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Pourquoi le « dérapage » de Nicolas Bedos n’en est pas un

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Nicolas Bedos. | © Tiziana FABI / AFP

People et royauté

Accusé de racisme anti-asiatique, Nicolas Bedos a présenté des excuses sans grande conviction.

Tel père, tel fils, Nicolas Bedos est un provocateur. Actuellement à l’étranger, « loin de Paris, de ses grèves et autres risques d’épidémies », le réalisateur de La Belle Epoque a publié sur son compte Instagram une série de stories jugées racistes envers les Asiatiques. En pleine épidémie de coronavirus – qui sert de prétexte au racisme anti-asiatique -, le Français de 40 ans a jugé bon de photographier, à leur insu, un couple perçu comme asiatique et d’imaginer les deux touristes (dont l’origine est inconnue) porteurs de ce virus qui a tué plus de 900 personnes en Chine et en a contaminé plus de 40 000 autres, selon un dernier bilan lundi.

Alors que les réseaux sociaux débordent d’insultes et de remarques racistes depuis plusieurs semaines, la sortie de Nicolas Bedos n’est ni une « blague », ni un « dérapage ». Elle participe simplement à la banalisation du racisme anti-asiatique.

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Recherche du buzz

Sachant pertinemment qu’il allait faire réagir, le cinéaste a devancé les critiques, et présenté des « excuses » puisque « dans un monde policé, ne jamais oublier de s’excuser ». Sans surprise, il sort la fameuse carte de l’humour, en évoquant « une vanne dominicale dont les ressorts peuvent être perçus comme stigmatisants à l’égard de la population asiatique ». Le réalisateur l’avoue donc lui-même : ses déclarations sont répréhensibles. Son but n’est que de créer un buzz, aussi mauvais soit-il.

L’objectif est atteint. Sur Twitter, les critiques fusent, même si plusieurs internautes viennent à sa rescousse. Certains le comparent à Isabelle Balkany, qui a récemment démenti le caractère raciste du surnom « grain de riz » qu’elle donnait à un employé asiatique de la mairie de Levallois-Perret dans un reportage de Canal+ datant de 2002.

D’autres encore, comme la réalisatrice afroféministe Amandine Gay qui avait relayé le message de la créatrice anonyme du hashtag #JeNeSuisPasUnVirus, redoute un peu plus la sortie du prochain OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire.

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