MacKenzie Bezos : demain, la femme la plus riche du monde

MacKenzie Bezos : demain, la femme la plus riche du monde

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Jeff Bezos et Gattin MacKenzie Bezos à la Vanity Fair Oscar Party en 2018. | © IMAGO

People et royauté

Avec son mari, MacKenzie a fondé Amazon. Jeff Bezos va payer très cher son infidélité.  

D’après un article de Paris Match France de Olivier O’Mahony

Il a beau être en permanence entouré de gardes du corps, il ne s’est pas rendu compte qu’il était poursuivi. En arrivant à la soirée des Golden Globes, le dimanche 6 janvier, Jeff Bezos est encore le roi du monde. Patron d’Amazon, il est en effet, depuis l’an dernier, l’homme le plus riche de la planète, avec 137 milliards de dollars… Son épouse MacKenzie est absente, mais personne ne s’en étonne : elle n’aime pas les mondanités. Un témoin le trouve « particulièrement de bonne humeur », sans savoir exactement pourquoi. Une blague par ci, un clin d’œil par là… « On aurait dit un autre homme », poursuit notre interlocuteur, qui a travaillé avec lui.

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Le lendemain, changement de décor : Bezos reçoit un message du National Enquirer, le plus trash des tabloïds américains. Le journal l’informe qu’il est sur le point de révéler sa relation avec Lauren Sanchez, une ancienne présentatrice de télévision, qui se trouvait la veille aux Globes accompagnée de son mari. Avec, à la clé, des SMS compromettants… Et, surtout, une photo où le milliardaire s’exhibe en tenue d’Adam. Scandale garanti. Alors, Bezos a recours au vieil adage : « Quand les faits vous dépassent, feignons d’en être les organisateurs. » Sur son compte Twitter, il officialise, mercredi 9 janvier, la veille de la parution de l’Enquirer, ce qui est assuré d’être le divorce le plus cher de tous les temps.

Jusqu’à présent, il passait pour un « family man » à qui tout réussit, en famille comme sur le plan professionnel. Jeff Bezos rencontre sa future épouse il y a vingt-cinq ans, à New York, dans les bureaux feutrés d’une banque d’affaires, la D.E. Shaw, dont il est alors « senior vice president ». La boîte est spécialisée dans le financement de start-up Internet, secteur qui émerge alors. Elle embauche à tour de bras, et c’est ainsi que Bezos, un jour, découvre sur son bureau le CV d’une certaine MacKenzie Tuttle, diplômée comme lui de la prestigieuse université Princeton. Il est ingénieur, elle est littéraire, peu importe : rendez-vous est pris, la voilà embauchée. Il a 30 ans, elle en a 23.

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Il se trouve moche depuis toujours, mais il a de l’énergie à revendre et un cerveau ultra-rationnel. Il sélectionne ses conquêtes féminines comme les financiers leurs investissements : en fonction d’une grille de paramètres bien définis, avec des seuils à ne pas dépasser. La beauté physique n’est pas sa priorité. Il veut une épouse « pleine de ressource », capable de le « faire sortir d’une prison du tiers-monde », confiera-t-il plus tard. MacKenzie, qui occupe le bureau voisin du sien, fait justement le premier pas en l’entendant rire. Jeff Bezos rit beaucoup et très fort : on trouve sur YouTube une compilation de ses barrissements, devenus célèbres. Elle lui propose un déjeuner. L’alchimie fonctionne entre la cérébrale et l’extraverti. Six mois plus tard, ils sont mariés.

Il veut une épouse « pleine de ressource », capable de le « faire sortir d’une prison du tiers-monde », confie Jeff Bezos.

MacKenzie est fascinée par cet époux génial et mégalo qui s’est lancé dans le business parce qu’il a compris, très jeune, qu’il n’arriverait pas à décrocher le prix Nobel. Enfant, il a inventé une Cocotte-Minute solaire qui, de son propre aveu, ne fonctionnait pas très bien. Le couple s’installe dans un appartement de l’Upper West Side à New York, mais le confort bourgeois n’est pas le style de Jeff Bezos. Il veut tenter l’aventure de l’Internet, la nouvelle ruée vers l’or. Ça l’obsède. « Je ne veux pas avoir de regrets à l’âge de 80 ans », dit-il alors… Depuis toujours, Bezos rêve de faire fortune, pas pour mener une vie de pacha mais pour avoir les moyens de financer le projet d’après. Au début des années 1990, il comprend avant tout le monde que l’e-commerce va exploser, notamment dans le secteur des livres. Il veut créer une librairie en ligne. Le projet est risqué et Jeff le sait. Il emprunte 100 000 dollars à ses parents, en les prévenant qu’il y a 70 % de risques qu’ils perdent leur mise. « Je préfère vous avertir, car je veux encore être invité à Thanksgiving l’année prochaine », leur lâche-t-il alors…

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Subjuguée par la passion que son mari met à l’ouvrage, MacKenzie trouve l’idée formidable. Les bouquins, ça lui parle car, précisément, elle veut écrire des romans, une activité qu’elle peut exercer n’importe où. Ensemble, ils quittent New York et mettent le cap sur Seattle, une destination choisie par Jeff pour des raisons essentiellement fiscales. Selon la légende, ils prennent la route. C’est elle qui conduit la Chevrolet. Lui fait et refait les business plans à côté d’elle, sur le siège passager.

MacKenzie tient à garder les pieds sur terre. Il n’y a pas d’armée de nounous à la maison pour élever les quatre enfants.

