Serena Williams Ă©lue « femme » de l’annĂ©e entre guillemets (et la toile s’emballe)

Serena Williams Ă©lue « femme » de l’annĂ©e entre guillemets (et la toile s’emballe)

Serena Williams GQ

Capture d'Ă©cran. | © Twitter

People et royauté

La derniĂšre couverture du magazine GQ, qui met Ă  l’honneur la tenniswoman Serena Williams, fait polĂ©mique sur les rĂ©seaux.

 

Pour la deuxiĂšme annĂ©e consĂ©cutive, le magazine de mode masculin GQ dĂ©die sa couverture Ă  une personnalitĂ© fĂ©minine. L’an dernier, sous les lettres « G » et « Q » apparaissait l’actrice israĂ©lienne Gal Gadot, rĂ©vĂ©lĂ©e pour son rĂŽle dans Wonder Woman et placĂ©e en tĂȘte du classement des « filles qui ont fait l’annĂ©e 2017 ». Un an plus tard, aux cĂŽtĂ©s des acteurs Michael B. Jordan, Jonah Hill et Henry Golding Ă©lus « Men of the Year », c’est la reine du tennis mondial qui est mise Ă  l’honneur.

VĂȘtue d’une tenue noire, Serena Williams offre au mensuel amĂ©ricain une cover qui en impose, mais dont la mise en page ne fait pas l’unanimitĂ©. En raturant la mention « hommes de l’annĂ©e » pour la remplacer par le mot « femme », la rĂ©daction de GQ s’est attirĂ©e les foudres des fans de l’ancienne numĂ©ro un mondiale. Depuis quelques heures, certains s’interrogent sur le choix Ă©ditorial des guillemets autour du mot « Woman ».


Traduction : Ok, mais pourquoi « femme » est entre guillemets ?


Traduction : Hey GQ, c’est quoi ce bordel ? Pourquoi « femme » et pas FEMME ?.. SĂ©rieusement ?!

« Femme » de l’annĂ©e

« Serena Williams est la championne de l’annĂ©e », Ă©crit le magazine amĂ©ricain pour annoncer son classement des personnalitĂ©s qui ont fait 2018. Maman depuis un an, finaliste de l’US Open en septembre dernier, figure de lutte contre le racisme et le conformisme, fĂ©ministe dans l’Ăąme… Qu’on le veuille ou non et malgrĂ© les nombreuses polĂ©miques, Serena Williams mĂ©rite plus que jamais son titre de « Femme de l’annĂ©e ».

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Face au choix graphique du magazine, des centaines d’internautes ont froncĂ© les sourcils en dĂ©couvrant la cover censĂ©e lui rendre hommage. Depuis, le dĂ©bat fait rage sur ces « guillemets mal placĂ©s », certains dĂ©nonçant la « diffĂ©rence flagrante de traitement » entre la cover de Serena Williams et celle de Gal Gadot. Le tout, sans remarquer le discret astĂ©risque pourtant soigneusement placĂ© aprĂšs la mention qui dĂ©range.

Patte artistique

Les guillemets ainsi que la mention manuscrite « Woman » seraient en rĂ©alitĂ© la signature de Virgil Abloh, directeur artistique chez Louis Vuitton et bras droit de Kanye West, qui a conçu le cĂ©lĂšbre tutu noir portĂ© par Serena Williams sur le court de l’US Open en septembre dernier. Comme l’ont fait remarquer plusieurs internautes sur Twitter, l’artiste signe rĂ©guliĂšrement ses conceptions avec des guillemets, comme pour la collection « Queen » qu’il a imaginĂ© avec Nike pour rendre hommage Ă  la star de la petite balle jaune.


Traduction : « WOMAN » a Ă©tĂ© Ă©crit par Virgil Abloh, le crĂ©ateur de la tenue US Open de Serena. Les guillemets c’est « son truc », mais tout de mĂȘme…


Traduction : C’est le style de Virgil Abloh. Vous devriez faire un peu plus de recherches avant de poster des commentaires nĂ©gligemment.


Traduction : Voici l’un des Ă©lĂ©ments de recherche que vous auriez dĂ» trouver.

Une athlÚte « pas assez féminine »

Si le lien entre les guillemets et la patte artistique de Virgil Abloh semble Ă©vident pour beaucoup, il l’est moins pour ceux qui voient dans la couverture de GQ une offense envers la star de tennis souvent critiquĂ©e sur son physique jugĂ© masculin. Plusieurs fans se souviennent en effet d’une Ă©poque (pas si rĂ©volue) oĂč Serena Williams Ă©tait considĂ©rĂ©e comme « pas assez fĂ©minine », notamment aux yeux de la presse et des amateurs de tennis. « C’est vraiment rebutant, surtout pour une athlĂšte qui a Ă©tĂ© critiquĂ©e pour ne pas ĂȘtre une ‘femme’ ou pas ‘une vraie femme’ dans tous les sens racistes et problĂ©matiques possibles », s’est indignĂ© l’un d’entre eux.

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Souvent comparĂ©e Ă  un « homme », voire Ă  un « gorille », l’athlĂšte de 37 ans s’Ă©tait dĂ©jĂ  confiĂ©e sur les nombreuses critiques qu’elle essuyait sur sa forte corpulence : « On m’a dit que je n’appartenais pas au sport fĂ©minin – mais au masculin – parce que j’Ă©tais physiquement plus forte que les autres athlĂštes », Ă©crivait-elle dans une lettre ouverte adressĂ©e Ă  sa mĂšre et publiĂ©e sur Reddit. « Les gens peuvent penser que je suis nĂ©e garçon, tout ça Ă  cause de mes bras ou parce que je suis forte », racontait-elle encore au Harper’s Bazaar en mai dernier. « Je suis juste diffĂ©rente de VĂ©nus : elle Ă©tait mince, grande et belle. Moi je suis forte et musclĂ©e… et belle aussi ! Mais, vous savez, c’Ă©tait totalement diffĂ©rent. » Quant Ă  la couverture qui continue de faire polĂ©mique, ni la rĂ©daction de GQ ni la jeune maman n’ont pour l’heure fait de commentaire.

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