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Sur les traces du père de Meghan, l’absent du mariage royal

Thomas Markle à Rosarito, au Mexique, le 10 avril. | © Andy Johnstone/Mirrorpix/SIPA

People et royauté

Thomas Markle, le père de l’épouse du prince Harry, n’a pas assisté au mariage de sa fille ce week-end. Reportage au Mexique, où il vit comme un ermite dans une bourgade poussiéreuse au bord du Pacifique.

Quand Thomas Markle a appris que sa fille allait épouser le prince Harry, il a compris que pour lui, c’était le début des ennuis. «Un mois avant les fiançailles, il est venu me voir pour me dire que j’allais recevoir beaucoup de visites», raconte son ami Ramon Moreno, qui possède une entreprise de stockage à qui il a confié des meubles. «Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a dit : “Tu connais Meghan Markle? C’est ma fille. Et elle va se marier”. Je la connaissais, en effet. J’étais stupéfait qu’il soit son père…»

Thomas Markle a vu juste : depuis l’annonce des fiançailles, le 27 novembre 2017, le défilé de journalistes a été incessant à San Antonio Del Mar, poussiéreux petit village mexicain au bord du Pacifique, à quelques kilomètres de la frontière américaine. Certains ont même loué, sur Airbnb, une villa juste à côté de sa maison. Et pour lui, c’est un calvaire. Car s’il a décidé de finir ses jours dans ce lieu, c’est précisément «à cause de sa tranquillité», explique Ramon à Paris Match. L’endroit est bien choisi. Les rues sont mal entretenues, voire défoncées; les maisons, tristes et bon marché, ne sont pas toutes terminées, et les restaurants n’ont rien de glamour. Situé à proximité de Tijuana, une des villes les plus violentes du monde, San Antonio est l’endroit idéal pour qui veut se cacher. Le dollar est omniprésent, bien qu’on soit au Mexique. Personne ne pose de questions quand on arrive au bar «Plan B», le point de ralliement des nombreux Américains (15 000 au total dans le coin) qui ont posé leurs valises ici. Ils affichent un look «white trash», «petits blancs» désargentés, et se retrouvent dans ce bistrot aux canapés fatigués pour siroter une margharita. «Beaucoup de gens s’installent ici pour disparaître ou fuir quelque chose, que ce soit familial ou financier. Et leur principale activité, c’est souvent de boire pour oublier», reconnaît Gil Sperry, un «Yankee» qui dirige le site local «The Baja Times».

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Sa maison n’a rien d’un palais princier

Il semble que ce soit la principale activité de Thomas Markle. Sa maison, dont les fenêtres côté rue sont obstruées par des panneaux en contreplaqué, n’a rien d’un palais princier. Il y a peu de chances que Meghan y emmène Harry pour prendre le thé. Certes, la vue sur le Pacifique est belle; mais la plage est souillée par les égouts qui s’y écoulent. Face à cette bicoque à la façade jaunâtre, dans laquelle il s’est installé en 2016, Thomas a garé ses deux voitures, une vieille Volvo et un petit 4×4 Ford rouge. L’intérieur des véhicules ressemble à une poubelle. On y trouve une chemise grise accrochée sur un cintre, des miettes partout, des câbles électriques… Le siège conducteur est calé sur la position la plus éloignée du volant, ce qui trahit l’embonpoint du propriétaire.

Tous les voisins trouvent Thomas «sympathique», «souriant», «aimable», mais «solitaire». Estefania, qui gère le bar «Coffee House», nous confie qu’il demande toujours une portion supplémentaire de bacon dans sa salade ou de crème dans son thé. Armando, un voisin qui vient parfois arroser ses plantes et échange des SMS avec lui, n’a jamais eu à se plaindre. Chris Larsen, le patron du restaurant Plan B, nous confie : «J’ai appris l’existence de Thomas par les médias il y a six mois, alors que je pensais connaître tout le monde ici.»

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Nul ne sait pourquoi le père de Meghan, 73 ans, vit comme un ermite. Il n’a jamais roulé sur l’or : selon les documents officiels américains, il s’est même mis en faillite personnelle en 2016. C’est peut-être pour fuir les impôts impayés et les dettes sur sa carte de crédit qu’il a décidé de prendre ses cliques et ses claques et de s’enterrer dans cette morne bourgade… La solitude ne semble pas lui peser. Il a toujours préféré l’ombre à la lumière, sur laquelle il a pourtant établi sa carrière professionnelle, car il a été l’un des meilleurs éclairagistes de Hollywood. Ça lui a même valu deux Emmy, récompenses prestigieuses délivrées aux cracks de leur catégorie, pour ses bons et loyaux services dans des séries télévisées à succès. D’après son fils Thomas Jr., c’était un bosseur fou, son job était sa priorité. Et puis Meghan, la petite dernière de ses trois enfants, est née, et sa vie en fut bouleversée. Le bourreau de travail s’est mué en papa gâteau. Pendant longtemps, il a cru qu’il était le seul à savoir que sa fille était une princesse.

Pour elle, il aurait volontiers mis de côté sa phobie du monde. «Il se réjouissait de venir à Windsor», nous confie Ramon. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Il a commis l’erreur de laisser un photographe le «surprendre» en pleine préparation du mariage de sa fille avec la couronne d’Angleterre, contre monnaie sonnante et trébuchante. Mais le stratagème a été révélé, et il s’est retrouvé accusé de profiter des noces pour renflouer son compte en banque. Puis la jalousie familiale s’en est mêlée. Ses deux aînés, nés d’un premier mariage, ont chacun attaqué publiquement Meghan. Thomas, cardiaque, n’aurait pas supporté. Son cœur a flanché. Il a préféré se faire soigner dans un hôpital californien, et, finalement, rater le mariage de sa fille chérie. Pas facile d’être le père d’une princesse…

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