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Les cadeaux « inappropriés » que Weinstein envoyait à l’une de ses victimes présumées

harvey weinstein sortant de son procès

Harvey Weinstein sortant du tribunal, le 23 janvier. | © TIMOTHY A. CLARY / AFP

People et royauté

Lors du procès emblématique du mouvement #MeToo, les avocats des victimes présumées ont accusé Harvey Weinstein de les avoir soumises à des tests, avant de les agresser. Envoyer des colis au contenu obscène est l’un d’entre eux.

Le 23 janvier fut une date-clé dans le procès d’Harvey Weinstein. L’actrice Annabella Sciorra, la plus connue des femmes appelées à témoigner contre le producteur déchu, a décrit la « méthode Weinstein », racontant en détails le viol et le harcèlement sexuel que l’ex-magnat d’Hollywood lui a supposément fait subir dans les années 1990. Un récit troublant de cinq heures durant lequel l’interprète de Gloria Trillo dans Les Soprano a confié avoir reçu de la part de Weinstein plusieurs paniers garnis au contenu obscène.

Le premier contenait plusieurs classiques du cinéma en VHS, de la réglisse, du pop-corn et une bouteille de Valium, un puissant anxiolytique « pour l’aider à se détendre et à ne pas être stressée », a expliqué l’actrice de 59 ans. Interrogée par la procureure de Manhattan Joan Illuzzi-Orbon, cette dernière a ajouté qu’elle venait de passer une audition pour un film produit par Miramax, société de l’homme d’affaires hollywoodien. Pour son avocate, il n’y a pas de doute : en prenant le Valium « pour déstresser », Annabella Sciorra avait passé « un autre test ».

Dans un deuxième colis, l’actrice a eu la (mauvaise) surprise de découvrir « une boîte de pénis en chocolat ». « J’ai trouvé cela dégoutant et inapproprié », se souvient-elle devant la cour.

Lire aussi > Procès Weinstein : le terrible témoignage d’Annabella Sciorra, violée par le prédateur

Aussi crucial que soit le témoignage d’Annabella Sciorra, son viol présumé est prescrit et ne fait pas directement l’objet de poursuites. Mais il doit aider à convaincre les jurés que Harvey Weinstein était un prédateur « expérimenté ». Ce dernier est poursuivi pour deux autres faits présumés : une agression sexuelle forcée en 2006 sur une ex-assistante de production, Mimi Haleyi, et un viol en 2013 sur une actrice dont l’identité a été révélée mercredi, Jessica Mann. Il risque la perpétuité.

Liste rouge et mythes

Le lendemain de ce témoignage, le détective privé Sam Anson a expliqué avoir reçu un courrier électronique d’Harvey Weinstein en 2017, un peu moins de deux mois avant la publication des révélations du New York Times et du New Yorker pour enquêter sur une « liste rouge » de personne susceptibles de le dénoncer pour agression sexuelle.

La psychiatre Barbara Ziv a démonté quant à elle certains mythes sur les agressions sexuelles, soulignant que la plupart d’entre elles sont commises par une connaissance de la victime et non par un inconnu. Selon cette experte qui a témoigné à plus de 200 procès, dont celui de Bill Cosby, le fait que les victimes signalent généralement leur agression à la police ou à des amis est une autre idée fausse largement répandue.

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