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Le bouleversant témoignage de Lucie Lucas, l’actrice de « Clem » victime de viols et harcèlement sexuel

lucie lucas

Lucie Lucas en mai dernier. | © LOIC VENANCE / AFP.

People et royauté

Dans un long message sur Instagram, la comédienne de 33 ans a détaillé les violences sexuelles dont elle a été victime.

« Je ne sais pas si je connais une seule femme qui n’ai pas de douloureuses expériences à partager. » Dans un message publié sur Instagram, samedi 23 novembre, le jour de la manifestation #NousToutes à Paris contre les violences sexistes et sexuelles, l’actrice Lucie Lucas a témoigné de sa propre expérience. Star de la série Clem sur TF1, elle dit avoir été victimes de viol, à plusieurs reprises, ainsi que de harcèlement et d’agressions sexuelles, aussi bien dans son enfance qu’à l’âge adulte, jusque dans le milieu de l’audiovisuel.

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De premières agressions dès ses 6 ans

« J’aimais secrètement ce garçon de deux ans de plus que moi », écrit-elle notamment, « mais je n’ai pas aimé qu’il s’en aperçoive et me viole dans sa cave quand je pleurais toutes les larmes de mon corps en disant non ». Plus loin, elle décrit un second viol, par son compagnon d’alors, « avec la volonté de me faire mal et de me punir parce qu’il pensait que je l’avais trompé ».

 

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De tout mon cœur avec les femmes et les hommes qui marchent dans la rue aujourd’hui contre les violences faites au femmes. Ce que je partage avec vous dans ce post est une partie de mon intimité, un extrait de ce que je suis. Merci à toutes les femmes qui ne se taisent plus. Je me rends compte aujourd’hui combien c’est terrifiant de parler même sans donner de noms, de dates ou de lieux. Je n’ai pas le courage de certaines mais je voudrais leur faire part de toute mon admiration et reconnaissance face à leur force immense et bienfaitrice. Je ne souhaite pas de tribunal populaire, en ce qui me concerne je ne souhaite pas de tribunal du tout. Adèle à raison, il n’y a pas de monstres. Mais il y a une société qui doit se réveiller, avec tous ses individus, et tendre vers le respect et l’épanouissement de chacun dans l’équité et la justice. Liberté Égalité Fraternité @noustoutesorg #stopviolencesfemmes @fondationdesfemmes @sosfemme_ @nonalaviolencefaiteauxfemmes #metoo

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Les premiers des faits dénoncés par Lucie Lucas, qui choisit de ne pas nommer les hommes qu’elle accuse, se sont produits entre ses 6 et ses 8 ans. Elle explique avoir été « coincée quotidiennement dans les toilettes » par des garçons qui essayaient de la déshabiller et la forçaient à « garder leur langue dans ma bouche ».

Elle décrit également une agression sexuelle quand elle était enfant, de la part d’un professeur de théâtre qu’elle accuse d’avoir « tâté mes seins naissants et remonté ses mains le long de mes cuisses chaque fois que je me trouvais à côté de lui »Elle dénonce également le comportement d’un professeur de sport, en 6ème (l’équivalent de la 1ère secondaire en Belgique), « qui s’amusait régulièrement à comparer le développement de mon corps et celui de ma meilleure amie », et un enseignant de technologie qui « nous bloquait la sortie avec son corps, le regard amusé et la langue sur les lèvres ».

Elle demande « LA PAIX » pour les femmes

La comédienne dénonce également des comportements rencontrés dans son milieu professionnel, comme actrice et mannequin. Elle affirme avoir été victime de « chantage » de la part d’un réalisateur pour jouer une scène de nu : ce dernier, dit-elle, lui a assuré « que mon corps ne serait vu que de loin alors que j’ai découvert devant ma télé que mon postérieur remplissait tout l’écran ».

Comme mannequin, elle dit avoir été « reluquée et touchée par des photographes ». Et elle affirme avoir également été confrontée, dans le milieu de la publicité, à un client qui tentait « régulièrement de m’embrasser, et [a fini] par me renvoyer car je refusais ses avances ».

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Ce lundi matin, le message de Lucie Lucas récoltait plus de 17 000 likes sur Instagram. « Nous voulons vivre dans un monde (…) où jamais nous ne craignons » les hommes, conclut la jeune femme dans son texte. « Nous n’acceptons plus la hiérarchisation des sexes et la violence des gestes et des mots. LA PAIX. »

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