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Julie Taton : « Côme, mon amour », les bonheurs et les douleurs cachées d’une maman [EXCLUSIF]

En exclusivité pour Paris Match, Julie Taton revient sur la période douloureuse qu’elle vient de vivre. Mais son fils Côme est un rayon de soleil en bonne santé, un vrai cadeau de la vie. Alors, elle lui dit merci et puis, sourit, entre deux larmes, heureuse du lien magique qui les unit. | © Paris Match

People et royauté

Le 9 avril 2016, la naissance du fils de Julie Taton ne s’est pas passée comme elle l’avait imaginé. Elle qui rêvait de vivre l’insouciance des premiers mois de vie de son bébé a été rattrapée par la gravité, sans y avoir été préparée : Côme a un angiome plan, autrement dit une tache de vin en forme d’aile de papillon sur la moitié du visage. Très vite, l’animatrice découvre alors le monde des hôpitaux. L’anomalie vasculaire pouvant avoir des conséquences autres qu’esthétiques. Il faut passer des examens et faire des IRM pour s’assurer qu’il n’y a aucune atteinte au niveau neurologique, il faut aussi commencer un traitement au laser, très éprouvant pour les nerfs. Il faut tenir, malgré la peur, malgré le sentiment de culpabilité, malgré les vieilles blessures d’enfance qui se réveillent. Il faut tout ça et oser le raconter.

Regardez cette photo. Elle montre le bonheur d’une maman et de son enfant. Dans un premier temps, Julie Taton ne voulait pas qu’elle soit publiée. « Les épreuves sont là pour nous faire comprendre des choses dans notre fonctionnement », dit-elle dans l’interview qui suit. Une confession. L’animatrice de télévision nous a montré jadis que le monde du vedettariat ne protège pas des mauvais coups du destin. La femme nous a habitués à faire preuve de courage, à se dévoiler pour mettre en alerte les autres, à raconter ce qu’on ne pensait pas qu’elle puisse expliquer : ces douleurs qui sont parfois les nôtres. Douleurs physiques, comme lorsqu’à travers une lettre et une interview, elle s’adresse aux femmes touchées comme elle par le papillomavirus, qui favorise le cancer du col de l’utérus.

« On m’a volé des moments d’innocence »

C’était en avril 2015. Douleurs morales quand elle avoue combien cette épreuve a réveillé en elle bien des tourments secrets. C’était fort, bouleversant. À l’époque, Julie croyait ne jamais pouvoir devenir maman. Le rêve de sa vie. Et puis, il est arrivé. Il s’appelle Côme. Un fils formidable et plein de vie. Il a fêté récemment ses 2 ans. C’est déjà un petit mec. Irrésistible. Il a apporté à sa maman une joie immense : celle d’être enceinte. Mais l’accouchement fut difficile et ses suites, cauchemardesques. « On m’a volé des moments d’innocence », dit Julie. Ce jour-là, lors d’un entretien avec elle et son époux, les larmes viennent régulièrement sanctionner les rires. Comme si Julie ne pouvait se permettre d’être heureuse. Comme si le poids d’une tache de vin sur le visage d’un enfant était trop injuste à supporter pour une femme malmenée, qui rêvait tant d’avoir d’un bébé.

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Les tourments sont si évidents pour de nombreuses familles qu’une asbl a été créée, Vascapa, pour leur venir en aide. Julie y a fait appel et elle a appris. 0,3 % à 0,5 % des enfants naissent avec un angiome plan. Celui-ci se présente sous la forme d’une tache de taille variable, au contour bien défini, dont la couleur varie du rose pâle au rouge pourpre. Filles et garçons sont également atteints. C’est la malformation vasculaire la plus fréquente. En dehors des examens qu’elle réclame afin de s’assurer qu’elle ne masque pas d’autres problèmes plus importants, les soucis esthétiques qu’elle entraîne – surtout si elle est située sur le visage – sont effectivement un cauchemar, d’abord pour les parents qui souffrent en pensant à l’avenir de leur enfant, ensuite pour celui-ci, confronté à la difficile école de la vie. À la suite de nombreux traitements, l’angiome de Côme s’est atténué. Mais il doit être surveillé. Ce jour-là, Julie Taton avait peur de cette photo. Peur que l’on dise que. Peur des remarques. Peur d’avoir peur. Mais elle a compris ce qui fait la force de ce métier : pouvoir délivrer des messages à ceux qui se reconnaissent dans la souffrance, oser des mains tendues vers des anonymes qui connaissent les mêmes tourments, qui souffrent davantage encore dans leur chair et qui ont honte. Raconter, expliquer, convaincre que la vie peut être lourde, injuste, infernale, mais qu’il n’y a que la mort qui tue l’espoir. L’espoir d’être heureux. Enfin. Malgré tout.

Découvrez le reportage complet, avec Julie Taton et son fils, dans le Paris Match sorti ce jeudi.

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