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Les chasseurs d’éléphants américains pourront ramener leurs trophées aux États-Unis

éléphant

Entre 2007 et 2014, le nombre d'éléphants d'Afrique a chuté de 30 %, pour atteindre 350 000 spécimens encore en vie. | © Flickr/Pauline Guilmot

Environnement

Donald Trump s’attaque une nouvelle fois à l’héritage d’Obama en voulant mettre fin à l’interdiction de l’importation des trophées d’éléphants d’Afrique.

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Selon ABC News, l’administration Trump va permettre aux chasseurs de ramener sur le sol américain leurs trophées d’éléphants abattus au Zimbabwe et en Zambie. Chose interdite depuis 2014 par Barack Obama. L’annonce n’est pas encore confirmée par la Maison Blanche, elle a été faite par le Club de Safari international, un groupe de défense de la chasse qui avait déposé une plainte pour bloquer la loi de l’ancien président américain.

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Argument paradoxal

Si les éléphants d’Afrique font partie des espèces en danger d’extinction, l’administration américaine pense que cette décision ne va pas nuire à l’espèce. Au contraire. « Les sports de chasses légaux et bien encadrés dans le cadre d’un programme de gestion saine peuvent participer à la conservation de certaines espèces en incitant les populations locales à protéger les espèces et en générant des revenus qui pourront être réinjectés dans les programmes de protection », selon un porte-parole du département américain de la pêche et de la vie sauvage, rapporte ABC News. Tuer pour protéger, en résumé.

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Population en déclin

Selon les chiffres du grand recensement de la population d’éléphants, repris par la chaîne américaine, le nombre d’éléphants d’Afrique a diminué de 30% entre 2007 et 2014, dans 18 pays africains. Au Zimbabwe, le déclin est de 6% dans tout le pays alors qu’il est de 74% dans une région spécifique, précise ABC News.

Le président de l’association The Humane Society of the United States redoute déjà les conséquences du nouveau projet de loi sur cette population en déclin. Il juge cette décision « bouleversante », rappelant que le Zimbabwe était « l’un des pays les plus corrompus du monde », et que « l’an dernier, son président Robert Mugabe célébrait son anniversaire en dînant sur le cadavre d’un éléphant », rapporte le Mashable.

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Trump contre la faune

Cette nouvelle décision étonne peu tant Donald Trump s’est déjà attaqué aux lois protégeant les animaux. En avril dernier, l’administration américaine a voté l’autorisation de chasser les loups, les ours et leurs bébés, y compris dans leur terrier, en période d’hibernation ou par hélicoptère. Plus récemment, en juin, elle s’est attaquée aux animaux marins en refusant de protéger les baleines et les tortues en voie d’extinction.

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