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Comment le créateur des dessous d'Elizabeth II s'est fait virer de Buckingham

Pour son indiscrétion sur la lingerie royale, la marque s'est vue retirer son titre d'excellence. | © AFP PHOTO / POOL / HANNAH MCKAY

People et royauté

Fondé en 1939, Rigby & Peller, fabricant des dessous de la famille royale depuis 1960, vient de perdre son statut de fournisseur officiel de la reine.

 

C'est un monstre de la lingerie anglaise qui vient d'être disgracié par Buckingham Palace. Rigby & Peller, corsetier de renom qui fournissait les dessous de la famille royale britannique depuis presque 60 ans, vient de perdre son agrément royal. En cause, un livre autobiographique de celle qui est devenue propriétaire de la marque dès 1982, June Kenton. Dans ses mémoires, la femme d'affaires de 82 ans révèle les coulisses des essayages de soutien-gorge d'Elizabeth II et d'autres membres de la famille royale. Une anecdote dont elle aurait mieux fait de se passer.

Un secret bien gardé

Dans son autobiographie intitulée A storm in a D-cup (Tempête dans un bonnet D, en français) publiée en mars 2017, June Kenton décrit sa première session d'essayage dans les années 1980 avec une Elizabeth II à moitié dévêtue. Une indiscrétion qui n'a pas plu à la reine d'Angleterre, ni au palais de Buckingham qui a aussitôt décidé de rayer Rigby & Peller de sa liste de fournisseurs officiels.

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Si la Royal Warrant Holders Association - qui s'occupe de décerner les mandats royaux aux collaborateurs - a confirmé que la marque perdait son titre d'excellence et de collaboration avec la royauté britannique, elle n'a pas voulu préciser la raison exacte. Le palais avait par ailleurs annoncé publiquement qu'il "n'avait pas aimé le livre", sans faire davantage de commentaires sur la marque évincée.

C'est horrible et un vrai choc.

De son côté, June Kenton s'est dite "triste" de cette décision qu'elle juge "incroyable". "Je suis très triste que le palais désapprouve l'histoire, c'est simplement l'histoire de ma vie", s'est-t-elle justifiée auprès du Telegraph. "Je n'ai jamais pensé, quand j'ai écrit le livre, que cela dérangerait quiconque. J'avais le mandat royal depuis si longtemps que je n'aurais jamais imaginé le perdre dans ces circonstances", a-t-elle confié. Car face au gros dos du palais, la business women se défend d'avoir voulu "parler de sujets de nature personnelle", tant avec sa clientèle que dans son ouvrage. "Le livre ne contient rien de méchant", poursuit-elle au micro de la BBC. "C'est un fait que j'ai travaillé pour la reine et si je ne l'avais pas mentionné cela aurait laissé un énorme vide dans mon autobiographie", estime celle qui ne regrette rien de ses écrits. "Je trouve cela incroyable. C'est terriblement agaçant que cela arrive à la fin de ma vie, mais que puis-je y faire. Je ne peux pas me battre avec Buckingham Palace, et je n'en ai pas envie. Mais c'est dur."

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Exit des favoris

Si dès la sortie de son livre, la corsetière a été prévenue de son "licenciement" par Buckingham, elle doit désormais rayer de sa marque les précieuses armoiries royales qu'arborent quelques 800 entreprises et artisans au Royaume-Uni. Parmi elles, Fulton, le fabricant des parapluies préférés de la reine ou encore l'épicerie fine Fortnum and Mason.

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