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Le fabuleux destin de Pan Pan, le panda dont les prouesses sexuelles ont sauvé l’espèce

Pan Pan ou la virilité incarnée à l'échelle des pandas | © Flickr @ Copanda_

Environnement

Selon les scientifiques, les pandas géants incarnent le meilleur exemple d’élevage en captivité mis en place par les humains. Et derrière ce succès se cache en grande partie un panda de légende, dont les prouesses ont largement contribué à repeupler l’espèce. Son nom est Pan, Pan Pan. 

En Chinois, Pan Pan peut se traduire par « espoir ». Et de l’espoir, il en fallait à l’époque de sa naissance il y a 31 ans, alors même que les experts étaient persuadés que pour perpétuer l’espèce des pandas en captivité, un programme intense d’insémination artificielle allait devoir être mis en place. Car contrairement aux lions, et à leur libido débridée, les pandas ont une vie sexuelle quasi inexistante. Selon les estimations, la proportion de mâles qui copulent ne serait que de 10%, alors même que la période des fécondation des femelles est extrêmement réduite et ne s’étend que sur quelques jours seulement au printemps. Ou comment assurer un krach démographique et mettre en péril la survie de l’espèce.

Libido en berne

C’était sans compté sur l’incroyable vitalité de Pan Pan et sa tige de bambou. Né dans les montagnes de Baoxing, dans le sud de la Chine, et orphelin dès son plus jeune âge, Pan Pan a été transféré à l’âge de 6 ans vers la réserve de Wolong, dans la province de Sichuan, un centre de reproduction pour les pandas. Sa mission : s’accoupler. Un besoin primal plus facile à dire qu’à satisfaire, tant les pandas sont peu intéressés par l’acte charnel. Quand Pan Pan est arrivé à Wolong, les chercheurs frôlaient le désespoir, les couples de pandas se contentant de se frotter l’un à l’autre, quand ils ne transformaient pas la rencontre en affrontement physique violent. Pas pour Pan Pan : six mois seulement après son arrivée à la réserve naissait sa fille, Bai Yun. La première d’une longue lignée, puisque sur les 520 pandas aujourd’hui présents en captivité, plus de 130 sont des descendants de Pan Pan.

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Pan Pan lors de son 31e anniversaire en 2016 – Facebook @ Revista Semana

La raison de son succès ? Son incroyable ténacité, ainsi qu’un intérêt peu commun pour la copulation. Sans compter son temps de coït exceptionnellement long pour l’espèce et allant jusqu’à 7 minutes d’accouplement. Et ce, que sa partenaire le veuille ou non : une étude réalisée en 2004 par une équipe de chercheurs sino-américains a ainsi relevé qu’il n’était pas rare pour Pan Pan de se faire traîner par la femelle dans tout l’enclos sans que cela interrompe le coït. Des pratiques qui, si elles seraient pour le moins mal vues au sein d’autres espèces, ont valu a Pan Pan le surnom de « père héroïque ».

Record battu

Lors de sa mort, le 28 décembre dernier, il a laissé un héritage incroyable, 9% du patrimoine génétique de la population actuelle de pandas en captivité étant reliée à Pan Pan. Outre ses prouesses, il s’est également distingué par sa longévité, la plupart des pandas en captivité ne vivant pas plus vieux que 20 ans. Et il semblerait que Pan Pan puisse reposer en paix, puisque la relève est assurée : Lulu, un panda du Centre de recherche de Sichuan, a en effet battu tous les records de l’espèce en s’accouplant pendant 18 minutes avec sa partenaire, Xi Mei. Un exploit qui laisse supposer que l’espèce a encore de beaux jours devant elle.

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