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Jean-Paul Belmondo : « La Belgique a toujours été une terre de champions, d’artistes formidables, d’hommes exceptionnels »

(À gauche) Jean-Paul Belmondo sur un ring de boxe à Paris dans les années 60. | © BELGA/AFP

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Si Jean-Paul Belmondo n’avait pas été comédien, il aurait été un grand champion. Il raconte sa passion pour la boxe dans une interview pour Paris Match.

 

Une interview de Romane Charlier pour Paris Match Belgique.

Ryad Merhy a déjà rencontré de nombreuses personnalités dans sa pourtant jeune carrière : Jean Dujardin, Jean-Claude Van Damme, José Garcia, Salvatore Adamo, Alain Delon, Claude Lelouch et bien d’autres. Mais il en est une qui le touche plus que d’autres, et pas seulement parce qu’elle est venue l’encourager au Spiroudome de Charleroi lors d’un précédent combat, mais aussi parce qu’il est à ses yeux son acteur préféré : Jean-Paul Belmondo.

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Un lien tout particulier unit les deux hommes : celui du respect. Celui d’un jeune sportif pour un monstre sacré ouvert, d’une disponibilité sans égale, mais surtout toujours passionné par les « success stories » humaines. Peut-être parce que la vie de Jean-Paul Belmondo – plus de 65 ans de carrière et 150 millions de spectateurs – en est une. Sans doute aussi parce que sans la difficile école de la boxe, qui a modelé son caractère comme sa personnalité, il n’aurait pas connu le même destin. Lui qui disait, à l’aube de son envol, tandis qu’il foulait les rings pour canaliser son énergie : « La boxe m’a donné ce côté hargneux dans la vie, c’est-à-dire ne pas se laisser démonter quand ça va mal. La hargne, du moins sur un ring, c’est la volonté de gagner. Dans la vie aussi, il faut s’accrocher. » Une règle que Ryad Merhy a fait sienne. À coup sûr, si Jean-Paul Belmondo n’avait pas été comédien, il aurait été un grand champion. Double respect.

Paris Match. Comment est né votre amour de la boxe ?

Jean-Paul Belmondo. Cette discipline m’a toujours captivé. Peut-être parce qu’elle est davantage qu’un sport : une école de la vie. Adolescent, j’étais très indiscipliné, pas vraiment disposé à suivre des études traditionnelles. C’est le sport qui m’a permis de me retrouver moi-même, en phase avec mes valeurs et avec mon tempérament. Le foot (j’étais gardien de but) et le cyclisme m’ont donné le goût de l’effort, mais aussi de la discipline. Puis, j’ai découvert la boxe… La grande aventure ! Le rêve pour un mec comme moi, qui avait tant d’énergie. J’ai longtemps pratiqué en amateur. J’ai même disputé neuf combats professionnels.

Vous parlez d’école de la vie, pouvez-vous argumenter ?

Quand vous êtes jeune – et après aussi, heureusement ! –, il y a, en dehors de la force physique et de l’énergie, quelque chose qui vous cheville au corps : le rêve. Celui de devenir quelqu’un. Le grand Mike Tyson a dit un jour : « Je suis un rêveur. J’ai besoin de rêver et d’atteindre les étoiles, alors je saisis une poignée de nuages. » Quelle poésie ! Les brutes ne sont pas toujours celles qu’on croit ! (Rires) Moi, j’aime la boxe depuis toujours parce qu’elle me faisait également rêver. Adolescent, à la radio, j’écoutais les exploits de Marcel Cerdan, qui était l’idole de tout un peuple. Ensuite, j’ai poussé les portes de l’Avia Club pour ne plus jamais quitter ce sport. Pour faire rêver, comme Cerdan ! Sauf que je n’avais pas son talent. Mais je n’ai pas perdu mon temps, je me suis construit. Et puis, je me suis fait de très bons amis, comme Charles Gérard, Jo Rodriguez. J’aimais cet endroit où tous ces boxeurs s’entraînaient dur. Ce sport a enchanté ma vie.

Pourtant, beaucoup ne l’apprécient pas à cause de sa violence…

La boxe ne fait pas l’apologie de la violence, elle la canalise. Le légendaire Cassius Clay disait : « Sur le ring, il y a un arbitre pour arrêter le combat si un combattant risque d’être trop blessé. La boxe n’a rien à voir avec la guerre et ses mitrailleuses, ses bazookas, ses grenades et ses bombardiers. » Cassius Clay était un monstre inarrêtable sur le ring… et un apôtre de la paix !

Pourquoi cet engouement pour le jeune Belge Ryad Merhy ?

Parce que c’est un gars formidable, un sportif qui a dû énormément prendre sur lui-même pour réussir. Parce qu’il a le visage du courage, de la détermination, mais aussi de l’honnêteté. En plus, il porte les couleurs d’« I Like Belgium », l’opération lancée par Paris Match pour mettre en valeur les qualités, le savoir-faire et l’excellence belge ! Ca lui ajoute un supplément d’âme : la Belgique a toujours été une terre de champions, d’artistes formidables, d’hommes exceptionnels, mais le caractère belge est de ne jamais se mettre trop en avant. Dans le cas de Ryad Merhy, ce garçon porte dans le cœur de vraies valeurs et sur le short un emblème qui dit ce qu’il doit dire : « Vive la Belgique ! » De surcroît, j’ai vu beaucoup de vos boxeurs en action. Je me souviens de vos champions incroyables, comme Jean Sneyers, baptisé « l’Ange du ring », qui fut plusieurs fois champion d’Europe dans trois catégories différentes. Mais aussi de Pierre Cossemyns, champion d’Europe des poids coqs, de Cyril Delannoit qui a boxé Marcel Cerdan, du Liégeois Jean-Marc Renard qui était un solide gaillard, malgré sa fin tragique. Ou encore, dernièrement, du poids plume Alex Miskirtchian. Actuellement, avec Ryad Merhy, la Belgique dispose d’une petite perle. Le duel avec le Français sera explosif : les deux champions sont invaincus. À coup sûr, le combat va passionner les amoureux de la boxe. Et ceux qui aiment les belles histoires humaines.

« Monsieur Belmondo, c’est la classe ! »

« Monsieur Belmondo est l’acteur qui m’a le plus impressionné », explique Ryad Merhy. « De par sa présence, sa gentillesse, son talent. Monsieur Belmondo, c’est la classe ! J’ai énormé- ment de respect pour lui. Quelle carrière ! Et quelle bienveillance ! J’ai eu la chance de le rencontrer plusieurs fois grâce à mon ami et coach technique Marc Duvinage, qui est lié à lui par une belle et longue amitié depuis plus de trente ans. A chaque fois, Jean-Paul Belmondo a été d’une incroyable disponibilité, ouvert, captivant. Et à chaque fois, j’étais heureux devant lui. On sent qu’il aime la boxe et les boxeurs. Ces dernières années, j’ai rencontré beaucoup de personnalités, mais je n’oublierai jamais sa présence au bord du ring. Pour moi, c’est une immense fierté de boxer devant lui. »

 

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le Paris Match Belgique du 25 janvier 2018 en librairie et en ligne.

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