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Miss France, des photos exclusives de la beauté venue du lagon

miss france Vaimalama Chaves

À l'hôtel George V le 16 décembre, au lendemain de son élection sur TF1 devant 7,3 millions de téléspectateurs. | © Benjamin Decoin

People et royauté

La jeune Tahitienne diplômée en marketing veut profiter de son année de gloire pour promouvoir l’école dans les quartiers défavorisés.

D’après un article Paris Match France de Margaret Macdonald

« Sapristi ! » s’est-elle simplement exclamée quand son nom a été prononcé. Vaimalama Chaves, Miss Tahiti, était pourtant en tête des sondages depuis des semaines. Mais elle n’y croyait toujours pas, en grande fille toute simple qui débarque avec son ukulélé et des blagues type Carambar qui font rire le public et trembler les attachés de presse. « Une vraie gentille », selon Sylvie Tellier, la directrice générale du comité Miss France. En quelques semaines, elle avait envoûté les habitués les plus blasés. En quelques heures, son compte Instagram était passé de 30 000 followers à plus de 350 000. Mais elle ne joue pas les effarouchées : « L’idée de devenir une personne d’influence me plaît. Si je peux m’en servir pour inciter les jeunes à poursuivre leurs études, alors c’est encore mieux. » La bonne humeur n’empêche pas le sérieux.

miss france Vaimalama Chaves
Des yeux couleur lagon qui changent de nuance selon le moment de la journée. © Benjamin Decoin

Au lendemain de sa victoire, dans sa suite du George V, à Paris, Vaimalama Chaves est blottie dans un grand manteau. Elle ne s’est pas encore habituée au froid de la métropole. Dans le salon, sa famille attend pour l’embrasser. C’est sans doute la victoire dont elle est le plus fière. Quand cette cadette d’une fratrie de cinq enfants a annoncé qu’elle comptait participer à un concours de beauté, ça a été la douche froide : « Mon père est quelqu’un de très conservateur. Pour lui, je devais savoir entretenir une maison et faire à manger. C’est ma mère qui m’a toujours encouragée à rêver et m’a ouverte à la lecture. Miss Tahiti ne faisait pas partie des projets qu’elle avait pour moi… Mais, lorsque j’ai gagné, elle a vu que j’étais sérieuse et m’a soutenue. » Pour la suite de l’aventure qui devait la mener jusqu’au concours de Miss France, Vaimalama a mis les choses au clair : « Si vous venez, c’est cool. Si vous ne venez pas, ce n’est pas grave. Moi, j’ai un show à assurer à Lille. » Pas question de se laisser marcher sur les pieds. Finalement, ils ont été une cinquantaine à faire vingt-quatre heures d’avion pour aller la soutenir.

miss france Vaimalama Chaves
Ni le froid ni la grisaille n’entament l’optimisme de la belle Tahitienne. © Benjamin Decoin

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Vaimalama semblait peu destinée à être, un jour, élue la plus belle femme de France. Au collège, ses camarades de classe l’avaient surnommée « le monstre ». À 18 ans, elle pesait 80 kilos. Une alimentation contrôlée et pas mal de sport en ont englouti une bonne partie et, surtout, elle a appris à s’aimer et à s’assumer avec ses « différences ». « À un moment de ma vie, j’aurais pu avoir peur du regard des autres. Mais aujourd’hui je me trouve belle. Et c’est mon regard qui prime. Personne n’a le droit de me dire que je suis moche. Chacun ses goûts et ses préférences, j’accepte les divergences. Mais, en définitive, le seul avis qui compte, c’est le mien. » Et rien ni personne, pas même sa couronne, ne la fera changer.

Cette année, vous allez avoir une Miss France qui mange !

« Cette année, vous allez avoir une Miss France qui mange, et je ne fais pas une taille 36 non plus ! » avait annoncé Vaimalama avec un sourire malicieux lors de sa toute première conférence de presse. Lorsqu’elle parle de son histoire, elle rejette le terme de « revanche ». Au contraire, pour elle, ce sont ses formes qui l’ont aidée à conquérir le public. Sa détermination a fait le reste. Vaimalama Chaves n’est pas du genre à se laisser abattre. Elle avait tenté une première fois le concours Miss Tahiti en 2015, mais sa candidature avait été refusée. Le poids, encore… Alors, elle décide de faire un master en management, spécialité marketing. Elle, qui a souffert de harcèlement scolaire durant ses années de collège, se destine à être professeur au lycée. « Justement, si je suis prof, je pourrai être une référence autant pour les persécutés que pour les persécuteurs. » Elle sait que, dans les écoles de sa région, le taux de décrochage ne cesse d’augmenter. L’éducation est la seule manière d’aider la jeunesse. Parce que les opportunités professionnelles sont rares, elle travaille comme community manager dans une salle de musculation. Financièrement indépendante, elle n’a besoin de personne pour se présenter à nouveau et décrocher, cette fois, l’écharpe de Miss Tahiti.

J’adore chanter. Même si je chante faux, ça me plait…

Vaimalama Chaves, qui a fêté ses 24 ans le 3 décembre, n’a encore jamais quitté le cocon familial. C’est un boute-en-train qui ne se sépare jamais de son ukulélé, aime surfer et « faire la bringue », comme disent les Polynésiens. « J’adore chanter. Même si je chante faux, ça me plaît… Et puis, ça décomplexe les gens autour de moi ! Le samedi soir à Tahiti, on sortait les guitares et les djembés et on se réunissait pour chanter autour d’une bière et d’un barbecue. »

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Déjà coiffée de la tiare, elle continue à croiser les doigts pour conjurer le mauvais sort. © Benjamin Decoin

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Si vivre loin de son île natale pendant un an lui fait peur, elle le cache bien. En cas de cafard, elle pourra toujours trouver refuge chez son grand frère, à Paris lui aussi. De toute manière, Vaimalama n’est pas de nature stressée et sait savourer l’instant présent. « Même quand j’étais petite, je me contentais de jouer avec mes poupées et mes chiens, sans me soucier de ce que j’allais devenir. » Un immense sourire, des yeux à tomber et une sérénité à toute épreuve. « Quand je suis très énervée, je dis ‘saperlipopette’, c’est un mot tellement long qu’il me donne le temps de retrouver mon calme. » Samedi 15 décembre, au Zénith de Lille, chacune de ses apparitions provoquait des tonnerres d’applaudissements. Mêmes les candidates déjà éliminées criaient son nom depuis les coulisses : ce n’était pas Vaimalama mais « Doudou », un rêve venu de Tahiti.

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