Le couple s’installe dans un modeste deux-pièces, embauche un technicien. Elle est la comptable, ce qui lui sera peut-être utile au moment de la finalisation du divorce. Elle l’aide à trouver le nom de la société, choisi entre autres parce qu’il commence par la première lettre de l’alphabet. Amazon naît dans leur garage, le 5 juillet 1994. Cinq ans plus tard, la boîte perd 500 millions de dollars par an, mais Jeff est nommé « homme de l’année » par le Time Magazine, qui voit en lui – à juste titre – un visionnaire. Le couple déménage dans une maison à 10 millions de dollars, pas très loin de chez Bill et Melinda Gates, qu’ils viennent de rejoindre dans le classement des grandes fortunes publié par Forbes.

Lauren sanchez
Hubert Boesl Lauren Sanchez et son agent en 2011. 

MacKenzie tient à garder les pieds sur terre. Il n’y a pas d’armée de nounous à la maison pour élever les quatre enfants : elle les conduit à l’école dans un minivan Honda, la voiture classe moyenne par excellence. Epouse loyale, elle monte au créneau pour défendre son mari quand il est accusé de vouloir créer un monopole et tuer des milliers de petits libraires indépendants. Mais elle veut surtout exister par ses livres, qu’elle écrit dans un petit deux-pièces loué, pour être au calme. « Jeff, dit-elle en 2012, est mon premier et meilleur lecteur. Il prend le temps d’annoter le manuscrit de ses commentaires, de souligner ce qui l’a fait rire ou pleurer. J’ai l’impression d’avoir gagné au loto. » Son deuxième et dernier roman, Traps (« Pièges »), raconte l’histoire d’une star du cinéma dupée par son propre père qui vend sa vie privée aux paparazzis… Un récit quelque peu prémonitoire.

Bezos est le 25e propriétaire foncier des Etats-Unis, ce qui, pour un seul homme, est du jamais-vu.

Lauren Sanchez n’avait pas, a priori, le profil pour devenir la femme par qui le scandale est arrivé. Ce serait elle qui, très imprudemment, aurait transmis les clichés compromettants à un membre de son entourage, lequel les aurait montrés à l’Enquirer. D’origine mexicaine et de condition modeste, mère de trois enfants, elle a rencontré Jeff et MacKenzie Bezos par son mari, Patrick Whitesell, qui gère WME, l’une des plus grosses agences artistiques de Hollywood, où Amazon est désormais un interlocuteur incontournable. Passionnée d’hélicoptères, Lauren dirige une boîte de production de vidéos aériennes. Jeff Bezos l’embauche pour réaliser des films publicitaires pour Blue Origin, la société aéronautique qu’il a créée afin de réaliser un autre de ses rêves : conquérir l’espace. Piquante et déterminée, Lauren est certainement « pleine de ressource »… mais également l’opposée de la très raisonnable MacKenzie. Cela n’est pas pour déplaire à Jeff Bezos qui, à 55 ans, a bien changé depuis ses débuts. Ce n’est plus le geek froid et rationnel d’autrefois, mais une star « fascinée par le strass et les paillettes hollywoodiennes », selon un proche.

MacKenzie Bezos
CARSTENSEN / dpa / AFP Les Bozos ensemble en 2018.

Bezos, qui a étendu son empire bien au-delà de la distribution de livres, vit désormais comme un nabab. Il ne circule plus qu’en jet privé – un Gulfstream G650-ER – et est saisi d’une fringale immobilière, de Beverly Hills à Manhattan. On dit qu’il est le 25e propriétaire foncier des Etats-Unis, ce qui, pour un seul homme, est du jamais-vu. En 2013, à la surprise générale, il s’offre le Washington Post sur ses deniers personnels, pour 250 millions de dollars. On le savait curieux de tout, mais personne ne s’était imaginé qu’il se piquerait de politique. Dans la foulée, il achète un palais dans la capitale, pour 23 millions de dollars, puis dépense 12 millions supplémentaires en travaux de rénovation qui devraient s’achever dans les prochaines semaines. La demeure, qui était autrefois un musée, aura la taille de la résidence présidentielle à la Maison-Blanche (plus de 2 000 mètres carrés).

Seule certitude : Bezos ne se cachait pas.

Aujourd’hui, Bezos passerait presque pour le président « bis » des Etats-Unis. Malmené par le Washington Post, Donald Trump l’a bien compris. Il a affublé Bezos d’un surnom de son cru : « Jeff Bozo », autrement dit Jeff le clown. Il ne s’est pas privé de commenter à sa façon ses déboires conjugaux. « Je lui souhaite bonne chance. Il va y avoir du grabuge », a-t-il lâché la semaine dernière. Trump, dont les deux divorces firent les gros titres des tabloïds, sait de quoi il parle. A tel point que, à Washington, les initiés se demandent s’il n’est pas à l’origine de l’enquête du National Enquirer, dont l’éditeur, David Pecker, est une vieille connaissance… Seule certitude : Bezos ne se cachait pas.

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Depuis des mois, il filait le parfait amour avec sa belle. Au Felix, un restaurant en vue de Venice, en Californie, il a été aperçu en train de se comporter « comme un ado ». Les enquêteurs du National Enquirer se sont lancés à ses trousses, voilà quatre mois, en toute discrétion. Nom de code de leur enquête : « Projet Alexa ». Un clin d’œil au petit appareil ménager d’Amazon, capable de commander et d’effectuer n’importe quoi en ligne, mais aussi de tout enregistrer, y compris les données privées… Comme des millions d’internautes, Jeff Bezos s’est fait piéger. Mais « à l’ancienne ». Car, dans ce monde de l’hypertechnologie, on n’est pas à l’abri d’un coup de foudre.

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Amazon divorce Jeff Bezos
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