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Lance Armstrong : le procès qui lui pourrait lui coûter 100 millions de dollars

Lance Armstrong pourrait être prochainement jugé dans une affaire de dons illicitement perçus. | © BELGA/IMAGO

People et royauté

Après les titres, ce sont les procès qui pleuvent sur Lance Armstrong, l’ancien grand champion du cyclisme. Embourbé dans les conséquences de ses aveux de dopage, le coureur fait face à de nouvelles poursuites, cette fois-ci lancées par l’État américain.

Voilà quatre ans, Lance Armstrong avait fait ses aveux chez Oprah Winfrey. Il y avouait avoir fait usage de substance interdites durant ses courses, et d’y avoir notamment recouru pour accéder à ses titres de champion du monde. Sans cela, selon le coureur cycliste, il aurait été impossible de remporter ses sept titres de suite. Depuis, l’Américain doit régulièrement répondre de ses actes et pourrait bien avoir à le faire prochainement devant la justice.

Les autorités américaines accusent en effet l’ancien cycliste d’avoir profité des dons faits par l’Etat à son ancienne équipe US Postal, le service public de la poste américaine, au moment où il se dopait. Lundi, un juge fédéral de Washington a indiqué qu’un procès pouvait bien avoir lieu alors que Lance Armstrong soutient que ces poursuites sont infondées. Les autorités, qui se sentent flouées, réclament ainsi 100 millions de dollars au Texan.

Des procès à répétition

L’enquête a été ouverte dès 2010. C’est son ancien coéquipier de l’équipe US Postal, Floyd Landis, qui a lancé les hostilités en accusant Lance Armstrong d’avoir touché illicitement les dons de l’Etat versé à leur équipe, et donc de s’être enrichi personnellement. En 2013, le gouvernement fédéral s’est joint à cette plainte, rappelant que l’Etat avait versé à son équipe quelques 30 millions de dollars entre 1998 et 2004.

Mais pour Lance Armstrong, l’État n’a subi aucun préjudice puisque l’US Postal serait sortie largement bénéficiaire de son contrat de sponsoring. Une défense qui n’a pas convaincu le juge pour qui la question du préjudice subi par l’Etat américain doit être tranchée par un jury et personne d’autre.

©The Program – Dans le film The Program, sur Lance Armstrong, le réalisateur Stephen Frears raconte la quête fictive d’un journaliste pour prouver le dopage du coureur.

Lance Armstrong pourrait avoir à rembourser 100 millions de dollars aux autorités, lui qui l’an dernier avait déjà été condamné à verser 10 millions de dollars à la compagnie d’assurance SCA Promotion. Cette dernière accusait le coureur et sa société de gestion, Tailwind Sports, de l’avoir escroquée de la somme de 12,1 millions de dollars (9 millions d’euros) qu’elle lui avait versée pour ses victoires dans les tours de France 2002, 2003 et 2004. « Nous sommes très contents de la décision. Il est difficile de décrire le préjudice que les mensonges de Lance Armstrong avaient fait subir à SCA. C’est donc un bon début dans la réparation des préjudices subis », avait déclaré SCA Promotions.

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La satisfaction était d’autant plus grande pour la société SCA qu’en 2006, après avoir eu vent de soupçons de dopage, elle avait refusé de verser au cyclisme ses primes. A l’époque, Lance Armstrong, qui niait toute accusation, avait porté plainte, forçant SCA à lui verser des dommages et intérêts.

Ne pas plonger tout seul

Lors de son interview chez Oprah Winfrey, Lance Armstrong avait reconnu avoir pris de l’EPO et de la testostérone mais également avoir bénéficié de transfusions sanguines. Attaqué de toute part, l’Américain avait ensuite décidé de donner des noms, décidé à ne pas plonger tout seul. Il avait par exemple indiqué avoir bénéficié de l’aide de l’Union Cycliste Internationale et de son président d’alors, Hein Verbruggen.

©PHOTOPQR/LE PROGRES/VACHER – Le cycliste avait remporté son dernier tour de France en 2005.

Il avait entre autre assuré que l’UCI l’avait aidé à éviter les contrôles antidopage et à dissimuler les résultats d’un test positif en 1999 sur le Tour de France. En 2014, la presse avait révélé un compte-rendu d’audition dans lequel il incriminait aussi l’ancien directeur sportif de son équipe Johan Bruyneel, et le docteur Michele Ferrari, exclu à vie en 2012 du cyclisme pour son implication dans le scandale US Postal.

La semaine dernière, Lance Armstrong a été mis en cause dans une nouvelle affaire. Un reportage diffusé sur CBS affirme que Lance Armstrong et l’équipe Sky ont utilisé des vélos à moteur sur le Tour de France. Un dopage mécanique qu’a rapidement nié l’ancienne idole du vélo.

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