Paris Match Belgique

Virginie Efira : « Les mauvaises critiques, on en guérit »

Virginie efira cannes le grand bain

Virginie Efira à Cannes en 2018 pour la présentation du film "'Le grand bain". | © Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM

People et royauté

Depuis la comédie indépendante « Victoria », il y a deux ans, la Belge, qui a obtenu la nationalité française, n’en finit pas de s’imposer comme l’une des plus grandes comédiennes du cinéma hexagonal. L’ex-jolie bimbo est bluffante dans « Un amour impossible » de Catherine Corsini, adapté du livre autobiographique de Christine Angot.

Paris Match. Vous avez longtemps évoqué votre complexe social de la petite Belge montée à Paris ou de l’animatrice télé qui rêve de cinéma.
Virginie Efira. Oui, ces sentiments reposent sur une confiance en soi altérée. Il y a des filles plus radicales qui disent : “Tu me parles comme ça, tu ne me revois plus !” Quelqu’un m’avait dit que je tendais très facilement l’oreille quand on me disait que j’étais médiocre. J’ai souffert de ce truc qui fait que, si quelqu’un te trouve valable, tu penses : “Il n’a rien compris, lui !” J’ai même ressenti ce genre de choses à mes débuts face aux critiques de cinéma. Quelqu’un disait un truc négatif et je pensais : “Merde, ça se voit.” Et puis je vous rassure : ça se guérit, ces choses-là. On change.

(…)

Lire aussi > Gilles Lellouche : « Les perdants, les vainqueurs, pour moi ça n’existe pas »

Vous incarnerez une religieuse lesbienne dans “Benedetta”, le prochain Paul Verhoeven, qui vous a confié le rôle-titre… Vous êtes enfin là où vous rêviez d’être ?
Oui, j’ai atteint un truc avec lui parce que j’admire complètement son travail, ses films néerlandais, ses américains, et le fait qu’il ait réussi à ne pas se faire aplatir par le cinéma américain… Quand on m’a dit qu’il écrivait pour moi, je ne l’ai pas cru. Ça va être un chef-d’œuvre absolu ! Je me suis quand même demandé comment il avait pensé à moi pour jouer cette nonne complètement dingue ! J’en ai d’ailleurs parlé avec une actrice du film en lui disant : “Toi, je comprends, tu ressembles vraiment au personnage” et elle m’a répondu “Mais toi aussi ! Tu as l’air folle !”

(…)

Vous avez souvent défendu un modèle de couple indépendant et libre avec le père de votre fille. Vous-même avez été élevée dans ce schéma avec une mère qui n’a pas eu peur de refaire sa vie… Ça peut marcher, un couple non cohabitant ? ou bien c’est l’antichambre de la séparation ?
[Elle explose de rire.] Oh, je n’en sais rien ! Est-ce qu’on peut avoir un petit mode d’emploi de comment vivre un rapport qui ferait en sorte que le quotidien ne plombe pas l’affaire ? Que le désir soit toujours là ? Est-ce qu’il n’y a pas aussi l’idée d’accepter que tout va à la rupture, de toute façon ? [Elle rit.] En tout cas, penser qu’un couple qui ne vit pas ensemble serait le mode d’emploi génial qui permettrait d’éviter les problèmes est complètement faux. Ça n’existe pas. Ce qui est intéressant dans l’idée de la non-cohabitation, c’est la possibilité d’inventer ses propres règles avec l’autre. Je l’ai vécu, en effet, mais je me rends compte que je ne sais pas. C’est illusoire de penser que, de cette façon, on ne va partager que les bons moments…

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le prochain numéro de Paris Match, disponible en librairie dès ce jeudi.

Mots-clés:
Virginie Efira
CIM Internet