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Delphine Boël : « Ce que nous vivons est pénible, choquant. Je dois protéger mes enfants »

Delphine Boël

Delphine Boël, son partenaire Jim O'Hare et leurs enfants Joséphine et Oscar à l'expo Strokar Inside à Ixelles. Un événement street art proposé par l'International Urban Arts Platform. | © Ronald Dersin

People et royauté

En constatant que son fils de 11 ans figure sur une liste noire bancaire en tant que « Politically exposed person », classé dans une catégorie « haut risque », Delphine voit rouge. Après un silence médiatique long de trois ans, elle revient, en exclusivité pour Paris Match, sur son ressenti à ce stade du combat, cette quête d’identité qu’elle mène pour elle et sa progéniture.

« Nous venons de découvrir, il y a quelque temps, que notre fils était classé PEP – politically exposed person. » Cette constatation, Delphine Boël et son mari, Jim O’Hare, la font accidentellement. Ils sont au siège de leur banque belge et décident d’ouvrir un simple compte bancaire pour Oscar O’Hare, leur fils de 11 ans. « Notre intention », explique Delphine, « était de lui apprendre à gérer de manière responsable ses 11 euros d’argent de poche mensuel. On ne parle pas ici de haute finance… Le banquier ne pouvant pas épeler un renseignement se tourne vers nous. Et là, nous voyons cet écran de la banque où figure la mention PEP, accompagnée de la mention ‘high risk’ ». Cette note, qui « classe » un client bancaires dans la catégorie « risqué », Delphine en souffre elle-même depuis quelques années. (…)

Le PEP est un type de statut émis notamment par l’entreprise internationale World-Check qui a fait de la « protection contre le crime financier » son business. Son slogan : « Reduce risk with Know Your Client Due Diligence. » Ou, plus simplement « Reducing risk through intelligence » – Réduire les risques grâce au renseignement. En l’occurrence, il s’agit d’infos censées être à l’origine publiques. Basées donc souvent sur des recherches Google, des extraits de journaux ou de bases de données payantes. Les articles de presse sont mentionnés sur un document prévu pour diffusion interne seulement. Il y est stipulé, à l’attention des banques, qu’il ne peut en aucun cas être diffusé ni transmis aux personnes concernées. (…)

Delphine visualise son fils devenu adolescent ensuite adulte, catalogué ad vitam peut-être en tant que « dirty PEP », avec cette fameuse réputation de « haut risque ». « Quand on est ministre ou roi, ce n’est pas grave. D’ailleurs ceux-ci bénéficient lorsqu’ils sont ‘clean’ d’une mention favorable, ce sont de ‘bons PEP’. Mais dans la vraie vie, lorsqu’on est catalogué « dirty PEP », c’est une autre affaire. (…) Le temps passe vite, tout peut arriver. J’entends protéger mes enfants de mon vivant. » (…)

L’entretien exclusif avec Delphine Boël et l’ensemble du dossier sont à lire dans le dernier numéro de Paris Match Belgique dès ce jeudi 14 novembre.

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