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Rihanna tacle Trump après les fusillades d’El Paso et de Dayton

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Donald Trump, le 4 août 2019. | © Alastair Pike / AFP

People et royauté

Accusé d’alimenter le « terrorisme nationaliste blanc » par les démocrates, le président américain Donald Trump a imputé les deux fusillades de masse qui ont eu lieu ce week-end à un problème de « maladie mentale ».

El Paso au Texas, puis Dayton dans l’Ohio. Deux fusillades en moins de 24 heures ont fait 29 morts aux États-Unis. Deux événements qui bouleversent le pays. À El Paso, il était environ 10h40 samedi matin lorsqu’un homme blanc âgé de 21 ans, a ouvert le feu dans les rayons et sur le parking d’un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, tuant 20 personnes et faisant une vingtaine de blessés. Le suspect a été arrêté et inculpé pour meurtre. Il encourt la peine de mort. Treize heures plus tard, à Dayton, un homme a ouvert le feu dans un quartier animé du centre-ville, tuant neuf personnes et faisant 27 blessés. Le tireur, un homme blanc de 24 ans cette fois utilisait un fusil d’assaut équipé de chargeurs à grande capacité, avait des munitions supplémentaires et un gilet pare-balles. Mais les policiers l’on abattu moins d’une minute après avoir ouvert le feu.

Si dans l’Ohio, le chef de la police locale a refusé de spéculer sur les motivations du jeune homme, au Texas, la police soupçonne un motif raciste et traite l’affaire comme un cas de « terrorisme intérieur ». Un terme que Donald Trump refuse d’utiliser, préférant imputer les deux fusillades de masse à un problème de « maladie mentale ». « Il n’y a pas de place pour la haine dans notre pays », a déclaré le président américain lors de sa première apparition télévisée depuis les drames, présentant ses condoléances. « Il faut que ça s’arrête. Ça dure depuis des années et des années dans notre pays. (…) Nous avons déjà fait beaucoup, mais peut-être qu’on peut faire davantage », a-t-il reconnu avant d’ajouter que les deux fusillades relevaient « d’un problème de maladie mentale ». Un argument régulièrement utilisé par les Républicains pour contrer les demandes d’une meilleure régulation des armes à feu.

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Dans son message de condoléances sur Twitter, le président américain a également évité le terme « terrorisme », écrivant : « La fusillade d’aujourd’hui à El Paso n’était pas seulement tragique, c’était un acte de lâcheté. Je sais que comme tout le monde dans ce pays, je condamne cet acte haineux. Il n’y aura jamais de raisons ou excuses pour justifier le meurtre de personnes innocentes. »

Face à cette formulation, de nombreux internautes ont repris Donald Trump, dont Rihanna. « Heu… Donald, tu as mal écrit ‘terrorisme’. Ton pays vient de subir deux attaques terroristes d’affilée, faisant presque 30 morts. Et ça, quelques jours après une autre attaque terroriste en Californie, où un terroriste a pu légalement acheter un fusil d’assaut (AK-47) à Vegas, puis conduire pendant des heures jusqu’à un festival en Californie où il a tué 6 personnes dont un jeune bébé ! » a écrit la chanteuse sur Instagram, faisant référence à la tuerie perpétrée dans un festival gastronomique à Gilroy, au sud de San Francisco, par un homme de 19 ans dimanche 28 juillet. « Imagine un monde où il est plus facile d’obtenir un AK-47 qu’un visa ! Imagine un monde où ils construisent un mur pour garder les terroristes en Amérique ! » poursuit-elle, avant d’adresser ses condoléances aux familles des victimes.

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Um… Donald, you spelt “terrorism” wrong! Your country had 2 terrorist attacks back to back, hours apart leaving almost 30 innocent people dead. This, just days after yet another terrorist attack in California, where a terrorist was able to LEGALLY purchase an assault rifle (AK-47) in Vegas, then drive hours to a food festival in Cali leaving 6 more people dead including a young infant baby boy! Imagine a world where it’s easier to get an AK-47 than a VISA! Imagine a world where they build a wall to keep terrorists IN AMERICA!!! My prayers and deepest condolences to the families and loved ones of all the victims and the communities affected and traumatized, from Texas, California, and Ohio! I’m so sorry for your loss! Nobody deserves to die like this! NOBODY!

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Cardi B a également taclé le président américain sur les réseaux sociaux. « Nous avons assez d’informations ! Les deux tireurs sont des terroristes suprémacistes blancs qui avaient l’intention de tuer une minorité. Les autorités ont rapidement agi sur un plan légal mais que vas-tu faire pour contrôler certains de tes partisans racistes ? » a répondu la rappeuse qui a récemment collaboré avec Bernie Sanders pour inciter les jeunes électeurs à participer au scrutin présidentiel de 2020.

Du côté politique, Donald Trump a également été la cible de critiques de ses adversaires démocrates, qui l’ont accusé d’alimenter la montée de l’intolérance avec sa rhétorique anti-immigrés. « Le président en personne promeut le racisme et la suprématie blanche », a écrit sur Twitter la sénatrice Elizabeth Warren, l’une des favorites de la primaire démocrate. Bernie Sanders a demandé au président de cesser sa « rhétorique raciste, haineuse et anti-immigrés. Votre langage crée un climat qui encourage les extrémistes violents ».

La fille du locataire de la Maison Blanche, Ivanka Trump, n’a quant à elle pas hésité à utiliser le terme « terrorisme », avant la prise de parole de son père. « La suprématie blanche, comme toute autre forme de terrorisme, est un fléau qui doit être détruit », a-t-elle écrit.

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