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Kate, Letizia, Maxima, Charlène… Le tour d’Europe des reines modernes

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Kate Middleton en Écosse, le 29 janvier 2019. | © Ian Rutherford / POOL / AFP)

People et royauté

En Europe, elles donnent un sacré coup de jeune aux monarchies. Et rivalisent de charme et d’audace. Fini, les poses protocolaires et guindées. Place aux images de sportives parfois casse-cou.

D’après un article Paris Match France de Aurélie Raya

 

Les calèches ne roulent plus, les parures de diamants dorment au coffre, on embauche vaguement une nourrice pour les héritiers que l’on se doit d’élever… Les privilèges de la monarchie fondent tel un glaçon dans un verre de brandy. Roturières et infiltrées par amour au sein des vieilles cours d’Europe, Letizia d’Espagne, la duchesse de Cambridge, Maxima des Pays-Bas, Mary de Danemark ou encore Charlène de Monaco tentent de rendre « normal » l’exceptionnel. Pour que l’institution perdure.

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En Angleterre, Kate Middleton a été plusieurs fois aperçue poussant un chariot de courses de ses mains non gantées, en jean, davantage princesse H&M que princesse Chanel. On parle alors d’un coup de fraîcheur, de proximité populaire, d’humilité, d’exemplarité. William et la mère de ses trois enfants prennent souvent le train pour se rendre dans leur maison de campagne du Norfolk, offerte par la reine, certes, mais si modeste en comparaison des demeures alentour, propriétés de quelques nouveaux riches. Oui, les Cambridge s’envolent à Moustique l’hiver, mais sur British Airways !

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La duchesse de Cambridge, Kate Middleton, à Londres le 31 octobre 2018. © Tolga AKMEN / AFP

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L’un des rôles d’une famille royale est d’offrir à ses sujets un comportement irréprochable et inspirant. Letizia d’Espagne, l’ancienne journaliste, réussit un sans-faute au palais de la Zarzuela. Elle et Felipe ont balayé les nuages noirs de la fin de règne de Juan Carlos. Jamais elle ne tolérerait que son époux aille chasser de beaux éléphants au Botswana, ni n’entourloupe le fisc. Letizia contribue à relancer la machine Bourbons en distillant l’image d’une mère protectrice, sensible et ferme, qui ne se laisse par écraser par sa belle-mère. Calme et sereine.

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Le roi d’Espagne et son épouse, la reine Letizia, le 10 janvier 2019 à Madrid. © Archie Andrews/ABACAPRESS.COM

83 % des Danois, interrogés en 2014, se prononçaient en faveur de la monarchie

Triomphe des valeurs de la classe moyenne : l’amour, la fidélité, le bonheur. Cela dit, si ces messieurs du gotha s’ébrouaient auprès de maîtresses et de favorites, notre époque de transparence les démasquerait aussi sec, les bougres. L’inaccessible ne fait plus recette, épouser son cousin passerait pour une hérésie. Un descendant de l’illustre Victoria convole avec une publicitaire née en Tasmanie sans qu’elle ne soit traitée de diablesse. Cette Mary de Danemark défend de nombreuses causes féministes, pose avec ses quatre enfants en tenue décontractée, se passionne pour la mode équitable, balaie les rumeurs de brouilles maritales d’un sourire franc. Il n’y a rien de pourri au royaume de Danemark, puisque 83 % des Danois, interrogés en 2014, se prononçaient en faveur de la monarchie, qui doit les aider à supporter les rudes hivers et des taux d’imposition record. Ne pas rouler sur l’or, en apparence, feindre une existence tranquille, ne plus se soucier de la qualité des ancêtres, posséder un compte Instagram, est-ce la garantie pour durer ?

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La reine Maxima, le 31 janvier 2019. © Albert Ph van der Werf / Netherlands OUT / Point de Vue OUT |

Lorsque Maxima des Pays-Bas pédale sur une bicyclette, symbole de son pays d’adoption, on est tenté de croire à cette simplicité. La blonde Argentine, fille d’un ministre du sanglant général Videla, incarne incroyablement la fonction avec son sourire imparable, ses robes colorées de créateurs locaux… L’ex-banquière de la Deutsche Bank éclipse son falot mari, le roi Willem-Alexander, que l’écrivain Jeroen Brouwers moquait ainsi : « Il a la profondeur d’une planche de surf, le cerveau d’un poisson et le rayonnement d’une laitue. »

L’Europe n’aime plus les potiches d’ancien régime

Au début, la greffe n’avait pas pris, les Néerlandais la jugeant trop spontanée, trop chaleureuse ; et puis l’avocate générale du secrétaire des Nations unies pour la finance inclusive a convaincu jusqu’à la réticente reine Beatrix, qui a abdiqué en faveur de son fils en 2013. 

Charlène de Monaco, née Wittstock en Afrique du Sud, ex-nageuse professionnelle, a éprouvé quelques difficultés au démarrage. Caser ses ailes dans une cage dorée ne fut pas simple. Mais elle a compris. Si la Principauté lui apparaît trop étriquée, elle s’éloigne en Corse, sans négliger de remplir sa fonction : poser sur le balcon, entourée des héritiers du trône.

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Charlene de Monaco, au côté de son époux, le prince Albert II. © ERIC GAILLARD / POOL / AFP

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En période de populisme débridé, pour éviter la guillotine, la monarchie maquille ses atouts et valorise des femmes de tous horizons. L’Europe n’aime plus les potiches d’ancien régime. Etre une princesse moderne, c’est simple. Il suffit de concilier les contraires : avoir de la personnalité sans déborder du cadre, de l’aplomb au profit de l’institution, écouter avec sérieux… en s’éventant.

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