’êtres humains avec une agriculture 100% biologique d’ici à 2050, à deux conditions. Comme l’explique Christian Schader, chercheur à l’Institut de recherche de l’agriculture biologique et coauteur de l’étude, « Un des enjeux cruciaux est aujourd’hui de trouver des solutions pour basculer dans un système alimentaire durable, sans produits chimiques dangereux pour la santé et l’environnementOr cette transformation inclut une réflexion sur nos habitudes alimentaires et pas seulement sur les modes de production ou sur les rendements ».

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Pour parvenir à nourrir la planète grâce à une agriculture entièrement biologique, il faudrait donc réduire le gaspillage alimentaire ainsi que limiter la consommation de produits d’origine animale. Pour convertir l’ensemble de l’agriculture au bio, il faudrait la mise en culture de 16 à 33 % de terres supplémentaires dans le monde d’ici à 2050 afin de compenser les rendements plus faibles de ce type d’agriculture. Une conversion des sols qui entrainerait une déforestation accrue, certes, mais aussi une réduction des impacts environnementaux malgré tout. Une agriculture entièrement biologique entrainerait en effet moins de pollution due aux pesticides ainsi qu’une demande en énergies fossiles plus faible.

Inverser la tendance

Afin de contrebalancer d’éventuels effets négatifs du tout bio, les chercheurs proposent comme solution de réduire la consommation de produits d’origine animale. En effet, à l’heure actuelle, un tiers des terres cultivables mondiales sont utilisées pour produire l’alimentation des animaux d’élevage alors même que ces céréales pourraient être utilisées pour nourrir les humains. « Actuellement, nous consommons deux tiers de protéines animales pour un tiers de protéines végétales. Il faudrait faire l’inverse, c’est-à-dire diviser par deux notre consommation de produits animaux. Un changement déjà engagé chez les consommateurs de bio », souligne Philippe Pointereau, coauteur de l’étude. Un changement qui risque d’être long à mettre en place : bien qu’il soit possible d’envisager une planète se nourrissant entièrement de bio d’ici à une trentaine d’années, en 2017, l’agriculture biologique ne représente que 1% de la surface agricole mondiale.

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