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Emmanuelle Seigner accuse Quentin Tarantino de « piétiner » la vie de son mari, Roman Polanski

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Le couple Seigner-Polanski, à Cannes en 2017. | © LE PARISIEN / Frédéric Dugit.

People et royauté

Dans une publication Instagram particulièrement acerbe, la femme du réalisateur franco-polonais s’attaque frontalement à Quentin Tarantino et critique ouvertement son dernier film, Once Upon a Time… in Hollywood. En cause : l’assassinat de Sharon Tate, l’ex femme de Roman Polanski et sujet central du long-métrage.

S’il y avait bien un événement à ne pas manquer sur la Croisette cette semaine, mélangeant glamour et grandeur du cinéma, c’était sans aucun doute la présentation du dernier-né de Quentin Tarantino Once Upon a Time… in Hollywwod. Le film qui rassemble un trio de choc [Margot Robbie, Leo DiCaprio et Brad Pitt] s’est offert une montée des marches qui a fait le tour du globe et, surtout, a séduit les critiques, récoltant à la sortie de sa projection cannoise un score de 94% sur Rotten Tomatoes. Un consensus presque atteint mais quelques critiques ont pointé le bout de leur nez. Une journaliste du New York Times en a pris pour son grade et, en première ligne, Emmanuelle Seigner, la femme du réalisateur Roman Polanski, a tiré à boulets rouges sur Quentin Tarantino.

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Elle dénonce « le système qui piétine Roman »

En compétition pour la palme d’or, le nouveau film de Quentin Tarantino traite du Hollywood des années 1960 et prend pour toile de fond le meurtre de Sharon Tate, l’ancienne femme de Roman Polanski. Alors enceinte de huit mois, l’actrice américaine avait sauvagement été poignardée de seize coups de couteau en 1969 par des membres de la secte du gourou Charles Manson.

Mais visiblement, l’affaire Sharon Tate revisitée à la sauce Tarantino n’est pas au goût d’Emmanuelle Seigner. Soutien sans faille du réalisateur de 85 ans, sa femme a publié sur son compte Instagram un cliché de Roman Polanski et Sharon Tate, accompagné d’une légende qui ne laisse place à aucune ambiguïté. « Comment peut-on se servir de la vie tragique de quelqu’un tout en le piétinant … À méditer », tacle-t-elle. Avant de préciser ensuite dénoncer « le système qui piétine Roman ». Au milieu des commentaires évoquant le film de Quentin Tarantino, son père Jean-Louis Seigner a commenté d’un « Tu as raison. L’hypocrisie ça suffit » et sa sœur Marie-Amélie d’un « Bravo ! Quelle honte »


Lors de la conférence de presse du film, mercredi, un journaliste a demandé à Tarantino s’il avait prévenu Roman Polanski de ce qu’il comptait faire avec ce film. « Non », a répondu le cinéaste, lapidaire. Avant d’ajouter : « Je suis fan du travail de Roman Polanski. Et en particulier de ‘Rosemary’s Baby’ ». Face à quelques journalistes, Quentin Tarantino avait ensuite déclaré que son film visait à « venger » le meurtre de Sharon Tate. Il a vanté l’« aura » et la « présence » de l’actrice, assurant aussi que son couple avec Roman Polanski représentait « la quintessence d’Hollywood ».

Le rétropédalage de Tarantino

En accusant Tarantino ou « le système » de « piétiner » Polanski, on ne sait pas si Emmanuelle Seigner fait référence au film lui-même ou à d’anciens propos du réalisateur. Au moment du tournage de Once Upon a Time… in Hollywood, une interview de Quentin Tarantino datant de 2003 avait été exhumée. À propos des relations sexuelles reconnues par Roman Polanski avec Samantha Geimer, alors que celle-ci n’avait que 13 ans, le réalisateur de Pulp fiction assurait : « Polanski n’a pas violé une fille de 13 ans, c’était une atteinte sexuelle sur mineure… Elle (Samantha Geimer) le voulait. »

Tarantino s’était alors excusé sur le média TheWrap : « Je souhaite m’excuser publiquement auprès de Samantha Geimer pour mes remarques indécentes […] Mme Geimer A ÉTÉ violée par Roman Polanski. Je me suis incorrectement fait l’avocat du diable dans ce débat par provocation. »

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Le 8 juillet dernier, Emmanuelle Seigner avait déjà défendu son mari. Dans une lettre ouverte, elle avait dénoncé « l’insupportable hypocrisie » de l’Académie des Oscars, qui lui proposait de rejoindre ses rangs après avoir radié Roman Polanski quelques mois plus tôt dans la foulée de l’affaire Weinstein.

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