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Séquestrée et violée lors de son kidnapping, Duffy raconte son calvaire

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La chanteuse en 2010. | © BELGA.

People et royauté

La chanteuse a détaillé son horreur et expliqué pourquoi il lui a fallu du temps pour tout raconter.

Silencieuse depuis près d’une décennie, Duffy avait fait son retour à la vie publique en février pour expliquer, sur Instagram, qu’elle avait été violée. Ajoutant qu’elle avait besoin de temps pour raconter son calvaire, la chanteuse galloise a tout dévoilé dans un long post publié sur son nouveau blog.

« C’était mon anniversaire, j’ai été droguée au restaurant, puis j’ai été droguée pendant quatre semaines et emmenée dans un pays étranger. Je ne me souviens pas d’être montée dans l’avion ni avoir roulé à l’arrière d’une voiture. On m’a mise dans une chambre d’hôtel et l’agresseur est revenu pour me violer. Je me souviens de la douleur et essayer de rester consciente dans cette chambre après les faits. Je suis restée coincée avec lui encore une journée, il ne me regardait pas, je devais marcher derrière lui, j’étais d’une certaine façon consciente et renfermée. Il aurait pu se débarrasser de moi. Je pensais à fuir dans une ville voisine, pendant son sommeil, mais je n’avais pas d’argent sur moi et j’avais peur qu’il appelle la police pour m’être enfuie, et qu’il me fasse rechercher comme personne disparue », décrit-elle.

La peur

Après avoir été séquestrée dans un pays étranger, l’interprète de « Mercy » raconte que l’agresseur et elle sont rentrés au Royaume-Uni, chez elle. « L’agresseur m’a droguée dans ma propre maison pendant ces quatre semaines, je ne sais pas s’il m’a violée pendant ce temps, je me souviens juste d’être montée en voiture dans un pays étranger et revenir en avion les jours qui ont suivi », ajoute-t-elle. C’est une personne de son entourage qui l’a trouvée sur son « balcon, fixant le ciel, emmitouflée dans une couverture. Cette personne m’a dit que j’étais jaune et que je ressemblais à un mort. Cette personne était terrifiée mais n’a pas voulu interférer, elle n’avait jamais vu quelque chose comme ça. »

L’artiste galloise explique avoir été menacée de mort par son agresseur, raison pour laquelle elle ne se « sentait pas en sécurité pour aller à la police ». « Lorsque quelqu’un m’a menacé de ‘sortir’ mon histoire, j’ai dû raconter à une policière les informations que la personne avait sur moi, et pourquoi ce chantage était si effrayant. Un second incident s’est déroulé lorsque trois hommes ont essayé d’entrer par effraction chez moi, j’ai raconté à une deuxième policière le viol. L’identité du violeur doit être seulement connue de la police, et ça reste entre la police et moi », explique-t-elle également.

Le temps de la reconstruction

Duffy explique s’en être sortie grâce à une psychiatre alors qu’elle était « suicidaire ». « Je partage cela aujourd’hui parce que nous vivons dans un monde blessant et je n’ai plus honte d’avoir été blessée. Je crois que si vous parlez avec votre cœur, les autres vous répondront avec leur cœur. Aussi sombre soit mon histoire, je parle avec mon cœur, pour ma vie, et pour celle des autres, qui ont souffert des mêmes choses. Je n’ai pas honte de dire non plus que j’ai passé presque 10 ans complètement seule, mais ça me brûle le cœur de l’écrire. Je le dois à moi-même de le raconter, je me sens obligée d’expliquer combien ce fut un défi de m’en remettre complètement pour enfin le raconter. J’espère que cela vous apportera du réconfort pour vous sentir moins honteux si vous vous sentez seul », détaille-t-elle.

Le viol l’a également éloignée de ses proches. « Ce qui s’est passé n’a pas seulement été une trahison envers moi, ma vie, une violence qui m’a presque tuée, ça m’a aussi volé beaucoup de choses venant des autres personnes. (…) Le viol, c’est comme un meurtre éveillé, vous êtes en vie, mais morte », confie-t-elle.

« Cela m’a pris si longtemps pour parler parce que, après avoir été violée et détenue captive, je suis partie. J’ai déménagé cinq fois dans les trois années qui ont suivi, ne me sentant jamais en sécurité. J’ai trouvé où vivre, la 5e maison, ça n’était pas aussi confiné que les autres, où j’ai fait mon deuil en silence. (…) J’ai ressenti qu’il ne pourrait pas me trouver dans la 5e maison, je me sentais en sécurité. Je me sens en sécurité aujourd’hui », raconte Duffy.

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La chanteuse finit sur une note pleine d’espoir. « Cette histoire sera quelque chose que j’ai vécu mais pas ce qui me définit. (…) Je ne sais pas ce qu’il va se passer ensuite dans ma vie. J’aimerais faire l’expérience d’être qui je suis vraiment, pour la première fois, en privé. Ressentir une paix que je n’ai pour l’instant ressentie qu’à moitié. (…) Je peux maintenant laisser cette décennie derrière moi. Où appartient le passé. Maintenant, plus de ‘Mais qu’est-il arrivé à Duffy’, maintenant vous savez… et je suis libre. »

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