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Prisonnier de guerre et républicain au franc-parler, John McCain est mort

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John McCain, en 2010. | © EPA/JIM LO SCALZO

People et royauté

Candidat à la Maison Blanche à deux reprises, le sénateur conservateur John McCain était une grande figure de la politique américaine. Il est décédé à l’âge de 81 ans.

Pilote torturé pendant la guerre du Vietnam, candidat à la Maison Blanche et figure non-conformiste de la politique américaine, le sénateur conservateur John McCain a succombé à son cancer du cerveau samedi. Il est mort dans sa maison en Arizona à l’âge de 81 ans, après avoir annoncé vendredi sa décision de mettre fin à son traitement.

Le vétéran de la guerre au Vietnam a été combatif jusqu’à son dernier souffle, n’hésitait pas à aller à rebours de son parti pour critiquer l’actuel président américain Donald Trump. Le bureau du sénateur républicain a annoncé samedi soir qu’il était décédé dans l’après-midi, entouré de son épouse, Cindy, et de sa famille. « À sa mort, il avait servi fidèlement les Etats-Unis d’Amérique pendant soixante ans », a déclaré le bureau dans un communiqué.

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Prisonnier de guerre

Né le 26 août 1936, ce fils et petit-fils d’amiraux de l’US Navy a été bercé par la tradition militaire durant toute son enfance. Pilote de formation, John McCain s’engagea dans la guerre du Vietnam où il fut blessé en 1967 et emprisonné pendant plus de cinq ans. Détenu dans des conditions horribles, il fut torturé par ses geôliers et décoré, à son retour aux Etats-Unis, par le président Nixon.

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John McCain reçoit des soins pour ses blessures en 1967 à l’hôpital d’Hanoi, au Vietnam. © EPA PHOTO/AFP/VNA/-/na/rab/vg

En 1981, il quitte l’armée pour la politique. Après son retour aux États-Unis, en Arizona, il se fait élire à la Chambre des représentants, avant d’être élu sénateur en 1986, un siège qu’il a conservé depuis. Au cours de sa carrière politique, John McCain devient un farouche opposant à la torture, dénonçant la CIA pour ses pratiques d’interrogatoires « musclés » sous la présidence de George W. Bush, et n’hésite pas à prendre des décisions différentes, voire opposées, à son parti républicain, ce qui lui vaudra l’étiquette de non-conformiste.

Candidat malheureux à la Maison Blanche

Cet héro de la guerre du Vietnam a été le rival George W. Bush au sein du parti conservateur lors des primaires de l’élection présidentielle américaine en 2000, avant d’être investi par son parti comme candidat conservateur face au démocrate Barack Obama qui le battra aux scrutin de 2008. Il était ensuite resté au Sénat, sa deuxième maison depuis plus de trente ans.

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Un supporter de John McCain, en 2010, pour sa réélection au Sénat. © EPA/DARREN HAUCK

Jusqu’à la fin de son mandat, John McCain était aussi une des rares voix conservatrices à critiquer l’actuel président Donald Trump qu’il qualifiait de « mal informé » et « impulsif ». Une des dernières volontés du sénateur voulait que le milliardaire n’assiste pas à son enterrement. Le président américain a toutefois présenté ses condoléances à la famille du sénateur, adressant sur Twitter sa profonde sympathie et son respect aux proches du défunt.

John McCain n’avait pas démissionné du Sénat, mais il ne s’y était plus rendu depuis décembre 2017. Il restait néanmoins relativement actif politiquement en défiant notamment durant l’été 2017 Donald Trump en votant contre sa réforme du système de santé, allant à rebours de son camp conservateur. Un moment fort qui représente à tout jamais le franc-parler de cette grande figure de la politique américaine.

Avec Belga

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