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Qui est Ghislaine Maxwell, l’amie de Jeffrey Epstein?

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Une photo non-datée de Jeffrey Epstein et de Ghislaine Maxwell. | © Capture d'écran Twitter

People et royauté

Proche du riche financier, Ghislaine Maxwell pourrait intéresser les enquêteurs, qui ont promis de poursuivre leurs investigations sur le système de prostitution de mineures organisé par Jeffrey Epstein.

Son nom est l’un de ceux qui reviennent le plus fréquemment dans l’affaire Jeffrey Epstein. Ghislaine Maxwell, 57 ans, était une proche du riche financier, qui a été retrouvé mort samedi matin dans sa cellule d’une prison de Manhattan après s’être apparemment suicidé. Avant même le scandale, elle passait pour une de ses intimes. En 2003, un portrait d’Epstein dans Vanity Fair la présentait comme sa « meilleure amie ». Elle n’était pas son employée, mais semblait organiser une partie de sa vie, expliquait alors le magazine. Sur une photographie, on la voit serrée contre Jeffrey Epstein, alors que le duo pose avec Donald Trump et sa future épouse, Melania, en février 2000. Sur cette image, elle pourrait passer pour la petite amie d’Epstein, ce qu’elle fut un temps. Depuis cette époque, les multiples procédures contre Jeffrey Epstein ont éclairé d’une lumière bien plus sordide la relation étroite entre Maxwell et l’ancien professeur de mathématiques : plusieurs des accusatrices d’Epstein ont pointé le rôle présumé de Ghislaine Maxwell dans l’organisation d’un système de prostitution de mineures, ainsi que sa participation aux abus sexuels. Elle a toujours nié les accusations formulées à son encontre.

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Virginia Roberts, qui a raconté avoir été victime d’Epstein alors qu’elle était mineure, décrit le rôle de Ghislaine Maxwell en des termes très crus. Elle avait notamment été interrogée l’an dernier par le Miami Herald dans le cadre de la grande enquête journalistique qui a contribué à remettre en lumière les agissements d’Epstein, dix ans après une première condamnation dans des conditions particulièrement clémentes. Recrutée par Ghislaine Maxwell alors qu’elle travaillait au club de Mar-a-Lago appartenant à Donald Trump, elle avait, selon ses dires, été placée au service de Jeffrey Epstein. « L’entraînement a commencé tout de suite. Il s’agissait d’apprendre à faire une fellation, à être silencieuse, soumise, donner à Jeffrey ce qu’il veut. Une bonne partie de cette formation provenait de Ghislaine elle-même », assurait Virginia Roberts, face caméra, en 2018.

Dans une déposition reprise par le Washington Post, elle avait affirmé que « toute [sa] vie était consacré au plaisir de ces gens et à satisfaire Jeffrey et Ghislaine. Leurs vies étaient centrées sur le sexe ». Des documents issus d’une procédure opposant Virginia Roberts à Ghislaine Maxwell, révélés la semaine dernière juste avant la mort de Jeffrey Epstein, évoquent également le rôle présumé de Maxwell. Une déposition de Virginia Roberts indique que l’amie d’Epstein lui a demandé d’avoir des relations sexuelles avec plusieurs personnalités. Un Français, Jean-Luc Brunel, est cité. Agent de mannequins, il est décrit dans une enquête de Mediapart comme « l’ami français d’Esptein ». En 2015, toutefois, Brunel avait fait la déclaration suivante au Guardian : « Je nie avec force avoir participé, directement ou indirectement, aux faits dont été accusé monsieur Jeffrey Epstein. Je nie avec force avoir commis quelque acte illicite ou méfait que ce soit au cours de ma carrière (…) »

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Les noms du prince Andrew et de l’ancien gouverneur démocrate du Nouveau-Mexique Bill Richardson sont aussi mentionnés dans la déposition de Virginia Roberts. Les deux hommes ont démenti vigoureusement les accusations, par porte-parole interposés, selon le Post. « Toute suggestion d’irrégularités avec des mineures est catégoriquement fausse », a ainsi répliqué Buckingham Palace. Le prince Andrew, ainsi que Ghislaine Maxwell, avaient été photographiés aux côtés de Virginia Roberts en mars 2001 dans la maison de l’amie d’Epstein à Londres. Cette dernière avait alors 17 ans.

Ghislaine Maxwell a nié à plusieurs reprises les accusations de Virginia Roberts. En 2011, après la parution d’articles impliquant Ghislaine Maxwell, son avocat avait balayé des « allégations entièrement fausses ». En 2015, un communiqué de presse brocardait les « mensonges évidents » de Virginia Roberts. Dans une déposition en avril 2016, elle avait assuré n’avoir jamais vu de mineures chez Jeffrey Epstein : « En ce qui me concerne, quiconque venait dans cette maison était un adulte et un professionnel. » Interrogée sur son rôle dans le recrutement de personnes chargées de prodiguer des massages au financier, elle avait répondu : « Mon boulot c’était d’embaucher beaucoup de gens. Il y avait six maisons. (…) J’ai embauché des assistants, des architectes, des décorateurs, des cuisiniers, des gens chargés du ménage, des jardiniers, des gens chargés de la piscines, des pilotes, j’ai embauché toutes sortes de gens. Une toute petite partie de mon travail était, de temps en temps, de trouver des professionnels, adultes, pour des massages pour Jeffrey. »

Parmi les éléments dévoilés la semaine dernière, le témoignage de Johanna Sjoberg, étudiante majeure à l’époque des faits, met également en cause Ghislaine Maxwell. Selon cette déposition, Johanna Sjoberg assure avoir été recrutée par Maxwell pour prodiguer des massages sexuels à Jeffrey Epstein. Elle raconte également que Ghislaine Maxwell considérait une autre jeune fille, Emmy Taylor, comme « son esclave ». Elle résume ainsi le rôle de Ghislaine Maxwell auprès d’Esptein : « Eh bien, au delà de la camaraderie, son boulot, en ce qui me concerne, était de trouver d’autres filles qui pratiqueraient des massages pour lui et elle. »

Une autre victime d’Epstein, Sarah Ransome impliquait également Ghislaine Maxwell, affirmant qu’elle avait, avec Epstein, menacé de détruire sa carrière dans la mode si elle refusait d’avoir des relations sexuelles avec eux et d’autres personnes.

Sa mère, Betty, était Française

Présentée comme un rouage essentiel dans la vie de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell semble également avoir été celle qui a présenté au « self made man » new-yorkais certaines figures de l’élite mondiale, rappelle le Post. C’est grâce à elle qu’Epstein a pu rencontrer l’ancien président Bill Clinton. En 2010, elle a d’ailleurs assisté au mariage de sa fille Chelsea. C’est aussi Maxwell qui lui a présenté le prince Andrew, le petit frère du prince Charles.

Née en France en 1961, Ghislaine Maxwell est la fille de Robert et Betty Maxwell. Sa mère était française, notait une nécrologie parue à la mort de Betty en 2013 dans le Telegraph. Son père, Robert Maxwell, était éditeur. Propriétaire du New York Daily News aux Etats-Unis et du Mirror au Royaume-Uni, il est décédé en 1991 alors qu’il naviguait sur son yacht au large des Canaries. Après son décès, il est apparu qu’il avait détourné les fonds destinés aux retraites des salariés de son groupe. C’est à cette époque que Ghislaine Maxwell s’est installée à New York, note le Washington Post. Elle a rencontré Jeffrey Epstein peu de temps après.

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