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À la table du clan Belmondo

Près de Paris, déjeuner estival du restaurant Il Cararosso, avec (de g. à dr.) Alessandro, 27 ans, Victor, 24 ans, Paul, Luana et Giacomo, 19 ans. | © François Darmigny/Paris Match

People et royauté

Dans le clan Belmondo, la famiglia, c’est sacré ! Pasta et bonne humeur font partie du menu toute l’année. Luana, la belle romaine, en est l’âme et son talent de cuisinière, reconnu

Belmondo, c’est plus qu’un nom, une signature. « Qu’est-ce qu’un Italien ? demandait Cocteau. Un Français de bonne humeur. » Et les Belmondo sont restés très italiens. Chez eux, le sourire fait partie du menu, comme la pasta du dimanche. Luana, femme de Paul et belle-fille de Jean-Paul, veille au respect des traditions. Il y a trente ans, en tombant amoureux de la belle Romaine que lui avait présentée Anthony Delon, Paul a renforcé les racines méditerranéennes du clan.

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Les Belmondo avaient leur gloire de la sculpture, leur gloire du cinéma ; aujourd’hui, ils ont leur gloire de la cuisine. Pour Luana, ce qui était une nécessité, la préparation des repas, est devenu plus qu’un hobby, une véritable passion. Du temps où les enfants couraient dans le jardin de Vaucresson, elle se contentait de mitonner des plats dont vingt personnes, au moins, se régalaient. Elle se faisait ainsi l’héritière de Madeleine, la mère adulée de Jean-Paul, qui réunissait chaque semaine sa famille. Puis les aînés sont partis… Elle a confié, humblement : « J’ai voulu me trouver un travail. À part mes débuts comme mannequin pour Balmain et Cacharel, mon CV était vide. J’ai cherché un peu partout, je ne visais pas haut. » Elle s’excuserait presque d’avoir trouvé le succès si facilement. Débuts dans « C à vous », en 2010, chez Alessandra Sublet. « Je n’avais jamais fait de télé, j’étais tétanisée devant les lardons… » Mais, dans son cas, la gaucherie est une arme fatale qui, ajoutée au charme de l’accent musical, a convaincu les femmes de sa sincérité. Impossible de la vexer en lui disant qu’elle est l’« idole des ménagères ». « J’en suis une moi-même », répond-elle, amusée.

Luana a enseigné l’amour de la cuisine à ses trois fils

En matière d’éducation au goût, Luana a des convictions très claires : « Il faut créer des ateliers obligatoires pour sensibiliser les enfants, dès l’âge de 3 ans, aux fruits et aux légumes, leur apprendre à ne pas gaspiller. » Elle a enseigné à ses trois fils que la gourmandise n’était pas un péché. « Quand ils étaient enfants, j’ai fait en sorte de développer leur palais pour qu’ils aiment le plus d’aliments possible. Même si je ne suis pas contre, je ne leur ai jamais servi de petits pots. Lorsque j’ai commencé à travailler, ils ont pris l’habitude de se débrouiller seuls en se faisant à manger. » Il faut préciser que Victor avait alors 16 ans et son petit frère, Giacomo, 12 ans… L’aîné, Alessandro, 27 ans aujourd’hui, en a particulièrement tiré les leçons. Il est depuis plusieurs mois à la tête des cuisines du restaurant italien Il Cararosso, à Saint-Cloud. Un rêve pour le jeune homme qui, après une école hôtelière, a officié à Londres, au Connaught, auprès d’Hélène Darroze, avant de s’envoler faire ses armes sur l’île d’Antigua, où il a passé tant de vacances dans la maison de son grand-père. Derrière les fourneaux, le jeune chef sublime les plats dont Jean-Paul et toute la famille raffolent encore : « La première fois que j’ai cuisiné, j’ai essayé de reproduire les fabuleuses pâtes à la sauce tomate de maman. Elle m’avait donné la recette, mais je n’arrivais pas à les préparer aussi bien. Je suis sûr qu’elle a oublié de me donner un ingrédient mystère ! » se souvient-il. Et Luana de se défendre : « Je n’ai pas sa formation, je suis une cuisinière du quotidien. Mes recettes ne sont pas précises, elles sont instinctives. » Le langage de l’amour…

Les petites copines de mes fils doivent me détester !

