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#MeToo : Le message de soutien de Marion Cotillard envers Adèle Haenel

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Marion Cotillard. | © LOIC VENANCE / AFP

People et royauté

Marion Cotillard a remercié Adèle Haenel pour avoir brisé le silence avec ses accusations de harcèlement sexuel à l’encontre du réalisateur Christophe Ruggia.

Une belle preuve de sororité, mardi sur Instagram. Marion Cotillard a exprimé une « gratitude infinie » envers sa consoeur Adèle Haenel pour avoir brisé le silence avec ses accusations de harcèlement sexuel à l’encontre du réalisateur Christophe Ruggia. « Adèle, ton courage est un cadeau d’une générosité sans pareil pour les femmes et les hommes, pour les jeunes actrices et acteurs, pour tous les êtres abîmés qui savent maintenant grâce à toi qu’ils n’ont pas à subir cette violence. Et pour ceux qui l’ont subie, qu’ils peuvent parler, ils seront écoutés et entendus », a écrit l’interprète oscarisée d’Edith Piaf sur Instagram.

« Tu brises un silence si lourd. Ton témoignage est d’une puissance inouïe. Il résonne profondément », poursuit l’actrice française. « Chère Adèle, Tu marques l’histoire. L’histoire de cette révolution libératrice. Notre histoire et celle de nos enfants. J’ai une gratitude infinie envers toi. » 

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L’animatrice Flavie Flament a également apporté son soutien à Adèle Haenel sur Instagram. « Les enfants victimes de violences sexuelles ont, au fond du regard, un éclat brisé », a écrit la présentatrice française qui dit avoir été victime de viol à l’âge de 13 ans. « Aujourd’hui, Adèle a arraché le bâillon qui la muselait depuis si longtemps. Pour remettre le monde à l’endroit. Pour que d’autres, aussi, se rassurent, trouvent la force d’oser et comprennent que parler est le début d’une certaine consolation. »

Dénoncer le système de silence

Dans une longue enquête publiée dimanche par Médiapart, puis dans une intervention très remarquée dans un live du quotidien en ligne, Adèle Haenel, 30 ans, récompensée par deux César dont celui de la meilleure actrice en 2015 pour Les Combattants, accuse Christophe Ruggia, avec qui elle a tourné son premier film Les Diables, d’attouchements et de harcèlement sexuel alors qu’elle était âgée de 12 à 15 ans. Son témoignage relance le mouvement #MeToo qui a jusqu’ici malheureusement eu peu d’impact dans le monde du cinéma français.

Le réalisateur a réfuté par le biais de ses avocats ces accusations. La Société des réalisateurs de films (SRF) a cependant annoncé lundi avoir décidé de le radier de ses listes. Le même jour, Adèle Haenel expliquait en direct pourquoi elle a brisé le silence qui pèse aujourd’hui sur d’autres victimes. Entourée des journalistes Marine Turchi et Edwy Plenel sur le plateau de Médiapart, l’actrice s’adresse à ces victimes : « Je veux leur dire qu’elles ont raison de se sentir mal, de penser que ce n’est pas normal de subir cela, mais qu’elles ne sont pas toutes seules, et qu’on peut survivre. On n’est pas condamné à une double peine de victime. » En colère, Adèle Haenel veut surtout prendre la parole pour les autres. « La question ce n’est pas tant moi, comment je survis, ou pas, à cela. Je veux raconter un abus malheureusement banal et dénoncer le système de silence et de complicité qui, derrière, rend cela possible. Car le silence joue toujours en faveur des coupables. »

Son discours est percutant, mais l’actrice à l’affiche du Portrait de la jeune fille est tout de même consciente de sa position « privilégiée ». En effet, si Adèle Haenel ose aujourd’hui témoigner, c’est aussi parce qu’elle est « plus connue » que son présumé agresseur, rappelle Edwy Penel.

Avec Belga

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