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[EXCLUSIF] Les poignantes épreuves de Julie Taton

Retrouvez l’intégralité de l’entretien bouleversant de Julie Taton ce jeudi dans Paris Match. | © Paris Match

People et royauté

Un accouchement cauchemardesque, les opérations subies par son fils, sa profonde remise en cause personnelle : c’est une poignante confession que Julie Taton a donnée à Marc Deriez et Violaine Villedieu, en exclusivité pour Paris Match.

Le 9 avril 2016, la naissance du fils de Julie Taton ne s’est pas passée comme elle l’avait imaginé. Elle qui rêvait de vivre l’insouciance des premiers mois de vie de son bébé a été rattrapée par la gravité, sans y avoir été préparée : Côme a un angiome plan, autrement dit une tache de vin en forme d’aile de papillon sur la moitié du visage. Très vite, l’animatrice découvre alors le monde des hôpitaux. L’anomalie vasculaire peut avoir des conséquences autres qu’esthétiques. Il faut passer des examens et faire des IRM pour s’assurer qu’il n’y a aucune atteinte au niveau neurologique. Il faut aussi commencer un traitement au laser, très éprouvant pour les nerfs. Il faut tenir, malgré la peur, malgré le sentiment de culpabilité, malgré les vieilles blessures d’enfance qui se réveillent. Il faut tout ça et oser le raconter. C’est ce qu’elle a fait pour Paris Match.

« Quand ses petits doigts ont accroché les miens, j’ai réalisé que j’étais devenue maman »

« Je suis partie à l’hôpital une semaine avant le terme, avec des contractions et un début d’hémorragie. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Mon mari, oui. Il était livide, très stressé par ce que les médecins venaient de lui expliquer. Je perdais beaucoup de sang. Il fallait agir vite. Côme est arrivé à 23 heures 13, sans respirer. Je me souviens avoir dit alors : ‘Ah, c’est seulement dans les films que les bébés crient ?’… On m’a fait un sourire et on a vite emmené mon fils ailleurs pour lui prodiguer les soins nécessaires. Je ne comprenais rien car tout était préparé pour qu’on puisse le mettre à côté de moi. Quand on me l’a ramené, j’ai fondu en larmes. J’étais bouleversée par la présence de ce petit être qui, quelques instants plus tôt, était encore dans mon ventre. Là, tout devenait concret. Quand ses petits doigts ont accroché les miens, j’ai réalisé que j’étais devenue maman. Je me suis rendue compte aussi que cet enfant ne ressemblait pas à ce que j’avais fantasmé. Il était différent. Aujourd’hui, je m’en veux car je ne suis pas tombée en extase devant lui. »

À plusieurs reprises, Julie Taton éclate en sanglots durant l’entretien. « J’ai l’impression qu’on m’a retiré le moment magique de la naissance. Quand on a posé Côme sur moi, j’ai tout de suite vu qu’il avait une grosse rougeur qui lui prenait la moitié du visage. L’infirmière m’a dit alors que ça allait partir… Selon elle, c’était lié à une petite pression lors de l’accouchement car il avait fallu le manipuler pour qu’il sorte… Mais quelques heures après, trois médecins sont arrivés dans ma chambre. J’entends encore leur phrase : ‘Madame, ça s’appelle un angiome plan ou tache de vin’. Le premier terme est très impressionnant et flou. Mais la tache de vin… Vous voyez Mikhaïl Gorbatchev et là, vous comprenez que ça ne part pas. C’est un moment extrêmement dur. Le monde s’écroule. L’angiome de Côme n’est pas situé sur une partie du corps peu exposée… »

À 8 mois, notre fils a subi son premier laser. Et là, j’ai replongé dans les angoisses.

L’animatrice-vedette de RTL évoque plus tard sa rencontre avec l’asbl Vascapa qui l’a beaucoup aidée (son but est de faire avancer la recherche dans les anomalies vasculaires mais aussi d’informer et d’accompagner les patients atteints de ces pathologies rares) et la prise en charge de Côme par le professeur Boon et le docteur Bataille. Ceux-ci expliquent à la jeune femme l’urgence d’un traitement. « Un angiome plan peut s’épaissir avec les années et comme ici, il touche l’oeil et la bouche de Côme, on avait peur pour la mobilité. À 8 mois, notre fils a donc subi son premier laser. Et là, j’ai replongé dans les angoisses. Je me disais qu’on l’anesthésiait pour quelque chose qui n’était pas vital. Je me demandais pourquoi je lui faisais vivre ça. Pour lui ? Pour moi ? Pourquoi ? Je me posais beaucoup de questions. Encore aujourd’hui, je n’ai pas les réponses. Je me dis que, peut-être plus tard, il me reprochera de ne pas avoir fait tout le traitement pour lui enlever complètement l’angiome. Ou alors, il me dira qu’il est fier de ne pas être comme tout le monde… Je ne sais pas. »

Cette épreuve a profondément marqué Julie Taton. Des cauchemars de son enfance lui sont revenus. Elle en parle avec une sincérité désarmante. Elle explique aussi le soutien des médecines parallèles. C’est tout cela qui l’a amenée à créer à Waterloo un centre pluridisciplinaire baptisé Hyvin (« Être bien » en finois). « Je me suis dit que ce serait bien de créer un endroit rassemblant des experts qui permettent d’écouter les messages transmis par notre corps. Ils pratiquent le reïki, l’acupuncture, la kinésiologie, le massage thaï, la réflexologie, la naturopathie ou encore le rééquilibrage alimentaire avec des cours de cuisine vive… Aujourd’hui, je souhaite aider et conscientiser les gens qui ne sont peut-être pas au courant de ces techniques. Lors des précédentes interviews pour Paris Match, j’ai eu des retours tellement touchants de lecteurs que je me suis promis de réaliser un jour quelque chose de plus concret. Avec ‘Hyvin’, nous sommes vraiment dans l’actif. »

 

Retrouvez l’intégralité de l’entretien bouleversant de Julie Taton ce jeudi dans Paris Match.

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