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La folle histoire d’Anna Delvey, l’arnaqueuse qui a dupé le gratin new-yorkais

Anna Delvey

Anna Delvey a emprunté, grâce à des faux documents et des chèques en blanc, des millions de dollars à diverses banques. | © Image d'illustration / Unsplash

People et royauté

Anna Delvey, 27 ans, s’est amusée à duper la haute-société new-yorkaise en se faisant passer pour une riche héritière allemande à la fortune avoisinant les 60 millions de dollars. Une supercherie qui lui vaut une lourde condamnation : une juge de la Grande Pomme a décidé qu’elle passera minimum quatre ans en prison.

Update : Cet article (préalablement publié le 20 juin 2018) a été mis à jour le 10 mai 2019 après la condamnation de la jeune femme.

Après des centaines de factures impayées, une vie faite de jets privés, de restaurants impayables et, surtout, de mensonges à répétition, le rêve américain prend fin le 3 octobre 2017 pour Anna Delvey, de son vrai nom Ana Sorokin, lorsqu’elle est arrêtée par les autorités américaines. Illusionniste des temps modernes, la jeune Anna est arrêtée par la police de Los Angeles pour escroquerie. Une histoire pour le moins fascinante qui inspire déjà les studios d’Hollywood. Fin mai 2018, la célèbre productrice Shonda Rhimes (Grey’s anatomy) annonçait vouloir adapter l’affaire en série télévisée pour la plateforme de streaming Netflix. Ce jeudi 9 mai, elle a été condamnée à quatre ans de prison minimum par une juge de New York. La jeune germano-russe a notamment été reconnue coupable de vol aggravé et de vol de services. Retour sur une histoire qu’on a déjà hâte de binge-watcher.

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Tout commence à Paris pour la jeune Anna, Russe d’origine et issue d’une famille modeste, où elle obtient à 18 ans un stage chez Purple Magazine. Comme le raconte Jessica Pressler dans sa fabuleuse enquête pour The Cut, Anna fait son incursion dans la haute-société et se rêve alors en riche héritière. Elle change de patronyme et commence sa métamorphose. Manque seulement le compte en banque qui suit. Pas à court d’idées, la jeune femme emprunte, grâce à des faux documents et des chèques en blanc, des millions de dollars à diverses banques.

L’épopée new-yorkaise

Elle débarque à New York en 2016, et vit dans de luxueux hôtels, donne de généreux pourboires au personnel, montre ostensiblement ses liasses de billets et porte des vêtements hors de prix. Ses amis proches ne détectent encore rien mais le mensonge commence déjà à gonfler : elle demande des avances de liquide à ses amis collectionneurs d’art, « oublie » de rembourser ses créanciers et squatte de temps en temps chez des connaissances, qui n’y voient rien de mal.


(Anna Delvey compte près de 65 000 abonnés sur Instagram)

Rachel Williams, styliste chez Vanity Fair, aura droit à un retour de bâton des plus violents lors d’un séjour au Maroc organisé par la jeune femme en mai 2017. « C’était l’idée d’Anna. Elle avait besoin de quitter les États-Unis pour son visa Esta. Au lieu de retourner chez elle en Allemagne, elle a proposé qu’on aille dans un endroit ensoleillé. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris de congés. J’ai donc proposé avec joie qu’on envisage plusieurs options, comme profiter de prix hors-saison pour aller en République Dominicaine ou dans les Îles Turques-et-Caïques. Elle a suggéré Marrakech, elle avait toujours voulu y aller, et choisi La Mamounia, l’un des plus luxueux resort dans le monde. Comme elle avait conscience que les prix étaient exorbitants pour moi, elle a proposé de payer mon vol, l’hôtel et mes frais », explique l’intéressée dans une interview.

Un mensonge qui gonfle et qui gonfle

Mais voilà, quand ses cartes de crédit ne passent pas, Anna Delvey quitte le palace en urgence en promettant à son amie de la rembourser au plus vite. Rachel Williams se retrouve alors avec une facture de 62 000 dollars à payer, soit plus que son salaire annuel. Une somme qui, malgré de multiples relances et visites dans la chambre d’hôtel de la jeune femme, ne lui sera jamais remboursée.

À force d’accumuler les dettes auprès de ses amis et des hôtels dans lesquels elle loge, d’emprunter toujours plus aux banques [elle tente d’obtenir 22 millions pour financer un soi-disant club d’art], la Russe finit par attirer l’attention des autorités. Arrêtée en octobre 2017 pour fraude, elle était en attente de son procès depuis la prison de Rikers Island. Elle risquait jusqu’à 15 ans de prison, elle en fera minimum quatre. Histoire de bien réfléchir à ce que de gros mensonges peuvent engendrer.

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L’histoire d’Anna est devenue virale depuis son arrestation et la jeune femme jouit maintenant d’un véritable statut de célébrité sur les réseaux sociaux, les internautes étant fascinés par son histoire rocambolesque. Des t-shirts « Libérez Anna Delvey » ont même été tirés à son effigie. Un brin mégalo, la jeune arnaqueuse aurait même déclaré à des proches vouloir Jennifer Lawrence ou Margot Robbie pour l’incarner sur nos écrans. Rien que ça.

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