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Stromae et Coralie Barbier : un duo à la « Mosaert »

Stromae et Coralie se sont mariés dans la plus stricte intimité en décembre 2015, à Malines, en Belgique. Styliste originaire de Namur, Coralie est à la base du look original de l’auteur-compositeur-interprète © STEPHAN VANFLETEREN

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Stromae et sa femme, la styliste Coralie Barbier, lancent une collection capsule chez Repetto. Entretien autour de leur pas de deux.

Le rendez-vous est fixé en fin d’après-midi, dans le bar parisien de l’hôtel Mathis. Ils arrivent de Belgique. Paul Van Haver, alias le chanteur Stromae, est attablé avec sa femme, Coralie Barbier. Le grand homme – il mesure près de 1,90 mètre – se déplie, sourit, chaleureux. Pour quelqu’un qui, il y a quelques mois, annonçait vouloir tout arrêter, musique, tournées, promotion, il semble en forme. Les cheveux longs attachés, le visage lisse, il est aussi cool et volubile que son épouse styliste paraît réservée. Ils forment le duo Mosaert (anagramme de Stromae), marque qui traduit en vêtements leur univers. Le duo souhaite parler de sa collaboration avec le spécialiste du soulier de danse, Repetto. Des imprimés flamants roses, des tissus pleins de couleurs vives et pastel, des dessins aux formes délicates pour les vestes… Ils regardent, contemplent leurs créations sur un iPad, heureux de voir Mosaert grandir. Stromae commande un ginger ale. L’interview peut démarrer.

Paris Match. Comment est née cette collection capsule de votre marque Mosaert avec le créateur de ballerines et de chaussures Repetto?

Stromae. J’ai dit, lors d’une interview, que j’étais souvent jaloux des garde-robes féminines, elles offrent plus de choix ! Je me demandais pourquoi il n’existait pas des ballerines pour homme. J’ai cité Repetto. Ils se sont mis à en fabriquer à la suite de cette réflexion. Et on les a contactés, notre collaboration nous a semblé évidente…

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Vous connaissiez l’histoire de la marque, vous pensiez à Gainsbourg qui portait des modèles Zizi…

Coralie Barbier. Bien sûr. Ils ont su garder leur savoir-faire, ils font encore du cousu retourné, ces aspects nous ont touchés. Pour eux, l’intérêt était de créer de nouveaux modèles qui bousculent leurs équipes. On a essayé d’innover.

Stromae. Coralie a eu une idée géniale, un détail qui fait la différence : le talon recouvert. J’étais sceptique. Elle a eu raison, c’est le truc qui tue, qui fait que l’on remarque la chaussure. Le but d’une collaboration est d’aller vers l’autre, de ne pas créer à l’opposé de ce qui constitue l’essence de la marque.

🌺#capsule4🌺 store.mosaert.com

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Une collaboration, c’est aussi entre vous deux?

Coralie. Oui. Mosaert a débuté par des pièces uniques pour Paul. Pour son album Racine carrée.

Je suis un « control freak ». Avec ce projet, je voulais tout contrôler, or il faut faire confiance aux gens.

Stromae. C’était autour de ma silhouette. Je suis un « control freak ». Avec ce projet, je voulais tout contrôler, or il faut faire confiance aux gens. Sinon on s’épuise, on pète un câble, ce n’est pas pour rien que… Mais depuis quelque temps, je lâche prise, j’ai laissé Cora avancer seule, même si on se parle…

Coralie. Nous sommes liés par nos goûts communs. Nous n’avons que très rarement des divergences. Notre manière de fonctionner ? J’ai une idée, je fais un collage. Lui imagine davantage la musique, ce qui est normal.

Stromae. Il m’est difficile de voir. Les dessins, la coupe, les assemblages de couleurs… Elle sait, moi non.

Coralie. Nous concevons avec les mêmes graphistes depuis longtemps. Je pense à des humeurs, des images, j’ai dessiné des flamants roses pour cette collection, des fleurs, je les montre aux graphistes et ils retravaillent les formes. Nous procédons à des essais couleurs. Et je reviens vers Paul pour valider le projet. Je ne sais rien lancer seule. On prend nos responsabilités à deux.

🌺Launching capsule 4 @repettoparis x @mosaert #popup @lebonmarcherivegauche 🌺 crédit: @thombeauduin #coraliebarbier

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Coralie, vous étiez déjà styliste quand vous vous êtes rencontrés?

Coralie. Oui. Et Paul portait déjà le nœud papillon. On a commencé à rechercher des visuels pour la chanson Papaoutai.

Stromae. Je possédais mon identité, ce qu’elle appréciait. Elle ne veut pas venir et habiller un pantin. Je me souviens de lui avoir demandé d’utiliser du wax africain, je voulais reprendre le pagne classique. J’imaginais des cardigans. Elle m’a dit : « Pourquoi ne pas créer ton propre wax ? » Quelle idée brillante, alors que c’est tout bête !

Coralie. Cela permettait que le wax nous corresponde. On a conservé la vivacité des couleurs, les techniques d’impression… Les habits sont nés de notre entente, des pièces uniques pour lui. Ensuite est venue l’envie d’une marque. Des artisans ont joué le jeu et ont fabriqué ces pièces uniques. Et pourquoi ne pas les proposer et bousculer la garde-robe de l’homme, souvent très noire, classique ?

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le numéro 815 de Paris Match Belgique, en vente dès ce jeudi 20 avril 2017.

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