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« J’ai ressenti une haine absolue » : Alain Finkielkraut témoigne après les insultes antisémites de gilets jaunes

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Alain Finkielkraut, en 2016. | © Eric FEFERBERG / AFP

People et royauté

Après la diffusion d’une vidéo montrant les insultes proférées à l’encontre d’Alain Finkielkraut qui a suscité l’indignation, le philosophe réagit.

« Barre toi, sale sioniste de merde », « grosse merde sioniste », « nous sommes le peuple », « la France elle est à nous », criaient samedi des manifestants qui défilaient à Paris en apercevant Alain Finkielkraut, d’après une vidéo diffusée par Yahoo! Actualités. Sur une seconde vidéo tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l’ordre s’interposer pour protéger le philosophe.

« J’ai ressenti une haine absolue, et malheureusement, ce n’est pas la première fois », a réagi l’académicien auprès du Journal du dimanche quelques heures après les attaques verbales. « J’aurais eu peur s’il n’y avait pas eu les forces de l’ordre, heureusement qu’ils étaient là », a-t-il raconté. Alain Finkielkraut a également souligné que tous les « gilets jaunes » présents ne s’étaient pas montrés agressifs envers lui. L’un d’entre eux lui a même proposé de revêtir un gilet et de rejoindre le cortège, un autre a salué son travail, précise le journal français.

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Soutien du président français

Ces propos à caractère antisémite ont déclenché une vague d’indignation au sein de la classe politique française, jusqu’au chef de l’État. « Fils d’émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n’est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun », a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter, ajoutant que « les injures antisémites dont il a fait l’objet sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation. Nous ne les tolèrerons pas ».

Le parquet de Paris a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête sur les injures antisémites adressées à l’intellectuel français. Cette enquête préliminaire a été ouverte pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, par parole, écrit, image ou moyen de communication électronique », a précisé le parquet. Alain Finkielkraut a affirmé de son côté dimanche sur la chaîne LCI qu’il n’avait pas l’intention de porter plainte. Il a estimé qu’il n’était « ni une victime, ni un héros », même s’il juge que certains de ceux qui l’ont injurié étaient prêts à le frapper.

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« Ça devient grotesque »

Se présentant comme « un défenseur exalté de l’identité nationale », Alain Finkielkraut, l’un des polémistes les plus médiatiques de France, est issu de la gauche mais taxé de « néo-réac » par ses détracteurs.

Le philosophe a d’abord accueilli avec bienveillance le mouvement des « gilets jaunes », avant de critiquer ce qu’il est devenu. « Je ne soutiens plus les manifestations, ça devient grotesque, c’est un mouvement qui ne sait plus s’arrêter. Mais il y a eu un sursaut de dignité chez des gens qu’on avait oubliés et même méprisés (…) et qui réclamaient de vivre dignement de leur travail », a-t-il estimé dimanche.

Avec Belga

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