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Le jour où Elizabeth II a versé sa première larme en public

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Elizabeth II, le 7 novembre 2018. | © Heathcliff O'Malley / POOL / AFP

People et royauté

D’ordinaire, la reine Elizabeth II ne laisse rien paraître de ses sentiments. Sauf, le 11 décembre 1997 à Portsmouth.

D’après un article Paris Match France par Dominique Bonnet

« Never complain, never explain ». « Ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer ». Remontant au temps de sa lointaine aïeule, la reine Victoria, cette devise est d’ordinaire strictement appliquée par l’actuelle souveraine britannique. Tout au long de son règne, la reine Elizabeth II a pris soin de ne rien laisser transparaître de ses sentiments. Cependant, une fois, l’émotion était trop forte pour qu’elle puisse tout maîtriser. Cela se passait le 11 décembre 1997 à Portsmouth.

Ce jour-là, son yacht royal, le Britannia, était désarmé sur ordre du gouvernement, en vue d’être transformé en un musée amarré dans l’avant-port d’Edimbourg. La somptueuse demeure flottante de la monarque coûtait trop cher au contribuable. « 60 millions de livres chaque année était un effort que rien ne justifiait », raconte Jean des Cars dans la biographie qu’il consacre à « Elizabeth II »*. L’historien explique que ce bateau, long de 127 mètres, avait une capacité hôtelière de 200 passagers et que son équipage comptait, en temps normal, une vingtaine d’officiers et 270 marins. « Immatriculé dans la Royal Navy, il pouvait être aménagé en navire hôpital en cas de guerre avec deux cents lits, soixante médecins et infirmiers », précise-t-il.

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Elizabeth avait baptisé ce navire 44 ans auparavant

« Construit en Écosse, il avait été baptisé par la reine le 16 mars 1953, trois mois avant son couronnement, et mis en service en janvier 1954 », rappelle Jean des Cars, ajoutant qu’Elizabeth et son époux, le prince Philip, avaient supervisé son aménagement intérieur et sa décoration. À son bord, la souveraine ou des membres de sa famille avaient effectué pas moins de 968 voyages officiels et accosté dans 300 ports aux quatre coins du monde. Et c’est également en embarquant sur ce yacht que la reine et les siens rejoignaient chaque été leur villégiature de Balmoral en Écosse.

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Évoquant cette journée, Jean des Cars souligne : « On verra ce que l’on pensait ne jamais voir dans aucune des circonstances tragiques vécues par Elizabeth II : une larme glisse sur sa joue. Le Britannia avait accompagné la reine presque depuis le début de son règne, elle l’accompagne le jour de son désarmement, l’un des moments les plus tristes de la vie de la souveraine. Elle salue cette élégante ambassade flottante qui l’a conduite si loin et si souvent ».

*«Elizabeth II. La Reine» par Jean des Cars (biographie illustrée), éditions Perrin, octobre 2018, 528 pages. En vente au tarif de 25 euros.

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