Paul renchérit : « Je me souviens encore de la toute première fois où Luana m’a cuisiné des pâtes, au début de notre relation. C’étaient des pâtes aux poivrons. Un régal ! » Deux ans plus tard, ils se mariaient, d’accord sur un point : l’importance de la famille. Pour eux, partager un repas, c’est être en communion. « Les valeurs que nous ont transmises nos parents. » Chez les Belmondo, on ne badine pas avec les réunions dominicales. Et si, ce dimanche de juillet, Jean-Paul n’est pas là, c’est uniquement parce qu’il est descendu dans le Midi. À la maison, il ne reste plus désormais que le petit dernier de 19 ans, mais les deux aînés ne manqueraient pour rien au monde ces retrouvailles du dimanche. Cette périodicité ne suffit pas, pour autant, à Luana. Mère poule qui n’a pas oublié comment on attirait les poussins, elle donne volontiers son « truc » : « Quand ils me manquent trop, je leur dis : ‘J’ai préparé une parmigiana… comme tu aimes !’ Ça marche toujours. Je ne peux pas passer une seule journée sans avoir de leurs nouvelles. Je les appelle, je leur envoie des messages. Leurs petites copines doivent me détester ! » Depuis que ses talents de cuisinière sont reconnus par toute la France, elle pourrait faire sa prétentieuse. Ce n’est pas son genre. Et c’est toujours le même goût du partage qui l’anime et qu’elle exprime dans ses livres de cuisine. Le dernier, Mes recettes bonne humeur, a été écrit en collaboration avec Alessandro. Le sourire et la disponibilité de Luana nous feraient presque oublier que, en huit années, elle est devenue une « executive woman » très sollicitée : elle anime une émission quotidienne sur la nouvelle chaîne culinaire My cuisine et, depuis le début de l’été, une quotidienne à la radio, « RTL vous régale », aux côtés de Jean-Michel Zecca et Jean-Sébastien Petitdemange.

Victor fait ses premières armes au cinéma

Les repas ne sont pas, chez les Belmondo, les seules occasions d’être joyeux. Le cinéma ne les a jamais fait pleurer. Sauf Victor, quand il était tout petit. « La toute première fois que j’ai vu mon grand-père à l’écran, c’était dans Le professionnel. Un traumatisme. Il se fait tirer dessus et meurt… J’étais petit, j’ai cru que c’était vrai. J’ai fondu en larmes ! » À chacun son Bambi… Mais Jean-Paul lui a vite appris à relativiser. Il réservait à sa famille quelques-unes des scènes qui ont fait son succès : « Chaque fois que nous partions à Antigua, il revêtait ses plus beaux habits, chapeau et costume, puis se jetait tout habillé dans la piscine… C’était sa façon à lui de donner le coup d’envoi des vacances ! » Ainsi Victor a-t-il été conquis, au point, aujourd’hui, de vouloir prendre la relève. Après avoir fait ses armes dans des courts-métrages, dont Cœurs sourds, d’Arnaud Khayadjanian, il sera, début 2019, à l’affiche de la comédie All Inclusive, de Fabien Onteniente, aux côtés de Franck Dubosc et de Thierry Lhermitte. « J’aime tous les registres et j’aime tout jouer : de la comédie aux drames, des films d’auteur aux plus populaires. »

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Avec sa gueule d’ange et son charisme, Victor n’est pas sans rappeler son grand-père, qui reste pour le jeune homme un modèle irremplaçable, inégalable : « Il est venu me voir sur scène lorsque j’étais à l’école de cinéma. Il m’a félicité et m’a dit d’aller au bout de mon rêve. C’était important, pour moi, d’avoir son avis. Je sais qu’il est juste et sincère. » À 19 ans, le petit dernier, Giacomo, se verrait plutôt derrière la caméra. Comme Paul, son père, qui, après une carrière de pilote automobile, s’est lancé dans la réalisation de documentaires. Le premier était consacré à Jean-Paul ; le deuxième, à son autre passion : le sport automobile et, plus précisément, le rallye des Gazelles. « En ce moment, j’en écris un sur le vélo. Il ne me reste plus qu’à trouver le financement. Le sport me passionne, il y a toujours des histoires humaines à raconter. » Le cinéma, la cuisine et le sport… c’est tout l’ADN Belmondo.

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